[CINÉMA] Soudain : une quête de la dignité en EHPAD
Dirigeant depuis quelques années un EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), Marie-Lou y a développé la « méthodologie de soins Gineste-Marescotti », basée sur le concept philosophique « d’humanitude ». Une approche visant la dignité des résidents via l’écoute et l’adaptation à leurs troubles individuels, bien souvent cognitifs. Sans jamais recourir à la contrainte, les soignants qu’encadre Marie-Lou font le pari de l’intelligence des patients, se mettent à leur hauteur, parlent leur langage et encouragent progressivement leur mobilité et leur autonomie.
Si la méthode porte ses fruits, les financeurs rechignent à augmenter les salaires ou à recruter davantage, et réclament régulièrement des comptes : le coût de la formation à dispenser à un personnel parfois réticent est considérable.
Proche à la fois du découragement et du surmenage, Marie-Lou fait incidemment la rencontre de Mari, une metteur en scène japonaise, atteinte d’un cancer, qui fait jouer au théâtre, à Paris, une pièce italienne sur le handicap mental. Éprouvant un véritable coup de foudre amical, nourri de synchronismes et du fait que chacune maîtrise la langue de l’autre (le japonais pour Marie-Lou, le français pour Mari), les deux femmes s’engagent dans une relation profonde, chargée d’empathie et d’échanges intellectuels, dont le moteur est le souci des plus vulnérables.
L’adaptation d’un recueil épistolaire
Pour son premier film tourné en France, sobrement intitulé Soudain, le cinéaste Ryūsuke Hamaguchi, réalisateur de Senses, Asako I & II et Le Mal n'existe pas, porte librement à l’écran l’ouvrage épistolaire Kyū ni guai ga waruku naru (que l’on peut traduire par « Soudain, je me sens mal »). Un recueil de vingt lettres rédigées par Maho Isono, anthropologue, et Maoko Miyano, philosophe souffrant d’un cancer du sein. Publié en 2019 au Japon, le livre est encore inédit en France.
C’est la productrice Hiroko Matsuda qui a proposé le projet d’adaptation en 2020 à Ryūsuke Hamaguchi. Lequel a accepté et choisi de poser sa caméra en France pour bénéficier de conditions financières avantageuses. Notons, par ailleurs, que le tournage s’est déroulé dans un véritable EHPAD du quinzième arrondissement de Paris et a sollicité la participation de ses patients et personnels soignants.
L’alchimie de deux comédiennes
À l’arrivée, Soudain s’avère un film plutôt difficile d’accès dont la durée de 3h15 viendra à bout de bien des patiences. Ses séquences au temps étiré et son didactisme excessif lorsqu’il s’agit d’aborder les conditions de travail en EHPAD n’arrangent rien… Cependant, le film mérite le détour à plus d’un titre : outre le fait qu’il a le mérite de faire connaître au plus grand nombre la « méthodologie de soins Gineste-Marescotti », l’alchimie entre Virginie Efira et Tao Okamoto – le cœur battant du dispositif – est bien réelle et fait des étincelles, en particulier lorsqu’elles interagissent avec de tierces personnes.
Si la comédienne japonaise fournit d’honorables efforts dans la langue française, sa partenaire de jeu est tout simplement bluffante, quand on sait qu’elle n’a eu que deux mois pour apprendre le japonais et qu’elle a dû retenir la plus importante quantité de dialogues. Preuve en est que Virginie Efira est bel et bien une actrice de talent. Elle tient peut-être là l’un de ses plus beaux rôles.
3,5 étoiles sur 5
https://www.youtube.com/watch?v=jTPjA5DqzDc
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8 commentaires
La première des qualité requise pour travailler en établissement hébergeant des personnes âgées, (parfois méchantes et exigeantes NB j’ai été infirmière coordinatrice dans ces structures ) c’est l’empathie l’amour du prochain , le souci des autres
Film interminable, bavard, pontifiant, bienpensant et ennuyeux à mourir à force de se vouloir pédagogique.
Je suis restée jusqu’au bout parce qu’il est tout de même ponctué de scènes intéressantes.
Ceci dit, il a le mérite de montrer l’aspect financier versus humanité.
Avec un peu de bravitude nous pouvons avoir de l’humanitude.
Notre grand mamouchi ne disait pas que les vieux coûtaient un pognon dingue, mais le mamouchi aussi, des voyages a tour de bras de la vaisselle en or, un jetski pour se rafraichir, et le résultat des milliards de dettes malgré les prélèvents sur les carburants, les cages à poules si vous avez un lopin de terre de 100m2, non pas mille hectares, car notre ancien ministre des finances ne savait la surface en mètre carré d’un hectare. Ce n’est pas étonnant si nous sommes dans la moïse.
Sans même parler des EHPAD où le travail est certainement très dur et mal payé, j’ai passé 3 jours récemment dans un hôpital, 1 journée aux urgences, 2 en hospitalisation. J’ai assisté à des scènes entre le personnel et des patients très âgés qui m’ont fait pleurer, et fait pleurer une amie à qui j’ai raconté. Nous sommes dans une société déshumanisée d’une cruauté que je n’avais jamais cru possible. Même si de temps en temps on rencontre un dévouement exemplaire, ce que je veux croire, je n’en ai rien vu durant ces trois jours et trois nuits.
à ‘Volente’. Dans un monde individualiste comme le nôtre, difficile de trouver des vocations réelles à faire tel ou tel métier. Les belles âmes se sont envolées et avec elles, le sacerdoce. La vie est rude pour chacun de nous. Elle l’est encore plus quand on considère une personne comme devenue inutile. La preuve : l’aide à mourir.
Très dur pour ces anciens souvent très malades d’être coupés de leurs famille et d’une monde avec des personnes souvent handicapées … si en plus ils sont à la merci d’un personnel mal formé, sans humanisme et peu charitable, ça devient pour eux une vraie galère … financer dans les EPADH des activités artistiques pouvant leur convenir pour les occuper au lieu de les coller devant la TV, ces personnes ont une expérience qu’elles peuvent faire partager à d’autres.
Intervenant dans des EHPAD, j’ai parfois vu des tristes choses. En effet, certains employés sont là uniquement parce qu’ils n’ont rien trouvé d’autre, donc rien de bon à attendre.