Suppression définitive des ZFE : l’écologie punitive en PLS

S'il doit encore passer le cap du Conseil constitutionnel, le vote du 14 avril contre les ZFE est déjà historique.
@Sebleouf-Wikimedia commons
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Le 14 avril 2026 restera comme le jour de la suppression définitive des zones à faibles émissions (ZFE). Intégrées au texte du projet de loi de simplification de la vie économique, elles avaient déjà été supprimées il y a plusieurs mois, mais à l’initiative du Premier ministre Sébastien Lecornu, un amendement avait été réintroduit dans le texte pour permettre son maintien dans les communes qui le souhaiteraient.

Mobilisation massive à droite

C’est cet amendement qui a été rejeté par 192 voix, contre 149 et 19 abstentions. Le détail du vote est instructif : la droite s’est massivement mobilisée afin d’obtenir ce rejet, et cela a payé. Les 105 députés RN présents (sur 121) ont voté contre, ainsi que les 12 élus UDR (sur 17). 31 députés Droite républicaine (LR) sur 48 s’étaient déplacés, et 28 ont voté contre, 3 d’entre eux s’abstenant. Quelques voix de gauche (16 LFI Front populaire et 17 écologistes) se sont ajoutées à celles de droite et, plus étonnant, de nombreux députés du bloc central ont eux aussi rejeté le texte gouvernemental ou se sont abstenus.

Instigateur et grand animateur de la fronde anti-ZFE à l’Assemblée nationale, le député RN du Gard Pierre Meurin a œuvré jusqu’au dernier moment pour assurer le rejet de l’amendement. « Nous avons pu mobiliser le groupe RN pour faire quasiment le plein des voix, et les UDR nous ont soutenus », a-t-il confirmé à BV, « et nous avons aussi fait savoir qu’en cas d’adoption de l’amendement, nous voterions contre le texte de loi global ». Le message est bien passé chez les parlementaires LR, qui tenaient en effet à ce que ce dernier soit adopté. Comme il l’a précisé à BV, l’écrivain et animateur des Gueux, Alexandre Jardin, a mis lui aussi la main à la pâte. « Il y avait une tentative du gouvernement de retourner un certain nombre de parlementaires LR, afin qu’ils votent l’amendement », nous a-t-il indiqué. « Avec Anne-Laure Blin [députée LR de Maine-et-Loire, NDLR], nous avons donc rédigé une tribune, et elle a battu le rappel afin qu’une centaine de parlementaires républicains acceptent de la cosigner. » La tribune en question est parue dans Le Figaro le matin du 14 avril, juste avant le vote.

Le bloc central en panique

Le scrutin a aussi été marqué par une dispersion inattendue des voix au sein d’un bloc central visiblement perturbé et démobilisé. Au sein du groupe Ensemble pour la République (macronistes), 52 députés ont certes voté pour l’amendement, mais 2 ont tout de même voté contre, 3 se sont abstenus et l’un d’entre eux n’a pas pris part au vote. Chez Horizons (Édouard Philippe), on a comptabilisé 16 voix pour, mais 5 contre, ainsi qu’une abstention et un non-vote. Côté Démocrates, 4 élus se sont aussi abstenus. « Les macronistes se sont éparpillés façon puzzle », constate Pierre Meurin. « On les a enfermés dans une nasse, un piège dont ils n'ont pas réussi à se sortir. Une grande satisfaction. »

Au-delà des péripéties parlementaires, « cette victoire est le résultat d’une immense campagne qui a été lancée il y a plus d'un an, qui a très largement fédéré et convaincu », confie Alexandre Jardin. « Tous ensemble, nous avons rassemblé 8 Français sur 10 », poursuit-il, « et la grande leçon, c'est que le peuple peut gagner. C'est cela qui s'est passé hier. »

Les Français hostiles aux ZFE

Il faut en effet rappeler que la suppression des ZFE bénéficie d’un soutien populaire massif. En juin 2025, Le Figaro avait publié un sondage Odoxa-Backbone qui révélait que 64 % des Français interrogés approuvaient la suppression des ZFE. Une majorité (52 %) ne croyait pas aux bienfaits des ZFE sur la qualité de l’air. Par ailleurs, 70 % des répondants trouvaient le système des ZFE « injuste pour les foyers les moins aisés, incités à remplacer leurs voitures trop anciennes ». Un point de vue auquel adhéraient même 77 % des sympathisants Renaissance, estimant qu’il accentue les inégalités ! Dans ce même sondage, 59 % des personnes interrogées disaient aussi craindre « un mouvement de colère des automobilistes, similaire à celui des gilets jaunes ».

La loi de simplification de la vie économique, qui comprend le volet ZFE, est un vaste fourre-tout où l’on retrouve des mesures très diverses supposées simplifier la vie des entreprises. Le texte global a finalement été adopté de justesse par les députés, par 275 voix contre 225. Le 15 avril, le projet de loi a, depuis, été adopté par le Sénat, par 224 voix contre 100, un vote qui a été, sans surprise, une formalité.

