Un chercheur du CNRS moque « l’électorat Bac-3 » du RN

Sur X, le sociologue Hervé Joly fait le buzz par des prises de position souvent abracadabrantesques.
https://www.pexels.com/fr-fr/photo/salle-de-classe-vide-avec-tables-en-bois-et-tableau-noir-36650153/
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C’est un exemple typique de ces pseudo-« élites » qui méprisent le peuple français. Ce mardi 28 avril, un chercheur au CNRS nommé Hervé Joly a laissé parler sa morgue, sur les réseaux sociaux. Il réagissait au rapport du député Charles Alloncle et aux propositions faites pour rendre l’audiovisuel public moins partisan. « L'audiovisuel public n'est qu'un révélateur du problème de l'extrême droite : avec leur électorat Bac-3, ils sont marginalisés parmi tous ceux qui ont vocation à s'exprimer dans ces médias publics, les milieux culturel, artistique, académique, intellectuel, qui tous la dérangent », a alors estimé le « sociologue ».

Sur le fond, M. Joly a tort. Les élus de « l’extrême droite » ne sont pas « marginalisés » sur les antennes du service public en raison du niveau de diplôme de leurs électeurs, mais parce qu’ils y font face à des journalistes, humoristes et chroniqueurs qui leur sont idéologiquement très hostiles. D’ailleurs, les soutiens du RN et de Reconquête n’ont pas le même profil universitaire : les premiers sont composés d’une grande part de personnes qui ont un niveau de formation égal ou inférieur au bac (87 %), tandis que les seconds se composent de diplômés de tous niveaux, à parts quasi égales.

Un profond mépris de classe

Sur la forme, les propos du chercheur sont encore plus choquants, même s'ils ne sont pas neufs. On sent tout son mépris envers les électeurs de la droite nationale, assimilés à une masse sous-éduquée, des « Bac-3 » qui seraient bien trop bêtes pour comprendre les enjeux de la politique et voteraient avec leurs pieds. Comme si un diplôme en sociologie était une preuve d’intelligence.

Sans surprise, ce tweet a rapidement fait polémique, sur X. De nombreux internautes ont fait savoir au sociologue leur façon de penser, parfois sans ménagement : « Il y avait un temps où la gauche se vantait de se battre pour les "Bac -3". Depuis, votre public traditionnel vous a tourné le dos et, obligée de se trouver un "prolétariat de substitution", vous ne leur pardonnez pas », « Quel mépris de la part d'un pseudo-chercheur qui pantoufle au CNRS avec les impôts des français », « Si les classes populaires votent à droite, c'est aussi en réaction à la morgue de la petite élite culturelle », « Mieux vaut un bac-3 productif qu'un sociologue dans votre genre, qui parasite le pays sans rien apporter en retour », « Doucement, mon bonhomme, tu n’es qu’un petit sociologue. L’université en ch*e des milliers comme toi chaque année, et vous êtes infiniment plus inutiles et coûteux que les bac-3 dont tu parles », etc.

En difficulté, l’homme a tenté de faire bonne figure. Il a alors expliqué qu’au vu des « réactions énervées », il avait dû « viser assez juste »... Ou complètement à côté, plus probablement ?

Des analyses à côté de la plaque

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois. Très actif sur les réseaux sociaux, M. Joly a récemment multiplié les énormités, notamment sur le sujet de l’immigration qu’il maîtrise manifestement assez mal. Il a ainsi prétendu qu’« à la 3e ou 4e génération, un descendant d'immigrés ne se distingue plus des autres Français », a nié un quelconque « remplacement » de population, avant d'attester la réalité de vagues migratoires qui auraient rendu la France « moins ennuyeuse », a avoué qu’il « aime bien » les gens d'origine africaine parce qu’à l'école primaire, ses petits camarades de classe maghrébins « jouaient mieux au foot » que lui… Des commentaires de très haut vol.

En mai 2025, ce même Hervé Joly s’en était pris à l’anthropologue de renom Florence Bergeaud-Blackler, expliquant que l’ouvrage de cette dernière était « plus que problématique » car dénué de la moindre « preuve ». « Vous racontez n'importe quoi, cher collègue, l’avait alors recadré l’intéressée. Mais à lire votre profil, heureusement vous n'engagez que vous et votre irresponsabilité… » Dans sa bio, le chercheur prend en effet soin de préciser que ses avis « n’engagent pas le CNRS ». C’est heureux. Mais ses tweets ahurissants de mépris ou de médiocrité ne font hélas que nuire à la respectabilité d’une institution dont la réputation est déjà largement entamée.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

