Tour Eiffel, Disneyland… : l’offensive des prières islamiques

Après les rues et les universités, les prières islamiques investissent les lieux touristiques les plus emblématiques.
Capture d'écran @PsyGuy007
Capture d'écran @PsyGuy007

Un tapis posé sur une pelouse, deux hommes agenouillés et, en arrière-plan, la silhouette immédiatement reconnaissable de la tour Eiffel. Publiée sur X, le 2 août, cette scène n’a pas tardé à provoquer la polémique. « Les prières dans un lieu public devraient-elles être interdites en France ? », interroge l’auteur de la publication. Dans les commentaires, l’indignation domine. « Si les prières des chrétiens dans un lieu public ne sont pas autorisées, alors pourquoi les musulmans en ont-ils le droit ? Encore un passe-droit, un de plus ! », s’agace une internaute. « Je ne comprends même pas que ce soit possible. Je n’ai pas vu de chrétien, de juif ou de bouddhiste faire de même. Ils sont les seuls à imposer leur foi aux autres », renchérit un autre. Un troisième réclame que ce comportement constitue « un motif d’expulsion immédiate ».

Quelques jours plus tôt, le 31 juillet, c’est à Disneyland Paris qu’une autre démonstration de force avait enflammé les réseaux sociaux. Sur les images, trois hommes apparaissaient en train de prier, à genoux, dans un espace végétalisé du parc. Deux lectures s’étaient alors opposées. Les uns dénonçaient l’irruption d’une pratique religieuse dans un lieu de loisirs familial ; les autres n’y voyaient qu’un geste spirituel et inoffensif. « Ils ne font de mal à personne, ils se sont mis derrière un buisson pour respecter les autres, c’est quoi, le problème ? », plaidait une publication ayant recueilli plus de 15.000 mentions « J’aime ». Un autre internaute invoquait une simple nécessité religieuse : « Si un musulman ne trouve pas de lieu de culte, il prie là où c’est propre […] Ce n’est pas de la provocation. »

L’argument est toutefois fragilisé par l’existence, au City Hall situé à l’entrée du parc, d’un espace de recueillement multiconfessionnel accessible sur demande. Les visiteurs souhaitant prier discrètement disposent donc déjà d’une solution qui leur évite de transformer un espace visible du parc en lieu de culte improvisé.

Une pratique qui n’est pas interdite par principe

Contrairement à une idée répandue, la loi française n’interdit pas systématiquement de prier dans la rue ou dans un lieu accessible au public. Sans doute le législateur n’avait-il pas prévu cette éventualité… Il faut dire que jusqu’à un passé très récent, les tentatives de « prières de rue » ne ponctuaient pas l’actualité. Il pouvait bien y avoir un chemin de croix annuel ou une petite procession au flambeau dans certains villages, mais nulle récitation intempestive de psaumes ou de Je vous salue Marie dans les universités ou les aéroports.

L’article premier de la loi de 1905 garantit le libre exercice des cultes, sous réserve du respect de l’ordre public. Une personne priant seule et sans gêner les autres usagers ne commet donc pas nécessairement d’infraction. La situation change lorsqu’une prière collective occupe la chaussée, bloque le passage, trouble le fonctionnement du lieu ou prend la forme d’une manifestation organisée. Les rassemblements sur la voie publique peuvent alors être soumis à une déclaration préalable et interdits.

Prier ou convertir ?

Cette réponse juridique suffit-elle à épuiser le débat ? Pas vraiment. Car la question posée par ces images n’est pas seulement celle du trouble matériel. Elle porte également sur la multiplication de pratiques religieuses ostensibles dans des lieux qui n’ont aucune vocation cultuelle. Des manifestations qui prennent souvent la forme de provocations, voire d’intimidations. Anthropologue au CNRS et spécialiste des réseaux fréristes, Florence Bergeaud-Blackler alerte depuis plusieurs années sur la dimension politique que peuvent prendre certains rassemblements islamiques. En mars 2025, elle estimait que « les manifestations de prières dans l’espace public devraient être interdites dans tous les cas » afin d’éviter de futures tensions. À propos d’une prière musulmane organisée dans une rue de Toronto, la chercheuse se montrait plus catégorique : « Les prières de rue dans ces circonstances sont en effet des démonstrations de force de l’oumma. Ne nous leurrons pas. » Plus récemment, voyant le maire de Londres, Sadiq Khan, participer à une prière publique à Trafalgar Square, elle avançait une interprétation symbolique : « Pour les musulmans du monde, cela a un sens. Londres – et le pays dont elle est capitale – est un territoire de l’islam. Dar al-islam. »

Cette dimension conquérante ne relève en rien du délire complotiste. Elle est parfois revendiquée sans détour. Une vidéo récemment tournée à Times Square montre ainsi un orateur promettre devant la foule : « Nous prendrons New York, puis le reste de l’Amérique. Un par un, nous ne nous arrêterons pas tant que l’islam n’aura pas pénétré chaque foyer. Nous en avons fini de nous cacher, l’islam est la seule vraie religion. »

