[TRIBUNE] Si l’on renvoyait les clowns au cirque, la politique s’en porterait mieux

Attal, Philippe, Hollande et les autres : le défilé des « petits marquis » et des vieux briscards, qui hantent les allées du pouvoir depuis des décennies, est indécent.
© Capture écran TF1
© Capture écran TF1

C’est peu dire que la parole politique est dévalorisée. Mais si elle l’est, cela ne tient pas au hasard. Malgré le matraquage idéologique qui commence très jeune sous les fourches Caudines de l’Éducation nationale et en dépit de l’abrutissement télévisé, une partie du peuple français résiste encore parce qu’elle conserve encore un peu de bon sens et n’est pas dupe des discours politiques dont elle sait que ce sont des exercices de bonimenteurs, ceux qui « en racontent de bonnes ». Pas totalement dupe, donc, même si elle s’est fait maintes fois abuser. Mais vient un moment où trop, c’est trop. Le défilé des « petits marquis » et des vieux briscards, qui hantent les allées du pouvoir depuis des décennies et prétendent nous expliquer comment guérir la France des maux dont ils sont responsables, a quelque chose d’indécent.

Attal et Philippe en tête de cortège...

En tête de cortège, voici le frétillant Gabriel Attal qui, dans un entretien au JDD, met la barre à droite toute, tant en matière d’immigration que de problèmes liés au comportement des « gens du voyage » ou sur la tonalité générale de l’entretien. Voici ce que l’on appelle un dédoublement de personnalité, car c’est le même jeune homme qui a « inventé » le front républicain et qui nous expliquait que la vertu républicaine (celle-là est vraiment mise à toutes les sauces) exigeait de voter LFI plutôt que RN ! Un comique involontaire, sans doute.

Voici le vieux cheval de retour Édouard Philippe, qui fut Premier ministre d’Emmanuel Macron durant plus de trois années et qui semble croire que les Français l’ont oublié. C’est l’homme des 80 km/h, des gilets jaunes et du début de la pandémie du Covid-19 et de son cortège de mesures administratives absurdes et de mensonges d’État. Voici qu’il vient nous expliquer comment faire ce qu’il n’a pas fait pendant qu’il occupait Matignon. Il souhaite faire payer les retraités, qu’il charge de tous les maux, en oubliant que ceux-ci ont cotisé toute leur vie pour financer les retraites de leurs prédécesseurs et que ce sont les politiques qui, en dépit de l’évolution de la démographie, se sont refusés à introduire la capitalisation dans le dispositif de notre système de retraite, alors qu’il était évident que la retraite par répartition deviendrait intenable, à terme. C’est ce que l’on pourrait nommer un transfert d’irresponsabilité politique sur le peuple. Ajoutons que, comme les autres, il a été incapable de réduire la dépense publique.

Entre en scène Bruno Retailleau. Souriant et austère tout à la fois, le Vendéen explique tout le mal qu’il pense du « macronisme ». Pourtant, le parti qu’il dirige n’a cessé de lui faire la courte échelle afin que le système perdure, avec Barnier, Bayrou et Lecornu dont il fut le ministre de l’Intérieur. L’électeur de LR peine à y comprendre quelque chose, d’autant plus que le président du groupe à l’Assemblée nationale, l’ineffable Laurent Wauquiez - tête bien pleine à défaut d’être bien faite - s’est empressé de rallier Édouard Philippe. Il est certain que lorsque l’on a des amis comme ça, il n’est pas besoin d’avoir d’ennemis. Pour parachever le décor, rappelons que David Lisnard, ancien vice-président des Républicains, intéressant président de l’Association des maires de France, a quitté le navire qui fait eau de toute part et annonce qu’il est, lui aussi, candidat à l’élection présidentielle !

Le spectacle ridicule du retour de Hollande

Quant à la gauche, le spectacle oscille entre le ridicule et le canular ! Le plus comique réside dans les prétentions de François Hollande qui rêve de retourner à l’Élysée avec, pour argument de campagne, le fait que, selon l’intéressé, avant lui, ce n’était pas bien, et qu’après lui, c’était pire et qu’en conséquence, c’était mieux avec lui ! Chacun restera sidéré par la profondeur du raisonnement politique. Chez les Écologistes, Marine Tondelier et Delphine Batho ont fait part de leurs ambitions présidentielles. Dans les ruines du Parti socialiste errent aussi Ségolène Royal, Jérôme Guedj ou encore Raphaël Glucksmann, sans oublier, en Macronie, Yaël Braun-Pivet qui céderait aisément à la pression de ses amis. Tous ces braves gens s’empresseront de se rallier à Jean-Luc Mélenchon, Robespierre d’opérette ou Danton de bistrot qui semble avoir faire sienne la maxime attribuée à Talleyrand : « La politique, ce n’est qu’une certaine façon d’agiter le peuple avant de s’en servir. » Soyons prudents, toutefois, l’homme et ses sbires fanatisés ne rêvent que d’imposer aux Français un régime marxisant, comparable à ceux qui ont échoué partout dans le monde mais se sont vautrés dans l’oppression.

