À l’occasion de l’université d’été des Jeunes Républicains à La Baule, Thomas Tihy, responsable national des Jeunes Républicains, salue le succès de mobilisation des jeunes militants LR et milite pour une ligne claire “libérale-conservatrice”. Il donne aussi son point de vue sur la candidature d’Erik Tegnér et précise qu’“il ne faut pas seulement se positionner en fonction d’Emmanuel Macron”.

Vous êtes présent à la Baule pour la rentrée des jeunes Républicains. Vous êtes vous même référent départemental des jeunes Républicains.
Comment se passe cette rentrée politique pour les jeunes de la droite ?

Elle se passe plutôt bien. Nous sommes à l’heure actuelle à plus de 600 entrées payantes avec entre 70-80 jeunes de différents départements. C’est une belle mobilisation. Nous ne savions pas à quoi nous attendre. L’an dernier, il y avait eu peu de monde. Les gens n’étaient pas très heureux. Les présidentielles venaient d’avoir lieu.
Cette année, les participants sont dans un nouvel état d’esprit. Ils sont de bonne humeur. Nous avons réussi à faire venir des gens que nous ne pensions pas voir. Plus de dix fédérations départementales sont représentées. Une grande partie du grand Ouest, mais cela s’étend jusqu’en Gironde, Dordogne et île-de-France.

L’année dernière c’était la défaite de François Fillon aux présidentielles. Nous sentons désormais que la droite est en train de se positionner en opposition vis-à-vis d’Emmanuel Macron avec les européennes à la fin de l’année.
Pensez-vous que la droite sera prête à entrer dans cette opposition et à être plus présente ?

Dans les évènements marquants de l’année dernière, il y a eu l’élection de Laurent Wauquiez. C’était une bonne chose d’avoir un chef après la défaite sans précédent que nous avons eue.
Nous avons besoin de revenir à un travail de fond sur le choix de notre ligne politique. Il ne faut pas seulement se positionner en fonction d’Emmanuel Macron. Si Macron prend une bonne décision, il faut savoir le dire.
La droite ne peut pas se réjouir des échecs du président de la République, car un échec du président c’est un échec de la France et un échec à l’égard des Français.
Il faut savoir montrer que l’on existe. Il faut savoir dire aussi que Macron, c’est aussi beaucoup de com’ et que ce n’est pas lui qui incarne la liberté, l’autorité comme parfois il essaie de le prétendre.
Je soutiens ce que dit Bruno Retailleau : « plus que des chefs, il faut surtout une ligne ».
Je pense qu’il faut totalement rester sur le projet de François Fillon, libéral conservateur, liberté-autorité, liberté-identité.

Est-ce que les Républicains doivent penser à s’ouvrir aux autres formations politiques ou au contraire, doivent-ils se reformer eux-mêmes ?

L’élection du président des jeunes et du bureau national des jeunes doit avoir lieu prochainement. Nous avons pour l’instant un seul candidat, Erik Tegnér, qui fait campagne sur l’idée d’une union des droites.
Je pense qu’il ne faut pas tout mélanger. La ligne politique du mouvement doit être prise par le président et le bureau politique. Elle ne doit pas être prise par les jeunes dans leur coin. Il ne faut pas transformer les élections. L’élection d’un président et de son équipe au niveau des jeunes Républicains est de trouver une équipe qui permettra de faire le boulot qu’on leur demande. Ce n’est pas de créer de petits politicards qui existent de leur côté et essaient d’exister en fonction des divisions qu’ils sont capables de créer.
Je suis pour une équipe de rassemblement qui fasse le boulot et qui affirme ses valeurs comme ont pu le faire Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau. Il n’est pas question d’avoir une équipe qui n’est pas capable d’assumer. J’estime que les jeunes à droite ont besoin d’une ligne claire. En revanche, pour ce qui est de s’ouvrir à d’autres formations, c’est une vraie ligne politique. Il faudrait d’abord que nous soyons au clair sur ce que nous sommes avant d’aller s’ouvrir. Quel est l’intérêt de s’ouvrir à un parti si nous ne savons même pas en quoi nous croyons et ce que nous défendons.
La ligne que je défends est la suivante : libéral-conservateur, liberté-autorité, liberté-identité, un régalien très fort et en même temps libérer l’économie, car nous n’en pouvons plus que l’État oppresse les entreprises et le travail.
Si nous faisons cela, il n’y a pas de questions d’union et d’aller voir ce qui se passe ailleurs. Les électeurs se fichent des mouvements politiques et des étiquettes. On l’avait bien vu avec François Fillon. Il n’était pas question de s’allier avec je ne sais quelle formation, car son projet était clair.
Le sujet est là. Et c’est là que nous sommes attendus.

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