102 commentaires

  1. J’ai obtenu mon bac math élèm en 1961; de mémoire, le taux de réussite était autour de 60%. On était loin des presque 100% actuels.
    De plus 3 années de latin et ce grec m’avaient permis de comprendre le sens et l’étymologie de beaucoup de mots français et la lecture de nos grands auteurs m’ont permis de m’exprimer dans un français correct.
    J’ ai aussi une assez bonne maîtrise de l’anglais et de l’allemand.
    Donc, qualité de l’enseignement, des profs compétents et motivés, et la sélection par le travail et l’assiduité ouvraient les portes de la réussite.
    Et un simple bac+rien, ne m’a pas empêché de devenir cadre sup à l’international.
    La nostalgie de la réussite au mérite …
    Je souhaite vivement le succès du RN pour que le France retrouve enfin le sens de valeurs.

  2. Calculez donc vers quelle date les ancêtres d’un jeune de la 3ème (et ne parlons pas de la 4ème) génération se sont installés en France… et demandez-vous d’où, à l’époque, venaient les immigrés…

  3. Il est vrai que les premiers de classes ENA/Sciences-Po/NormaleSup’ qui nous gouvernent depuis un demi-siècle, ont obtenu dans tous les domaines d’admirables résultats, et que le monde entier nous les envie !

  4. Ce monsieur a certainement choisi un cursus universitaire de sociologie parce que suivre une filière scientifique ou médicale est certainement beaucoup plus selective.
    Sociologie c’est facile, on peut raconter un peu tout et n’importe quoi, la plupart du temps c’est invérifiable, de plus au CNRS on n’exige pas de résultats, il suffit d’y entrer et c’est la rente à vie.
    En France nous avons beaucoup de chercheurs qui cherchent, mais on cherche désespérément des chercheurs qui trouvent.

  5. C’est donc un « chercheur qui trouve » (au moins la répartie), de ceux que cherchait le général de Gaulle…quant au génie de ses « trouvailles », nous laisserons les onze millions de Français visés (comme certaine anthropologue de valeur) en apprécier la teneur…Vaut-elle que l’on s’y arrête ?

  6. et je paye ça avec mes impots !!!!!!!
    alors en tant « qu’employeur », je vous vire de l’entreprise ‘état » pour absence de productivité
    à vous d’aller vous faire employer par une entreprise privée…..et bon courage…..

  7. Jean Kast , pas besoin d’avoir des « diplômes » pour prouver l’intelligence que l’on a pas !
    Il ne faut pas confondre Intelligence et instruction , la gauche caviar , écolos et macronie n’ont toujours pas compris !!!
    Et il y en a assez de voir insulter le 1/3 des Français qui eux ne « bouffent  » pas aux aides sociales mais paient très cher les fainéants de la République !

  8. Hervé Joly, directeur de recherche au CNRS?
    Selon le ministère des Armées et AC :
    « Ses travaux couvrent divers thèmes et disciplines en Histoire économique contemporaine :
    -Histoire économique et sociale des entrepreneurs et managers au XXe siècle en France et en Allemagne, sociologie des élites économiques.
    -Histoire et sociologie des filières de formation des élites dirigeantes en France (grandes écoles, grands corps, etc.) ; perspectives comparées
    -Histoire des économies en guerre, France et Allemagne, Première et Seconde Guerres mondiales, transitions et sorties de guerre »

    Je ne sais pas pour l’Allemagne, encore que j’ai une petite idée; mais pour la France ses recherches concernant « la formation des élites dirigeantes » sont un fiasco!
    Une dette abyssale, des « élites » intellectuellement déficitaires, juste incapables de nous sortir du marasme depuis la fin des « 30 glorieuses ». Pire, qui font tout pour nous plonger dans les « 70 miséreuses ».
    A croire que c’est volontaire!
    Pas dépassé la 3ème mais aucune dette et encore apte à juger la situation catastrophique de mon Pays.
    Pas besoin d’élite de cet acabit, à mon avis. Un bon paysan du début du 20ème siècle formé par les « hussards noirs de la Rep' » ne nous aurait pas mis dans la mouise où stagne la France.
    Alors les considérations de messire Joly sur les bac -3…

  9. Encore un « chercheur » qui n’a ni logique, ni éthique et se comporte comme un militant. Qu’il compte le nombre d’électeurs du RN et il comprendra que ce qu’il dit est stupide. Aujourd’hui, le RN attire (parfois par défaut) toutes les catégories de population. Simplement dans beaucoup de milieu, dont le CNRS, seules les personnes de gauche ou écolo ont la parole, les autres gardent leurs opinions pour eux, ils seraient mis au ban, les gauchistes étant tellemenent intolérants…

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