Editoriaux - Environnement - 29 novembre 2018

Transition énergétique : incompétence ou manipulation ?

Ainsi, la France continue ! Surfant sur la trouille que les écolos distillent à longueur de journée, le Président l’a confirmé : il faut sauver la planète. Donc, la transition énergétique est un devoir patriotique. Face à cette pédagogie moralisante alimentée par un ramassis de niaiseries, mais qui nous entretient désormais dans une culpabilité honteuse lorsque nous allons faire le plein, bientôt de nuit et en cachette, nous devons nous interroger sur ses causes. Incompétence ou manipulation ?

Dans un article précédent, j’évoquais le paradoxe de la prime à la casse : calculée sur le seul bilan du CO2 (gaz carbonique), elle favorise le diesel. Mais c’est toute la macroéconomie qui est à l’aune de ces contradictions. Ainsi, on veut du tout-électrique mais sans le nucléaire. Ou des énergies renouvelables, mais sans se chauffer au bois ! Alors, voyons un peu.

En Allemagne, au début des années 2000, la transition énergétique subventionnée était censée apporter aux régions de l’ex-RDA la prospérité économique. D’après le journaliste Dirk Maxeiner, le gouvernement allemand a déversé des centaines de millions d’euros pour la couvrir de cellules photovoltaïques fabriquées en Chine. 142 millions d’euros dans le Brandebourg, 120 millions en Saxe-Anhalt et 143 millions en Thuringe. Conjugué à l’abandon du nucléaire, le rachat exorbitant de l’énergie se répercuta sur le consommateur. Oui, beaucoup d’emplois ont été créés. Mais… en Chine ! Selon la fondation Hans-Böckler, émanation de la Confédération des syndicats allemands (DGB):

“En une seule année, 30.000 emplois ont disparu avec au moins 30 milliards d’euros de faillites. L’Allemagne a dépensé 24,3 milliards d’euros au-dessus des prix du marché en tarif de rachat d’énergie renouvelable en 2017. Et lorsque le temps est couvert, c’est la Pologne, avec ses centrales au charbon, et la France, avec ses centrales nucléaires, qui alimentent l’Allemagne.”

Quant à la France, pour la « route solaire » inaugurée par l’ineffable Ségolène Royal en 2016, le désastre est consommé. De l’enquête réalisée par Michel Gay, auteur du livre Vive le nucléaire heureux !, il apparaît que la production prévue d’électricité n’est pas de 767 kWh par jour mais de seulement 409 kWh, soit tout de même presque deux fois moins…

Mais pourquoi la prétendue électricité verte est-elle si chère ? Selon l’Américain Michael Shellenberger, expert en politique environnementale, cofondateur de Breakthrough Institute et fondateur de Environmental Progress, la cause tient à son caractère peu fiable nécessitant des ajouts coûteux d’énergie de secours au réseau électrique sous la forme de centrales au gaz, de barrages hydroélectriques, de batteries au lithium…

Partout dans le monde, de l’Allemagne à l’Espagne, et du Danemark à l’Australie du Sud, le développement, même modeste, des énergies solaire et éolienne conduit à de fortes augmentations des prix de l’électricité.

Pour les États-Unis, le prix de l’électricité a augmenté de 7 % alors que l’électricité produite à partir de l’énergie solaire et éolienne est passée de 2 à 8 % entre 2009 et 2017.

En Espagne, ils étaient inférieurs à la moyenne européenne en 2009. Ils sont, aujourd’hui, parmi les plus élevés d’Europe.

En France, à l’horizon 2022, le montant de la taxe appelée « contribution au service public de l’électricité » devra atteindre 10 milliards d’euros. Les coûts de production de l’éolien et du solaire sont, ainsi, entre deux et dix fois plus élevés que celui du nucléaire installé.

Les énergies renouvelables constituent un gouffre financier dans tous les pays où elles s’implantent.

Comme le rappelle Michel Gay, l’électricité nucléaire coûte actuellement environ 4 centimes d’euro par kWh (tout compris avec le démantèlement et la gestion des déchets). En revanche, l’électricité d’origine solaire coûte entre 80 et 100 centimes d’euros par kWh, soit 20 fois plus à produire.

Mais la prospective verte serait incomplète sans la voiture, naturellement électrique ! En 2040, les véhicules roulant à l’essence et au diesel ne seront plus commercialisés. Or, avec un parc estimé à 15 millions de véhicules, le besoin sera de 34 Twh, soit à peu près la consommation annuelle de l’Irlande ou du Danemark. Imaginer que répondre à ce besoin puisse se faire en se passant du nucléaire est illusoire. Même avec la pile à combustible, car ce sera alors l’hydrogène qu’il faudra produire en quantité. Les polytechniciens qui dirigent Enedis le savent parfaitement et manipulent les politiques, peu nombreux à maîtriser un minimum de connaissances en thermodynamique, en leur laissant croire le contraire. L’enjeu est le maintien en activité des réacteurs existant et celui d’Areva/Framatome, engluée dans ses EPR. Quant à l’avenir – vraisemblablement les centrales au thorium -, il ne sera plus français, puisque Alstom a été vendu à l’Américain General Electric.

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