Toulon : sous la base navale, un port romain vieux de 2.000 ans
Annonce officialisée le 18 mars dernier par le Président Emmanuel Macron : la France disposera, en 2038, d’un porte-avions de nouvelle génération (PA-NG) baptisé France libre. Il sera basé à Toulon, à côté de son grand frère le Charles-de-Gaulle – certes à la condition que celui-ci, actuellement en route pour le détroit d’Ormuz, ne soit pas entre-temps pulvérisé par l’Iran… Mais pour accueillir le PA-NG, bâtiment de 77.000 tonnes, son équipage de 2.000 marins et ses 30 avions de combat, il faut lui faire une place, c’est-à-dire agrandir la base navale sur plusieurs hectares. C’est en démarrant ce gigantesque chantier qu’ont été exhumés les vestiges d’un antique port de commerce, fondé sur l’île de Milhaud, disparue depuis les années trente sous les remblais de l’arsenal.
Toulon la Romaine contre Marseille la Grecque
Les fouilles de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), systématiques pour un tel chantier, ont débuté en septembre 2025 et s’achèvent aujourd’hui sur une découverte majeure. Elles ont en effet mis au jour, sur l'ancien emplacement de l'île de Milhaud, un vaste « établissement antique largement dédié au commerce par voie maritime entre le IIe siècle avant J.-C. et le début du IIIe siècle après J.-C », auquel a succédé, à partir du XVIIe siècle et sous la volonté de Louis XIV, un port militaire très actif jusqu’à la période actuelle. L’arrivée du France libre devrait ainsi conforter Toulon dans sa position de premier port militaire d’Europe.
L’île de Milhaud était à l’origine une petite barre rocheuse à peine détachée de la côte dont les premières constructions épousaient parfaitement la forme. Elles s’ouvraient au sud-est sur une petite plage donnant sur la rade ; la partie nord était déjà fortifiée. Les nombreux objets et fragments découverts sur le site – vaisselle, poids de métier à tisser, objets de parure, ainsi que les aménagements tels que foyers et fours – attestent d’une vie domestique et économique. On a trouvé trace d’activités artisanales (production de farine, de vin ou d’huile) et la pratique de la pêche est attestée par des lests de filets en plomb.
À ce sujet — Notre nouveau porte-avions s’appellera France libre
Les fragments de vaisselle et d’amphores retrouvés sur les plages montrent que « le site de l’île de Milhaud est un pôle commercial stratégique, avant et après la fondation de l’agglomération portuaire romaine de Toulon, Telo Martius (vers le milieu du Ier siècle après J.-C.) », disent les chercheurs de l’INRAP. Plus étonnant, les objets découverts, « venus très majoritairement du sud de la péninsule italique, [...] témoignent de l’empreinte des Romains sur l’établissement de Milhaud, tandis que le littoral est à cette époque placé théoriquement sous la domination de Marseille grecque ».
Un port militaire très actif sous Louis XIV
Les indices sur l’occupation de l’île de Milhaud manquent après le IIIe siècle, cela, jusqu’à la fin de la période médiévale. C’est Louis XIV qui va lui donner une place primordiale dans la défense du royaume par l’édification d’un vaste « magasin à poudre » au sein du grand arsenal militaire de Toulon. « Encore présent sur le site, c’est l’un des derniers édifices de ce type conservés pour le XVIIe siècle », et les aménagements successifs découverts par les archéologues en font un témoignage précieux sur l’intensité des activités portuaires au fil des siècles.
Le site connaîtra son apogée dans la seconde moitié du XIXe siècle, un système de circulation ferroviaire complexe étant alors créé pour assurer la liaison entre les quais du port et les bâtiments. C’est déjà l’une des extensions de la base navale qui conduit, en 1935, au comblement du bras de mer entre l’île de Milhaud et le port actuel. C’est ce terrassement qui a permis aux chercheurs-plongeurs de l’INRAP « de fouiller le fond du port et d’observer la mise en œuvre des quais, responsable de la destruction partielle du site antique ».