De notre côté de l’Atlantique, le vocabulaire est différent mais la volonté de conquête est la même. Dans un texte publié en 2009, Houria Bouteldja se félicitait de voir les populations issues de l’immigration « islamiser » la France, avant d’inviter les prétendus « indigènes » à aller « à l’assaut du pouvoir »… C’est précisément ce contexte qui explique la colère de nombreux Français devant les images de la tour Eiffel ou de Disneyland. Ils voient s’installer, par petites touches, une pratique religieuse toujours plus visible dans les rues, les universités, les entreprises et désormais les grands lieux touristiques, mais n’auraient pas le droit de s’en émouvoir. Partout, ils entendent que l’immigration est une chance, l’islam une religion de paix et l’islamisation de la France un fantasme d’extrême droite. Ils savent aussi qu’une chaîne de télévision peut être condamnée si elle laisse dire à l'antenne que l’islam est une « religion de conquête ». Cette conquête peut ainsi se poursuivre sous les yeux de tous. Seuls ceux qui la désignent doivent se taire ou se cacher.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

72 commentaires

  1. Dites-vous bien que ceci n’est qu’un début ! Ils veulent nous islamiser, par tous les moyens. Et nous occuper, comme jadis l’Allemagne. La différence c’est que l’Allemagne était et est chrétienne, et que nous avons été libérés un jour. Là, pas de libération à espérer…

  2. Ces provocations et ce proselytisme doivent cesser. Il en va de la préservation de l’ordre public. Partout ils se trouvent les islamistes n’amènent que le désordre et la confrontation.

    • La laïcité est un fourre-tout où chacun peut assouvir ses dérives, surtout les plus néfastes à la France.

    • NON c’est l’échec de la France. La laïcité c’est la République qui est déjà l’échec de la France. Mais c’est aussi l’échec des Français pour autant qu’il y en ait encore assez pour réagir ce qui est encore autre chose.

  3. Quand je vous ça, je me sens dans mon pays comme dans un pays occupé. Mais c’est interdit de le dire.

    • Interdit par QUI ? nous sommes de plus en plus nombreux à relever la tête, d’ailleurs, les traîtres à la France commencent à craindre notre réaction.

    • Ben c’est ça. J’espère que les français très « humanistes » qui défendent ces pauvres priants qui ne dérangent personne, s’en mordront les doigts quand ils verront l’invasion établie et effective, et ses conséquences.

  4. Soyons clairs : si le holà n’est pas mis rapidement à ces pratiques, demain ce sera un autre test, puis un autre et encore un autre. Et, petit pas après petit pas, demain, notre pays sera « charia-compatible » avec, pourquoi pas, des tribunaux confessionnels comme il en existe en Grande Bretagne. On peut souhaiter cela ou y être indifférent. Ce n’est pas mon cas.

  5. Faut pas s’étonner de ça, le Conseil d’Etat vient de tolérer les signes religieux islamiques alors ils vont pouvoir se poser n’importe où pour prier, même sur le tarmac des aéroports. Le but de ces gens là n’est pas de prier mais de mettre le désordre, de nous narguer ou de nous provoquer. Vive Macron !

      • Elles sont dangereuses ! Ce qui est bizarre c est bon nombre d athés aiment les admirer pas pour ce qu’elle représente mais simple pour l art. Certaines sont des œuvres sur le plan culturel.

  6. Peu importe que ce soit légal ou autorisé, je ressens cela comme une occupation illégale ou au moins illégitime de l’espace public. Et en toute hypothèse, ce n’est pas « ma » France.

  7. Aux Émirats arabes Unis, les prières de rues sont interdites.
    Simplement les autorités ne veulent pas de imam auto proclamé qui dirige les prêches et la prière.
    Les mosquées étant sévèrement contrôlés par le gouvernement

  8. Mais c’est le résultat de la submersion voulue depuis 50 ans, ceux veautent pour les partis immigrationistes, au lieu de voter en réfléchissant sont co-responsables. Ils sont venus avec leurs religion, leur coutumes et le nombre fait qu’ils prennent de plus en plus leurs aises. Bossuet disait : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes ».

  9. Mouais, bizarrement, en 2025, à la gare Montparnasse, un chrétien qui revenait du pèlerinage de Chartres a été verbalisé pour avoir entonné un chant religieux en public. Alors il faudrait savoir … on peut ou on peut pas, ou ça dépend de la tête du client et de la longueur de la barbe ?

    • Réponse à Bruno : C’était avant, mais à présent, du moment que le Conseil d’Etat tolère les prières des musulmans sur les lieux publics alors qu’ils ont des mosquées alors pourquoi les Chrétiens n’en feraient pas autant ?

  10. Contrairement à ce que en penser une lectrice, ce n’est pas un passe-droit. Aucune loi n’interdit de faire sa prière en public. Par contre, à partir du moment où on bloque la circulation, on occupe l’espace public, c’est un trouble à l’ordre public

    • Faites un tour près des mosquées le vendredi en Seine-Saint-Denis et vous comprendrez que la loi ne s’applique pas de la même façon pour tout le monde. Là où je suis, la police municipale a ordre de ne pas intervenir sur le stationnement sauvage le vendredi, elle se rabat sur les zones bleues pour faire un peu de chiffre et le tour est joué.

    • il faut rappeler à cette lectrice qu’un chrétien qui revenait du pèlerinage de Chartres a été verbalisé pour avoir entonné un chant religieux en public.

    • Plus on laisse faire ces gens là, plus ils en prennent a leur aise et impose de ce faite leur présence , leur culture et surtout leur « religion » .
      Avant de prendre ma retraite, j’ai livré le dépôt de la brasserie du train bleu gare de Lyon qui ce trouve a charolais , le livreur qui occupait le quai de déchargement a fait sa prière au milieu des poubelles et des rats , j’en ai parler au chef de quai lui même musulman , il a été profondément choqué de cela ; ils ne respectent même pas leur « religion » pourquoi respecteraient ils les autre religions.

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