Plus lourdement coupable que le péquenot « fumeur de clope qui roule en diesel », le paysan français est la nouvelle cible des activistes écologistes. Selon l'association CITEPA [Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique, NDLR], qui évalue l'impact des activités humaines sur le climat, l' française serait en effet responsable d'environ 19 % des émissions de à effet de serre. « Principales accusées : les productions de viande bovine et de lait », qui libèrent des bien plus puissants que le monoxyde de carbone du fait « des pets et des rots des ruminants, la décomposition de leurs excréments et l'usage d'engrais » (Futura). Un péché mortel qui, pour certains, justifie toutes les dégradations, les intrusions et les « agribashing ».

D'où cette idée qui a germé dans le cerveau d'un certain Valéry Schollaert, sans doute sous le coup de l'annonce angoissante du patron de l'ONU à la COP27 évoquant « ce grand suicide collectif » en cas d'inaction climatique : « Si on supprime l'élevage, on récupère assez d'espace pour laisser la nature reprendre ses droits et ainsi résorber le réchauffement climatique. »

On ne pensait pas le paysan français si nuisible à l'humanité. Pas toujours honni, faut-il le souligner, encensé même à l'époque du confinement par une population tenaillée par l'angoisse de manquer de nourriture. Mais appartenant à une espèce en voie de disparition puisqu'en trente ans, cette France-là a perdu plus de la moitié de ses exploitations agricoles, que 200 fermes sont rayées de la ruralité chaque semaine et qu'un agriculteur sur deux ignore s'il aura un successeur. Mais désormais martyr des temps modernes désigné souffre-douleur des écolos anxieux.

Qui utilisent la même rhétorique pour convaincre ces 39 % des de 16 à 25 ans hésitant à procréer au nom de la sauvegarde de leur planète (enquête publiée en 2021 par The Lancet). « Nous sommes officiellement 8 milliards d’humains sur Terre et la population va continuer à augmenter », titre le magazine Futura ; cette croissance de la population est bien « un des moteurs majeurs de la hausse des émissions de à effet de serre », prévient le GIEC. Des annonces apocalyptiques pour un futur en friche, une biodiversité en déséquilibre, un monde de vieillards et une prête à disparaître. Si bien décrit par Jean-Paul Pelras, journaliste et agriculteur (L'Agri, 8 novembre 2022) : « Imaginons une France sans paysans car, désabusés, ils auraient décidé de rendre une bonne fois pour toute la clé des champs [...]. Nous verrions alors de quoi sont capables ceux qui pour l'instant se posent en donneurs de leçons quand ils devront nourrir les populations, juguler les incendies et les inondations, contenir les prédateurs, les espèces invasives, surveiller les friches où le gibier va proliférer, où les trafics en tout genre er les décharges sauvages vont de développer. »

Plus grave : derrière ces postures idéologiques et faussement généreuses, c'est encore une fois la France qui se fracture ; « ce fossé énorme entre nous et les citadins », selon les mots de Cédric Viallemonteil, agriculteur « communiquant » dont la vidéo est devenue virale sur Twitter après le suicide, ce week-end, de l'un des siens et qui s'exprimait au micro de Sud Radio, ce mardi. « Ils ne se rendent pas compte de tous nos sacrifices pour les nourrir, toutes ces critiques de gens qui ne sont rien, on ne les supporte plus, la me dégoûte. » Inquiétant et désespéré coup de gueule de ceux qui ne comptent pas pour les militants écolos, révélateur d'une désormais totale déconnexion entre ces deux morceaux de pays qui ne se connaissent plus.

À cause d'une idéologie dont on commence à entrevoir la force. Mais qu'on peut mesurer à l'aune de l'Histoire. Il y a 90 ans, en Ukraine, une autre idéologie était à l'œuvre. Décidée à supprimer en l'affamant une paysannerie devenue inapte à servir un régime communiste. C'était l'Holodomor, nous étions en 1933, la terreur stalinienne battait son plein.

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8 novembre 2022

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51 commentaires

  1. Plutôt que d’envisager de supprimer les ELEVAGES, on devrait commencer par supprimer les ECOLOS puisque inutiles et coûteux pour un pays aussi ENDETTE que le notre.

