Transmissio : pour des vacances catholiques en famille

« Pendant quelques jours, nos enfants ont vécu la foi concrètement » : ces familles qui ont découvert Transmissio
Transmissio
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De plus en plus de parents cherchent des lieux où la vie chrétienne puisse se vivre simplement, en famille. L’été dernier, 85 familles ont tenté l’expérience Transmissio. Elles témoignent.

Dans une France où la transmission religieuse ne va plus de soi, de nombreuses familles ont le sentiment d’avancer à contre-courant. Messe dominicale devenue minoritaire, pression culturelle, rythme de vie qui disperse… Comment aider ses enfants à grandir dans la foi lorsque tout semble pousser dans l’autre sens ? C’est à cette question que tente de répondre Transmissio, une session estivale catholique organisée sous le patronage de Saint Louis. L’événement, qui avait réuni plus de 500 personnes lors de sa première édition, revient du 21 au 25 août 2026 au domaine de Chalès, en Sologne.

Avant même l’été, plus de 200 personnes sont déjà inscrites. Mais que viennent vraiment y chercher les familles ?

Une parenthèse hors du temps

Pour Jeanne et Louis, l’intuition de départ était simple : trouver un endroit où la foi ne soit pas un élément périphérique des vacances. « Nous cherchions un lieu où notre foi puisse vraiment irriguer notre vie familiale pendant quelques jours », expliquent-ils. Le couple voulait aussi un cadre où leurs jeunes enfants puissent vivre la foi de manière joyeuse et concrète, et non comme une obligation abstraite. La fin des vacances d’été leur paraissait le moment idéal : « Une façon de nous réajuster au bon Dieu avant de commencer une nouvelle année scolaire. » Sur place, ils ont découvert bien plus qu’ils ne l’imaginaient.

Beaucoup évoquent un climat particulier, difficile à décrire. Les messes quotidiennes célébrées en plein air, les repas partagés avec prêtres et religieux, les rencontres entre familles venues de toute la France donnent le sentiment d’une petite chrétienté retrouvée. Jeanne et Louis gardent en mémoire un moment précis : la procession aux flambeaux du Saint Sacrement jusqu’au château : « Nous nous sommes retrouvés comme hors du temps, guidés par la lumière des flammes et par les voix qui s’élevaient dans la nuit pour prier le chapelet. » D’autres familles racontent la même impression. Vincent et Corine évoquent « un aperçu du ciel » ce soir-là, lors de la procession suivie d’une nuit d’adoration.

Chez Marie et Sébastien, ce sont les rencontres simples qui ont marqué les esprits : « Chaque repas était l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes. » Les enfants se sont rapidement liés d’amitié, profitant d’un cadre sécurisé qui leur permettait de courir et jouer librement — luxe devenu rare aujourd’hui.

« Transmissio a changé ma vision de la messe »

Le témoignage de Clémence et Grégoire est peut-être le plus surprenant. Clémence raconte qu’elle n’était pas familière de la tradition liturgique et qu’elle avait même quelques préjugés. Le premier soir, on lui propose pourtant de rejoindre la chorale. Elle accepte, un peu par hasard. « Je ne connaissais rien au chant grégorien, je ne savais pas lire une partition… mais ce n’était pas grave », raconte-t-elle. Encadrée par un jeune abbé accueillant, elle découvre peu à peu une liturgie qu’elle connaissait mal. « Le fait de participer à la chorale et d’être au cœur de la messe tous les jours a changé ma vision de la messe », explique-t-elle. En repartant, elle n’avait qu’une envie : y retourner.

Mais ce sont aussi les rencontres qui l’ont marquée : les repas avec des séminaristes, les discussions simples, la possibilité de poser toutes les questions. « Tous ces petits moments ont changé ma vision des "tradis" », dit-elle aujourd’hui. « On s’aperçoit qu’il n’y a pas les barrières qu’on imagine. »

«  Des étoiles dans les yeux » et des fruits concrets au retour

Pour les parents, l’un des aspects les plus frappants reste la manière dont les enfants vivent l’événement. Jeanne et Louis racontent leur étonnement en voyant leurs enfants assister aux messes en plein air, côtoyer prêtres et religieux, chanter le bénédicité avec des centaines de personnes. « Pendant quelques jours, nos enfants ont pu vivre concrètement ce que nous essayons de leur transmettre toute l’année », expliquent-ils.

Chez Clémence et Grégoire, les souvenirs sont plus terre à terre — et tout aussi précieux : les copains, les activités, les couloirs du château où l’on court le soir pour frapper aux portes des amis… et surtout le spectacle équestre consacré à Saint Louis, qui a « mis des étoiles dans les yeux » des plus jeunes.

Là encore, la foi ne s’oppose pas à la joie des vacances. Elle en devient le cœur.

Au retour, certains fruits sont très concrets. Clémence raconte que l’expérience a été un déclic : prière du soir plus régulière, bénédicité en famille, engagement plus actif dans la vie paroissiale. « Je me suis dit : arrêtons de mettre la foi en second plan », confie-t-elle. Depuis, elle s’est engagée dans les associations familiales catholiques de sa ville et donne du catéchisme dans l’école de ses enfants.

Beaucoup de familles témoignent d’un même mouvement : Transmissio ne remplace pas la vie chrétienne ordinaire mais donne l’élan pour la vivre davantage.

Si l’événement attire autant, c’est qu’il répond à une attente réelle. De nombreuses familles cherchent aujourd’hui des lieux où foi, formation et vie familiale puissent se rejoindre. Transmissio tente précisément d’offrir ce cadre : conférences, activités pour les enfants, prière, détente et rencontres. Pour Clémence, la formule est simple : « Ce ne sont pas seulement des vacances. Ce sont des vacances catholiques en famille. »

L’édition 2026 se tiendra du 21 au 25 août en Sologne. Les inscriptions sont déjà ouvertes et plus de 200 participants sont inscrits. À en croire les familles qui y ont goûté, certains pourraient bien y trouver plus qu’un séjour d’été : un point d’appui pour transmettre la foi à leurs enfants.

 

Informations et inscriptions :
https://transmissio.org

 

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Thibault Farrenq
Co-fondateur de "La Nuit du Bien Commun"

Vos commentaires

3 commentaires

  1. Etonnant la « foi »… les légendes en tous genres ( jésus bien sûr, mais aussi Bouddha et autres divinités asiatiques… ). Et ça depuis la nuit des temps. Les rituels consacrent l’unité d’une population autour d’une croyance. C’est beau les chants et autres parades… Mais bon, Spinoza a quand même raison: Pas plus de dieu que de beurôcu !

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