Editoriaux - Justice - Société - 28 juin 2019

Touvier, Dutroux, Romand : étrange mansuétude de certains pour les assassins…

C’était jeudi matin, 27 juin, à l’heure du café : Élisabeth Martichoux recevait, sur RTL, la procureure de Versailles, Maryvonne Caillebotte. Elle l’avait invitée pour parler de la sécurité des magistrats suite à l’agression subie, dix jours plus tôt, par une présidente du tribunal de Versailles, visée à son domicile par deux hommes qui lui ont tiré dessus avec une arme de poing.

Madame Martichoux est responsable du service politique de RTL. C’est une intervieweuse de choc. Elle pose d’emblée la question essentielle : « Est-ce qu’il y a de la clim dans vos bureaux, à Versailles ? »

Passons…

Le sujet, donc : qui a voulu assassiner la magistrate versaillaise et pourquoi ? « Est-ce en raison de ses fonctions, ce qui renvoie aux problèmes de sûreté et de vulnérabilité des magistrats, ou est-ce autre chose, l’enquête le dira », répond la procureure. Martichoux insiste : « Il est assez probable que ce soit en raison d’un dossier qu’elle a pu traiter… » Elle a son idée, elle s’y cramponne : « Vous êtes à la tête du parquet de Versailles… les procureurs qui défendent la société, l’ordre public, sont souvent présentés comme des coupeurs de têtes. Le procureur, son objectif, c’est de condamner ? » Et comme l’autre fait mine de ne pas comprendre où elle veut l’emmener, elle enfonce le clou : « Parlons du réquisitoire… Mais quand vous préparez un réquisitoire, vous pensez à quoi ? Parce que quand vous arrivez, ça brise des vies ! »

Admirable Mme Caillebotte qui a gardé son calme, a répondu posément que « les vies se brisent quand les infractions sont commises, quand les gens sont agressés, quand leurs maisons sont cambriolées, quand il y a eu une atteinte à leur propriété, à leur intégrité physique. C’est là où des vies se brisent ! »

Voilà donc où nous en sommes : à devoir – vainement, je le crains – tenter de remettre les choses à l’endroit. Dans le droit. Dire qui sont les victimes, qui sont les criminels. À l’évidence, Mme Élisabeth Martichoux, chez du service politique sur une radio de grande écoute, ne le sait pas très bien.

Hélas, je doute parfois que l’Église soit mieux renseignée…

On a ainsi appris, ce même jour, que le quintuple assassin Jean-Claude Romand quittait la prison centrale de Saint-Maur pour aller couler des jours ô combien paisibles dans l’abbaye Notre-Dame de Fontgombault, là même où l’ancien milicien Paul Touvier et sa famille avaient, dans les années 70, coulé eux aussi des jours heureux.

J’ai visité Fontgombault dans mon enfance, tout comme j’ai visité Solesmes. Si Dieu existe, Il est là, assurément, sous les voûtes romanes où s’élèvent les chants grégoriens. Dommage qu’Il y côtoie des assassins de la pire espèce, quand bien même on nous assure, comme Jean-Claude Romand, qu’ils ont été « touchés par la foi et la grâce divine ».

Faut-il le rappeler : Romand a assassiné son épouse, ses deux jeunes enfants (5 et 7 ans) et ses deux parents. Condamné à la perpétuité par la cour d’assises de Bourg-en-Bresse (Ain), il a effectué 26 ans derrière les barreaux et s’en va maintenant rejoindre les frères convers pour planter des choux au potager et passer les plats à « l’hôtellerie monastique ». Certes avec un bracelet électronique à la cheville, mais bon, c’est toujours mieux que d’atterrir dans une cité pourrie du 9-3 et de devoir se taper deux heures de transports en commun pour aller faire le ménage dans les tours de la Défense.

Je manque de compassion ? Sans doute. Surtout, je m’interroge sur les desseins de Dieu qui envoie régulièrement sa grâce divine aux assassins. Ils en ont, de la chance, ces salauds-là ! Ainsi Michelle Martin, ex-épouse Dutroux, qui, après 16 ans en prison sur les 30 prévus, a été accueillie dans le couvent des sœurs clarisses, à Namur. Couvent quitté en 2015 pour atterrir chez… un ancien magistrat, proche de l’extrême gauche belge.

Elle est pas belle, la vie ?

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