Un « réseau de toits méditatif » : une idée en l’air d’Emmanuel Grégoire ?
Plus aucun espace privé ne doit lui échapper. Toujours en quête de nouveaux lieux à s’approprier ou déconstruire, la mairie de Paris pourrait bien avoir trouvé sa nouvelle proie : les toits des bâtiments privés. Au cours d’une interview accordée à Sud Radio en septembre 2025, Emmanuel Grégoire, alors candidat socialiste aux élections municipales, dévoilait ainsi une étonnante ambition : transformer les 33 millions de mètres carrés de toitures de la capitale en un espace collectif géant. « Le toit, c’est immense, lançait-il. C’est un espace dont on ne peut pas se priver et l’objectif est qu’il ne soit pas privatisé mais partagé. » Il s’agirait donc d’en faire tout un « réseau de toits d’usage partagé, associatif, culturel, méditatif »… Et, plus concrètement, que pourrait-on y trouver ? « Agriculture urbaine, panneaux voltaïques, production énergétique et jeux pour enfants », énumérait alors le socialiste, pas à court d’idées.
Emmanuel Grégoire veut collectiviser 33 M de m² de toits de Paris pour garantir un droit au ciel.
"L’idée c’est de faire émerger un réseau de toits partagé, méditatif, associatif. On ne peut pas se priver de cet usage."
Au coeur des priorités des Français. pic.twitter.com/Jx6aZNP4Or
— Sir (@SirAfuera) August 20, 2026
Cette proposition pour le moins farfelue n’avait pas fait le buzz, à l’automne dernier. C’était sans compter la vigilance des usagers du réseau social X qui ont exhumé la séquence ce 20 août. Les réactions ont rapidement oscillé entre consternation et franche hilarité. Sarah Knafo a ainsi résumé le problème d’une formule lapidaire : « Un réseau de toits méditatif. Avant de pouvoir méditer sur les toits, on aimerait déjà être en sécurité au sol. » D’autres internautes ont invité l’élu à s’occuper de sujets plus terre à terre, ont ironisé sur le « baron perché » ou encore proposé, non sans sarcasme, l’installation d’une « salle de shoot sur les toits de Paris ».
La manie de tout récupérer, tout collectiviser
Emmanuel Grégoire veut donc mettre la main sur les 33 millions de mètres carrés de toits de Paris pour garantir un improbable droit au ciel. L’idéologie communiste ne connaît décidément aucune limite ni aucun plafond. Car cette avidité envers les espaces privés ne s’arrête évidemment pas aux toitures. La mairie dispose déjà de nombreux outils pour intervenir sur des biens qui ne lui appartiennent pas. Le pastillage, par exemple, impose dans certaines parcelles privées la réalisation de logements sociaux à l’occasion de nouveaux projets. Avec la révision du PLU, le nombre de parcelles concernées est passé de 416 à 947, avec un objectif de 12.000 logements sociaux supplémentaires, d’ici 2035. Le dispositif s’applique jusque dans les secteurs les plus prestigieux, comme les Champs-Élysées ou la rue de la Paix.
37 avenue des Champs Elysées : menacé d’être transformé en logements sociaux en cas de travaux lourds ou de cession. Paris a atteint le quota 25% logements sociaux mais la mairie veut monter à 40% pour en faire une ville pauvre. Avec énormément de dette. https://t.co/azWi16pJfN
— Aurélien Véron (@aurelien_veron) March 18, 2024
Même logique pour les commerces. Paris utilise son droit de préemption pour acquérir les murs de locaux commerciaux privés et orienter, ensuite, les activités qui y sont implantées. La frontière entre lieu privé et usage collectif devient également poreuse sur le terrain des espaces verts. En juillet 2024, le Conseil de Paris a ainsi adopté une délibération autorisant l’ouverture au public d’un espace privé végétalisé situé au 42-48, rue de Picpus, dans le XIIe arrondissement. Et il y a, enfin, la question des logements vacants. En décembre 2025, la députée Danielle Simonnet a déposé une proposition de loi visant à donner aux maires le pouvoir de réquisitionner certains logements inoccupés - un pouvoir normalement réservé aux préfets. Le texte a été rejeté en commission en février 2026, mais les réquisitionneurs compulsifs n'ont sans doute pas dit leur dernier mot.
La haine de la propriété privée
Derrière cette politique se dessine une vieille idée de la gauche radicale : la propriété privée ne serait légitime qu’à condition de servir l’intérêt collectif. De la réquisition des logements à l’encadrement des loyers, en passant par la limitation de la concentration immobilière, une partie de la gauche française entend ainsi réduire progressivement l’espace laissé au propriétaire pour disposer librement de son bien. Une logique qui rappelle évidemment l’idéologie communiste, pour laquelle la propriété privée constitue moins un droit à protéger qu’un obstacle à la mise en commun des richesses. Cette remise en cause de la propriété privée figure d’ailleurs noir sur blanc dans le programme de La France insoumise. Le deuxième chapitre de l’« Avenir en commun » ? « Par-delà la propriété privée ». Il y est proposé de « collectiviser les biens communs fondamentaux », en faisant notamment primer leur protection sur le droit de propriété privée.
Bonjour @FranceInsoumise dans votre programme la section "Collectiviser les biens communs fondamentaux", qui paye le rachat des infrastructures privées ? comment sont gérés ces services ensuite ?
— Julyan (@IamJulyan) May 5, 2026
Après la terre, les logements, les commerces et les jardins, voici donc les toits. Il semble décidément ne plus exister d’espace privé qui ne doive être transformé en « commun ». Derrière cette obsession du partage tous azimuts, il y a sans doute quelque chose de plus profond : une méfiance envers la possession et, plus encore, envers la transmission. Le patrimoine matérialise le fruit du travail, de l’épargne et des choix de vie. Surtout, il permet de transmettre quelque chose à ses enfants. C’est peut-être cette continuité, cette possibilité de conserver et de léguer, que l’égalitarisme radical regarde avec suspicion.
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56 commentaires
Étant provincial dans une ville moyenne dirigée par un mzire droite, je me demande comment les parisiens ont pu voter pour des maires de gauche qui défigurent la capitale et en massacrent le budget.
Masochisme collectif?
Avec cette incroyable caste politique, tout particulièrement ceux de gauche apparue à partir des années quatre-vingt-quatre-vingt-dix, d’accord par alternance avec cette droite et ce centre, qu’est-ce qu’on a dégusté ! Mais grand Dieu, qu’est-ce qu’on peut aussi rigoler quasiment tous les jours ou presque ! Il semble qu’ils compensent leur mauvaise gestion, leur perfidie et leur médiocrité par un excès d’humour.
Quand les parisiens finiront de voter pour des oies, les poules auront des dents !
Les toits de Paris appartiennent au Patrimoine National. Il faut le rappeler au maire. Hidalgo a déjà suffisamment défiguré la capitale ! Qui va mettre un coup d’arrêt à ces destructions ?
D’après le dictionnaire, le mot méditatif est un adjectif qui qualifie une personne portée à la réflexion profonde ou une attitude qui traduit la concentration et le calme. Je ne vois donc en quoi un toit peut être méditatif.