  2. Où pourrait-on déporter ces talibans écologistes. En Afghanistan ! Le climat y est rude et la nourriture s’y mérite par un travail physique. Je propose: un Afghan reçu en France contre deux écologistes envoyés chez les vrais talibans pour rééducation agronomique et plus si affinité

  3. Et les hommes sont sûrement aussi polluants sinon plus que nos honorables mammifères si l’on continue sur la base de cette argumentation absurde ! Surtout si l’on calcule le nombre d’humains sur Terre…Quelle c……..ie ! Qu’ils laissent les paysans tranquilles : on a besoin d’eux , ce n’est pas la viande synthétique (quelle horreur) qui va nous nourrir correctement !

  4. L’écologie est aussi, objectivement dans certaines de ses formes, du terrorisme, quoique du terrorisme soft puisque projeté dans le temps. C’est une idée fallacieuse et spécieuse que de prétendre qu’en supprimant l’élevage la nature reprendrait ses droits, comme si on pouvait refaire le chemin à l’envers !
    Il n’en reste pas moins qu’une certaine éthique appliquée à l’élevage ne me parait pas une hérésie, le minimum qu’on puisse demander c’est que des animaux qui auront le « privilège » de finir dans nos assiettes soient bien traités durant leur courte vie.

  5. La majorité des troupes écologistes est composé de militants, dont beaucoup sont hyperactifs, mais qui n’ont pour toute base de réflexion personnelle élargie et cohérente que la répétition et l’exécution des mots d’ordre lancés par la doxa mondialiste !
    Cela se nomme « psittacisme » et cela fonctionne merveilleusement bien en dépit du nombre et de la qualité des diplômes de toutes natures accumulés par certains écologistes et non des moindres
    Or, paradoxalement, la doxa mondialiste qui pilote de loin les mouvements écologistes pilote dans le même temps le gros des troupes du capitalisme financiarisé ; c’est-à-dire ceux-là mêmes qui ne se soucient de la pollution que dans la stricte mesure de sa rentabilité et qui en encaissent les profits !

  6. C’est curieux de ne plus vouloir faire d’enfants, et en même temps de ne surtout pas vouloir empêcher la population africaine de proliférer.

  7. Les progressistes sont achetés par l’industrie agro-alimentaire qui ne rêve que du modèle allemand d’usines à cochons remplies d’ouvriers immigrés , main d’œuvre pas chère et corvéable à merci.

  8. Reprenons la réplique culte de Jean Gabin : »quand on mettra tous les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner ».
    Actuellement, c’est ainsi que nos fameux prétendus « verts » doivent recevoir le sentiment d’une majorité de français.

  9. Soutien total à nos agriculteurs.
    Si nous devions compter sur ces bobos-écolos- pastèques pour ne serait- ce que survivre, nous serions très mal. Quant à l’explosion de la population sur Terre qu’ils aillent le dire aux populations des autres continents.

  10. C »est sous le faux nez de l’écologie que les néo communistes cherchent une nouvelle fois à éradiquer la paysannerie. Comme le nombre de paysans a beaucoup diminué, ils ont une bonne chance d’y parvenir dans une « douceur » relative.
    Après le bon peuple consacrera la totalité de ses ressources à une alimentation devenue hors de prix.

  11. Bien de rappeler l’Holodomor ! Preuve qu’on est dans un régime socialo-communiste dictatorial.

  12. Ce ne sont pas des paysans, mais des agriculteurs. Leur sort est géré, depuis longtemps, par un plan qui promeut leur disparition. La politique européenne ne fait qu’accélérer les choses. Elle les a mis sous dépendance de subventions qui peuvent disparaître du jour au lendemain. Les écologistes ne sont que des instruments dans une vaste manipulation mondiale. Exemple, le blé ukrainien appartient majoritairement à des sociétés américaines, et les entrepôts de nourritures sont détruits par des incendies un peu partout. En France, plus de 100 cette année ! Quand aux émanations gazeuses des bovins, laissez moi rire. Et si on parlait de celles qui ont eu lieu à cette mascarade appelée COP et à toutes ces conventions d’écologistes ? N’est pas par eux qu’il faudrait commencer ?

  13. Et que comptent-ils faire des animaux actuels ils les empêcheront de se reproduire !

  14. Ce sont les écolos qu’il faut supprimer ;ce sont des nuisibles…
    Supprimer l’élevage ;comment peut on émettre de telles imbécilites.

  15. C’est exactement la politique des dit « écolos » vu qu’ils en n’ont d’écolos que le pseudo !
    Avec ces gens-là nous devons polluer chez les autres pour se donner bonne figure, voir l’exemple des voitures électriques, des éoliennes, des panneaux solaire, etc..
    Mais ce monsieur vit il comme il nous le demande ? J’en doute fortement !

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