Un nouveau bassin sur mesure en… 2035
Les plongeurs de l’INRAP vont maintenant remballer leurs bouteilles. Les trésors exhumés vont rejoindre les labos de recherche. Les grues vont dresser leur horizon de fer au bout de l’arsenal. Les travaux vont démarrer dans un an, destinés à gagner une quinzaine d’hectares sur la mer. Il s’agit de créer de nouveaux quais et bassins afin de permettre le stationnement et l’entretien du nouveau porte-avions dès 2035. Quant au Charles-de-Gaulle, s’il est toujours opérationnel, il devrait être retiré du service actif en 2038 pour laisser place au France libre, nouveau géant des mers… C’est une histoire vieille de 2.000 ans qui se poursuit.
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12 commentaires
Et le site historique va donc disparaitre à tout jamais…..à moins que l’on prévoie un jour d’étendre l’arsenal pour recevoir le tout nouveau porte-avions « E.Macron » vers l’an 2100, un « géant des mers » de 90000 tonnes » (pour mémoire les porte-avions US dont de l’ordre de 120000 tonnes) auquel cas on pourrait en redécouvrir les derniers vestiges.
Le nom attribué de France libre n’est pas bien approprié.
Bon, on paye un nouveau bateau mais on a comme l’habitude aucun droit autre que de se taire.
Est il juste de qualifier cette découverte de « majeure »?
Tout à fait juste. Saviez vous qu’existait un port romain à cet endroit? Moi non, et j’apprécie les informations sur l’Histoire de mon Pays. Je constate que dans mon Pays, on creuse un peu et le passé surgit en donnant tort à ceux qui disent que la France n’a pas de passé, qu’il ne vaut rien.
A 15 ans j’ai débarqué à Toulon avec mon père, direction direction le quai Constand ou la Mélusine nous amena à Saint Mandrier ou j’ai rejoint l’Ecole des Apprentis Mécaniciens de la flotte. Un souvenir de Toulon avec mon père qui a accepté que je devienne militaire alors qu’il avait une sainte horreur de cette armée qui ‘lavait envoyé 33 mois n Algérie, pays ou son petit Fère est mort en 1961. Quelques temps avant sa mort, alors qu’il s’ouvrait à moi sur ses souvenirs de cette « sale » guerre, je lui racontait le Liban, il m’a juste répliqué avec un sourire: « Toi tu as choisi, pas moi, pas mon frère »…
Mais Toulon c’est aussi l’arrivée en 83 d’un bâtiments de guerre Russe, l’étonnement de ces marins que nous avons accueilli comme des amis, comme des gens de mer Toulon c’était aussi Chicag et ses bars à matafs, je suis retourné il y a quelques années sur les traces de ma jeunesse, quelle tristesse, plus de gamins courant à la gare pour ne pas rater le train de permissionnaires, l’absence de marins, un chicag triste à pleurer, un seul sourire, une plaque en mémoire de Miquette. reste les portes majestueuses de Caffarelli qui tentent désespérément de masquer un arsenal bien vide. Ou est passée la flotte de la méditerranée?
Un porte-avion de nouvelle génération en 2038 ? Il faut immédiatement négocier avec nos pires ennemis pour qu’ils veuillent bien ne pas nous attaquer dans les 12 prochaines années. Si le pharaon Khéops avait dû faire appel à la France de Macron pour construire sa pyramide, on aurait sans doute pu y enterrer son arrière-petit-fils.
Moi, c’est le port de Marseille qui me pose question dans le genre de savoir pourquoi je vois des bassins vides dans les différents télé-films qu’il m’est donné de voir et me dire qu’heureusement il y a encore les ferries…
Quel investisseur irait mettre de l’argent dans cette ville, dans ce port? Avec la gauche et la cégète qui n’ont comme projet que de taxer celui qui créérait un emploi?
question;;;;;;; auront nous en 2035 un porte avion a mettre dedans
Mais pour quoi faire un nouveau porte-avions ? Nous avons déjà le Charles-de-Gaulle (nom de code : « L’extrêmement prudent »). Certes, il ne sert pas à grand-chose actuellement, mais on en prend soin !
Et comme le dit notre chef des armées : « Pour être libre, il faut être craint, pour être craint, il faut être puissant ». Poil aux dents ;)
Et pour être puissant il faut être autonome, nous on est sous l’autorité de l’Europe et de certains habitants des citées.
Il y a 10-15 ans on parlait de deux porte-avions un peu moins ambitieux que le futur éloigné, ils auraient été en service actuellement. Que s’est-il passé ?