Cette semaine, notre voyage à la redécouverte du patrimoine français prend un nouveau chemin. Après les châteaux, jardins et maisons de de ces dernières semaines, ouvrons aujourd’hui la porte d’un autre patrimoine : le vôtre !

« Il existe une forme de barbarie plus redoutable que le vandalisme : elle consiste à laisser les biens de la non visités », écrit Xavier Lacroix dans son lumineux petit ouvrage, Le Principe de Noé ou l’éthique de la sauvegarde. « La civilisation craint moins ceux qui oublient leurs devoirs que ceux qui oublient leurs droits : droit de profiter, de se cultiver, de s’épanouir, de se perfectionner », en cueillant les biens de notre et de notre patrimoine.

À l’heure où s’entrouvrent de nouveau les portes de nos églises et où s’étendent les limites de nos déplacements, partez à la redécouverte du « petit patrimoine de proximité » qui s’étale généreusement le long de tous les chemins de . Qui d’entre nous n’a pas, tout proche de chez soi et jusqu’à 100 km autour, une église, une abbaye, un moulin, un village, un lavoir, un manoir, une façade, un nom de rue, un calvaire, un vallon ? Ce patrimoine-là nous réclame et nous oblige, et d’abord nous qui vivons dans son voisinage.

Sans nous, plus de patrimoine vivant, aimé, entretenu. Il faut le fréquenter comme on fréquente qui l’on aime, car l’amour ne se paie pas de mots, il a besoin de présence et d’actes. Le Conseil d’État vient de déclarer illégale la fermeture de nos églises : à la bonne heure ! Au-delà de la victoire symbolique pour notre civilisation chrétienne et notre soif spirituelle, c’est une invitation qui nous est faite à entrer dans nos nefs, petites ou grandes, à découvrir leur architecture, leur charpente comme autant de navire renversés, de déposer une bougie, signe de présence et de vie, au pied des statues des saints, héraults du retour de notre foi populaire.

Occasion, encore, de fleurir les croix de nos chemins avant qu’ils ne disparaissent sous le bitume des lotissements et des déviations. N’oublions pas, non plus, le patrimoine immatériel : fêtes patronales ou religieuses de ce beau mois de mai, et de nos terroirs si différents, paysages naturels et culturels à parcourir, humer, aimer ! Écoutons l’avertissement de Rodin, sortant admiratif de la cathédrale de Chartres et confus de ne la découvrir que si tard : « Nous sommes des aveugles environnés de splendeurs ! » Entrant dans Orléans pour délivrer la France, Jeanne d’Arc, dont nous fêtons le centenaire chrétien de la canonisation et républicain de la fête patriotique, déclarait à ses hommes : « Entrez, tout est vôtre ! » À notre tour, retrouvons ce qui nous appartient et dont nous sommes les gardiens.

23 mai 2020

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