Possible censure du Conseil constitutionnel

Cela pourrait ne pas être le cas pour le passage du texte devant le Conseil constitutionnel. « Il y a quelques macronistes [notamment l'ancien ministre Agnès Pannier-Runacher, NDLR] qui disent que ce n'est pas acté, que le Conseil constitutionnel pourrait censurer la suppression des ZFE », indique Pierre Meurin, qui envisage de « faire un mémoire en défense de cette disposition ». En l’attente, constate-t-il, « c'est la première fois depuis quatre ans qu'un combat du RN va au bout de la navette parlementaire ». Alexandre Jardin, lui aussi, nous confie tenir compte d’une possible censure à l’initiative des macronistes et de leurs alliés. « S'il leur passait par la tête d'utiliser le Conseil constitutionnel, dont trois membres, anciens parlementaires, ont été directement impliqués dans le vote des ZFE, et sont donc juges et partie », explique-t-il, « ils devraient être tous bien conscients qu'ils affrontaient alors la nation, qui se mobilisera avec un outil référendaire. » Une initiative inédite dont l’animateur des Gueux dévoilera les contours dans les prochains jours.

En attendant, ce vote du 14 avril confirmant la suppression des ZFE restera dans l’Histoire comme le premier et puissant coup de boutoir porté à l’écologie punitive.

Vos commentaires

112 commentaires

  1. La liberté de circulation deviens problématique dans notre territoire, une grosse berline électrique peut circuler sans soucis partout (sauf dans certaines citées) mais le Français d’en bas avec son diesel d’occase c’est un autre problème. Beaucoup d’interdictions.
    Çà ne se fera pas alors Bruxelles vas ponctionner la poche des petit gens il semble plusieurs milliards, pour Bruxelles çà compte pas si petite somme mais pour nous ça s’ajoute d’années en années alors une seul solution, le Frexit incontournable.

  2. Décidément , la macronie déteste les Français, et surtout les plus faibles. Il y en a assez de cette écologie punitive. A force de nous dire ce qu’on a le droit de faire, les Français vont se rebeller et faire le contraire de leurs diktats.

  3. Comme on a désobéi, madame Van Der Layen va se fâcher et nous punir d’une amende de je ne sais combien de milliards d’euros ,nous qui sommes si riches .Combien de temps va-t-on accepter les menaces de pan-pan-cul-cul.?

  4. la suppression des ZFE n’est point définitivement actée , d’autant plus que si actée la France se verrait appliquer par l’UE une amende trés conséquente (de l’ordre de 2 Mds d’euros ou plus ) …. mais les tas de drouah a sous le coude son arme fatale, le Conscons , qui pourrait invalider l’amendement portant la suppression des ZFE .

    • Moi je préférerais envoyer promener Bruxelles et ses diktats..apres 2 ou 3 milliards qu’on retirerait aux subventions de l’eolien( 8 milliards) a l’afd ( 9 milliard) ou l’ame( 4 milliards ) ca m’irait bien aussi …

  5. Le conseil constitutionnel constitué de gaucho-macroneux (pléonasme) à la botte de celui qui les a nommés va retoquer ce vote. Depuis l’arrivée de Mitterrand en mai 81 ce pays est dirigé par des fanatiques et des idéologues. La France n’est plus une démocratie. Elle continue d’en garder les APPARENCES mais depuis les lois Pleven, Gayssot et Taubira qui sanctionnent la libre expression au nom d’un « bien » fantasmé, elle a cessé de l’être depuis longtemps.

  6. Malheureusement il faut s’attendre a ce que la clique macroniste ait deja donne ordre a Ferrand de censurer ..au mépris de l’avis de la majorité des français..les macronistes jamais ne se trompent,jamais ne s’excusent,ils ne sont que mépris, mediocrite,et suffisance…

    • voilà pourquoi aucune voix ne doit aller aux macronistes comme pour les municipales dont le courage leur a manqué et surtout pour être élu alors ils utilisent le « SANS ETIQUETTE » nous en avons eu un aperçu aux municipales ?

  7. Une ZFE doit en effet réduire marginalement la pollution des lieux, mais dans des proportions ridicules au regard des contraintes catastrophiques imposées aux habitants qui n’ont pas les moyens d’acheter des voitures neuves. Voilà un exemple de plus de l’impérialisme de l’écologie dogmatique et simpliste. Que le gouvernement ait tenté de sauver un amendement absurde en dit long sur ses motivations, qui n’ont rien à voir avec un peu de sollicitude à l’égard des Français.

    • Surtout que le calcul de la pollution pour les ZFE (Zone a forte Exclusion) , ne tient pas compte des progrès qui on été fait sur l’ensemble les véhicules et qu’il ni y a pas que les véhicules qui pollue , sans prendre en compte la géographie du terrain ou sont construite les villes , généralement dans des cuvettes a proximité des cours d’eau , de ce faite la pollution stagne , ni des constructions notamment des ensembles de HLM et immeubles de bureaux grandes hauteur qui en perturbant l’aerologie naturel empêche la dispersion des polluants.

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