Dette et déficit : chute de chiffres qui font mal

Toute la question est là et sera là en 2027, plus que jamais : la France est-elle capable d’efforts ?
Capture d'écran KTO
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L’exercice budgétaire 2026 n’a pas accompli le milieu de sa course qu’on réfléchit, travaille et communique déjà sur le prochain. La semaine dernière, François Hollande, dans un souci d’anticipation remarquable, a même proposé que le vote du budget 2027 aille vite et passe par un 49.3 afin d’assurer au pays la stabilité avant les élections. L'homme nous étonnera toujours. Mais au point où nous en sommes, pourquoi pas ! Pour ce qui est de l’exercice 2026, comme nous l’a expliqué Jean-Richard Sulzer il y a deux jours, le gouvernement envisage d’annuler six milliards de crédits afin de compenser le surcoût de dépenses induit par la guerre au Moyen-Orient. La terrible impression que l’on écope un bateau qui coule.

Covid-19 et guerre en Ukraine ont bon dos

Un bateau dont la barre est tenue, depuis neuf ans maintenant, par Emmanuel Macron. Charles-Henri Gallois, conseiller économique de Jordan Bardella, vient de le rappeler cruellement en publiant une petite compilation personnelle des statistiques d’Eurostat, le très officiel organisme de la statistique de la Commission européenne, sur l’évolution du ratio dette publique/produit intérieur brut (PIB) entre 2017 et 2025. Rappelons, au cas où, que l'année 2017 fut marquée par le début d’une marche héroïque vers une nouvelle terre promise où coulerait le miel et le lait. Donc, histoire de redescendre sur Terre, entre 2017 et 2025, l’ensemble des pays de l’Union européenne, nous dit Gallois, ont réduit leur ratio dette publique sur PIB de 2,4 points. Le Portugal est en tête du tableau, en réduisant ce ratio de 42,9 points. La France, elle, est tout en bas du tableau : elle a aggravé ce ratio de 15 points. On vous laisse découvrir par vous-mêmes les performances ou contre-performances de nos partenaires européens. La faute au Covid-19 puis à la guerre en Ukraine, me direz-vous ? Mais comme le souligne Charles-Henri Gallois, il semblerait qu’à la différence du nuage de Tchernobyl, ces fléaux et leur cortège de conséquences néfastes n'ont pas frappé que la malheureuse France.

 

La France en tête des pays les plus endettés

Notre attention ayant été retenue par ce tweet, nous avons vérifié les éléments sur le site Eurostat. Malheureusement, pas de quoi nous remonter le moral ! Visiblement, la France de Macron et, donc, de Philippe, Attal, pour ne citer que ces deux-là qui, précisément, ont leur petite idée pour diriger la France en 2027, ne brille pas spécialement par rapport, notamment, aux pays avec qui elle peut se comparer. Ainsi, à la fin du troisième trimestre 2025, la France était dans le « peloton de tête » en ce qui concerne l’augmentation de son ratio dette/PIB : +1,8 point. Juste derrière la Bulgarie (+2,1 points) et le Luxembourg (+2,6 points). Mais, bon, le Luxembourg a de la marge : le ratio dette publique/PIB n’était que de 27,9 %, à la fin du troisième trimestre 2025, quand celui de la France « caracole » à 117,7 %, derrière la Grèce (149,7 %) et l’Italie (137,8 %), et loin devant l’ensemble des pays de la zone euro, qui sont à 88,5 % en moyenne. L’Italie, justement, parlons-en. Au cours du troisième trimestre 2025, nos amis transalpins ont vu leur ratio dette/PIB baisser de 0,5 point, quand le nôtre – pardon d’insister – augmentait de 1,8 point.

Déficit public : s'accroît en France, diminue en Italie

Chacun sait, bien sûr, que l’on fait dire ce que l’on veut aux chiffres. Quoique. Alors, prenons un autre tableau afin de voir s’il n’y a pas matière à se consoler. Eurostat constate que « le ratio déficit par rapport au PIB de l’État de l’UE est resté inchangé à -3,1 % en 2025 et, dans la zone euro, est passé de -3 % en 2024 à -2,9 % en 2025 ». Bref, globalement, dans l'ensemble de l'Union, le déficit est resté stable durant cette période. Mais, dans le même temps, l’agence européenne souligne que « les plus grands déficits ont été enregistrés en Roumanie (-7,9 %), en Pologne (-7,3 %), en Belgique (-5,2 %) et en France (-5,1 %) ». Certes, l’Allemagne, entre 2022 et 2025, a vu son déficit s’accroître significativement, passant de 1,9 à 2,7 %, mais celui de la France est passé de 4,7 à 5,1 % quand celui de l’Italie, le soi-disant mauvais élève de l’UE depuis des décennies, est passé de 8,1 à 3,1 %. Un effort colossal. Toute la question est là et sera là, plus que jamais, en 2027 : la France est-elle capable d’efforts ?

PIB/habitant : la France en dessous de la moyenne

Allez, un dernier tableau, pour la route : le produit intérieur brut (PIB) par habitant (en 2024). Un indice qui est censé refléter le niveau d'activité économique, l'indice de référence (100) étant celui de l'Union européenne. Passons les cas extrêmes du Luxembourg (244,6) ou de la Bulgarie (65,9) pour souligner que l'Allemagne est à 116,1 quand la France est, désormais, en dessous de la moyenne européenne (98,2) et talonnée par l'Italie (97,7) et l'Espagne (91,2). « Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console », aurait dit Talleyrand. Ce ne serait pas plutôt le contraire ?