Marine Le Pen plutôt qu'une alternance mollassonne !

Reste Marine Le Pen, qui ne se veut ni de droite ni de gauche. Femme indubitablement courageuse, elle n’a aucune part dans la situation désastreuse de la France. Il ne faut pas, dès lors, s’étonner des sondages favorables la concernant. D’autant plus que nombreux sont ceux qui perçoivent bien qu’une mollassonne alternance ne réglera rien et qu’il est nécessaire de trancher dans le vif.

Nous voilà revenus au « détestable régime des partis » et, en cela, la Ve République ne fait pas mieux que les autres, car c’est une tare génétique du système. Mais le plus outrageant, pour le peuple français, c’est de voir tous ceux qui l’ont plongé dans le déclin et l’appauvrissement venir se pavaner et expliquer comment sortir du désastre où ils l’ont conduit avec constance. En fin de compte, l’ordre de Murat semble parfaitement d’actualité : « Foutez-moi tout ce monde-là dehors ! »

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Stéphane Buffetaut
Chroniqueur à BV, élu de Vendée, ancien député européen

Vos commentaires

110 commentaires

  1. Je ne comprend pas pourquoi, phillipe et atal souhaitent comme macron encore et encore plus d’immigration, alors que nous sommes saturés, notre économie en berne, +++, quel avantage en tireraient t’ls ??? car c’est bien de «  »leur » » avantage qu’il sagit ?? pas celui dela France et des Français. Question posée ??

  2. Mais oui une bonne clique de bouffons persuadés d’être les meilleurs mais nous avons déjà un super bouffon à la tête de ce pays et l’on voit le résultat une ruine et ce n’est pas encore fini encore neuf mois à se le coltiner

  3. Particulièrement bien vu mais cruelle analyse d’une position de notre pays dont on ne voit pas bien comment il va pouvoir sortir. L’issue la moins pire sera probablement Philippe, mais malheureusement c’est un clone de Macron.

  4. Excellent monsieur Buffetaut !
    Imagine t’on un PDG ayant tout raté, reconduit dans ses fonctions ?
    La politique est vraiment le seul domaine où cela semble possible. Mais le plus sidérant est qu’ils sont capables de trouver des électeurs !

  5. Ne pensez-vous pas qu’il s’agit là d’une primaire géante où tous ont le droit de se hausser du col, surtout pour se placer, en vue de l’après : quand il s’agira de distribuer les sinécures, et d’assurer sa gamelle dans les second rôles ?
    La foule des postulants est bien utile aussi pour faire croire à de grands débats, à une grande représentativité, et donc à motiver les électeurs, à les balader.
    Alors que les vrais candidats, on le sait bien, ne sont que deux. Et que tout va se jouer entre ces deux là.

  6. Sérieuse analyse objective. Votre conclusion résume parfaitement.

    Cette faune est d’autant plus à rejeter qu’elle est la conséquence de l’extrême faiblesse de l’acteur principal en place. Il est tellement faible que chacun s’estime en mesure d’en faire autant. Donc un appel d’air aux faibles.

    Ce qu’il faut à la France c’est une forte personnalité et non des danseuses voire des seconds d’opérettes.

  7. Ah, tous ces adhérents du parti unique qui a pour slogan : « On n’a rien fait de bien et on vous propose de continuer ou de faire encore pire ! ». Leur seul problème, c’est qu’il y a autant de leaders déclarés et de chapelles qu’il y a d’adhérents. Et ils se voient tous à l’Élysée. Va falloir ajouter des bâtiments pour loger tout ce monde !

  8. Philippe, le vieux cheval de Troie infiltré dans l’électorat.
    Nous ne sommes pas troyens mais il devrait voir le film » l’Odyssée ». Très instructif pour lui surtout, Ulysse nous apprend que: « D’en bas, on voit les choses plus nettement »…C’est aussi la conclusion du bilan des années « renuisantes » de Macron, non?

  9. A croire que TOUS LES MATINS, ces coucous chantent :
    Ce matin j’imagine un pays sans nuages
    Où tous les perroquets ne vivent plus en cage
    Des jaunes, des verts, des blancs, je mets ce qui me plaît
    Car c’est comme ça que j’imagine un monde parfait

    Un oiseau, un enfant, une chèvre
    Le bleu du ciel, un beau sourire du bout des lèvres
    Un crocodile, une vache, du soleil
    Et ce soir je m’endors au pays des merveilles
    Un oiseau, un crayon, une chèvre
    Le bleu du ciel, un peu de sucre, un peu de sel
    Un crocodile, quelques fleurs, une abeille
    Et ce soir je m’endors au pays des merveilles

    Ce matin j’imagine un dessin sans étoiles
    De toutes les couleurs, un dessin sans contours
    Quand ça m’plaît plus j’efface tout et je recommence
    Avec d’autres maisons et d’autres animaux …

    A FUE RA de toute urgence ! …

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