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

68 commentaires

  1. Le prochain président va devoir promettre des larmes et du sang pour rembourser la dette colossale de leur pays. Les électeurs de ces derniers présidents doivent s’en mordre les doigts, ils les ont voulus, ils les ont.

  2. Précision CAPITALE sur le PIB/Habitant. Faudrait il encore voir les 2 PIB : Le PIB « marchand » et le PIB « non marchand » (au coût des facteurs) la part du marchand dans le total est structurellement inférieure de 5 points par rapport à la moyenne européenne (cf études IFRAP) Or c’est le PIB marchand qui, si je caricature un peu, est le vrai PIB, la somme de valeurs ajoutées des agents économiques qui produisent des biens et des services payés par des consommateurs au prix du marché, quand l’autre composante du PIB total n’est qu’une somme de coûts, par exemple ceux de l’Etat, largement financés par de la dette ….

  3. La clef de voute du redressement du Pays c’est le TRAVAIL. Pas de sécurité et pas de pouvoir d’achat sans travail. Rien ne pourra se faire sans remise de TOUT le Pays au Travail. Dès l’école. Travail productif, travail à haute valeur ajoutée. Le travail c’est pas l’ubérisation, c’est pas les « emplois voie de garage » ou carrément improductifs dans des administrations ou des associations subventionnées. On rappelle ici que la dépense publique française serait inférieure de 220 milliards d’euros annuellement si nous dépensions à proportion de ce que fait l’Allemagne !
    Alors il faudra créer les conditions du travail productif : dégraissage des normes, dégraissage de la bureaucratie et du mammouth administratif (au bas mot 150 000 fonctionnaires), passage de la fiscalité, des dépenses publiques et des charges sociales à la paille de fer, incitation à l’investissement, formation.
    En amont de tout cela : une petite révolution des mentalités formatées par 40 ans de socialisme : arrêter l’assistanat ; arrêter l’immigration ; rétablir la sécurité ; recentrer l’école sur l’acquisition des savoirs et des savoirs faire ; remettre l’Université « à sa place » ; rétablir la sélection des étudiants et récompenser le mérite.
    Un quinquennat pour ramener la dette sous les 50% du PIB, résorber le chômage réel, rétablir la sécurité et redonner aux Français la fierté de l’être dans un Pays beau, sûr et confiant dans l’avenir de ses enfants.

    • Bardella est il capable de FAIRE pour la France ce que Millei fait pour l’Argentine ? Le veut il ? Y pense t il seulement ?

  4. Depuis la félonie de Maastrich et la création de la « citoyenneté européenne » en 1992, la France est devenue une région de l’Europe des Monnet-Delors au service de la finance libre et non faussée. (CF Giscard) .
    Les commissaires européens, non élus et agissant pour leurs donneurs d’ordres, ont décidé que la province France devait devenir le paradis des notables friqués du monde.
    Du tourisme, du « loisir » , du luxe à gogo pour les milliardaires étrangers! Inutile de conserver nos fleurons industriels. Chômage massif pour le petit peuple de France. Les plus disponibles se mettront au service de ces touristes venus consommer en France ce que les Français ne peuvent plus s’offrir.
    Si les ruraux ont compris la manœuvre et commencent à regimber, les urbains plus nombreux imaginent qu’il est de leur intérêt de se soumettre à la mondialisation asservissante.
    Cela risque de durer! La preuve par Macron bis et bientôt Philippe-Retailleau ter!

  5. La vraie question demeure : a quoi sert ce deficit ? Finance-t-il des investissements productifs et des infrastructures necessaires ou sert il a rembourser les interets de la dette et les retraites de nos tres chers fonctionnaires ? Malheureusement a 80 % c’est dans la derniere solution que se trouve la reponse.

    • Vous savez que certains fonctionnaires méritent leurs salaires et leur retraites alors que certains salariés du privé ne foutent rien? Je vous concède que ce n’est pas le cas de la majorité cependant, mais un bouc émissaire n’est jamais la cause d’un mal, car il faudra toujours des fonctionnaires.
      Que ceux qui veulent baisser nos retraites baissent d’abord leurs énormes salaires!
      D’une manière générale, les retraités(fonctionnaires ou pas) ont en majorité des retraites modestes et ne sont pas la cause de la faillite des équipes indigentes et successives de Macron, qui ont grand tort de nous considérer comme une variable d’ajustement.
      La fraude sociale, l’immigration démagogique et sauvage, et la faillite de dirigeants qui n’ont jamais ni travaillé ni conduit un diesel ni conduit tout court et qui continuent à voler des salaires bien après l’age de la retraite, le narcotrafic, les dépenses inutiles, me semblent bien plus adaptées aux causes fondamentales du déficit.

      • Pour un fonctionnaire qui mérite son salaire, il y en a trois qui ne le méritent pas. Un plafonnement des retraites à moins de 10 K/E par mois pour les nantis et les cumulards de la politique serait sain, ne plus prendre en compte les enfants dans le calcul de la retraite, en finir avec les retraites des militaires après 17 ans de service, ils doivent la toucher comme les autres. etc…

  6. Pas de doute, on est dirigé par des incompétents avec un chef de file dit Mozart de la finance, sauf que ce dernier est passé à la postérité en musique est le second est voué à l’oubli en finances et en plus il n’en a visiblement rien à faire.

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