Sondages : Macron bat son record d’impopularité des gilets jaunes !

Avant les 8 et 10 septembre, de quoi renforcer ceux qui demandent sa démission : 64 % des Français y sont favorables !
Capture écran Elysée
Capture écran Elysée

« Jusqu'où ne descendrons-nous pas ? », se demandait Georges Michel, ici même, devant l'éventualité qu'Emmanuel Macron nomme un socialiste à Matignon, s'engageant ainsi dans un nouveau déni démocratique. Mais cet abaissement, qui vient après ceux de la dissolution, des manœuvres pour empêcher le RN d'accéder au pouvoir, des échecs Barnier et Bayrou, s'inscrit dans un nouveau contexte pour le président de la République : celui d'une impopularité record. La question est donc aussi : « Jusqu'où ne descendra-t-il pas ? »

Des sondages unanimes aux chiffres implacables : Macron, Monsieur 15 % !

En effet, les sondages mensuels qui paraissent indiquent une chute de la cote de Macron qui l'enfonce dans une impopularité record, précisément celle qu'il avait tutoyée lors de la crise des gilets jaunes, en 2018. Selon le baromètre du Figaro Magazine, Macron atteint seulement 15 % d'opinions favorables. Avec cette chute de six points en un mois, il est désormais plus impopulaire que lors de la crise des gilets jaunes ! Même son de cloche dans Les Échos, où le sondage Elabe, s'il place l'étiage à 17 %, indique aussi une impopularité record pour Macron. Cette chute de dix points durant ces derniers mois s'explique par le dévissage du Président au sein même de son électorat : cette chute est de... 28 points chez ses électeurs du premier tour ! Même record chez ceux du second tour, indique aussi ce sondage. Sur le plan sociologique, Macron décroche lourdement chez les cadres (-20 points !).

Macron entraîne toute la Macronie dans sa chute, y compris Édouard Philippe !

Or, cette impopularité record, si elle a évidemment une dimension personnelle quand il s'agit de la personne du président de la République, revêt aussi un aspect politique : avec sa chute, Emmanuel Macron entraîne aussi toute la Macronie. Y compris ceux qui ont pris certaines distances, tentant de faire entendre une autre petite musique. Ainsi, la même enquête des Échos indique que Philippe, Attal et Darmanin sont devenus des « victimes collatérales de l'impopularité de Macron » ! Édouard Philippe, qui faisait la course en tête depuis des mois, chute de 3 points ce mois-ci, à 34 %, sur la troisième place du podium. Derrière Marine Le Pen et Jordan Bardella ! Quant à Gabriel Attal, le nouveau chef du parti Renaissance, il baisse de 2 points, à 31 %. Même Gérald Darmanin, qui faisait sa rentrée politique la semaine dernière dans son fief de Tourcoing, perd 3 points. Toute la Macronie est affaiblie. On comprend dès lors qu'elle soit rétive à l'idée d'élections anticipées, législatives ou présidentielle. De premiers sondages la donnaient d'ailleurs laminée en cas de dissolution, avec un RN fort.

Le 8 septembre : retour au peuple ou nouveau déni démocratique ?

Cette impopularité record affaiblit considérablement le Président, bien davantage qu'au moment de la crise des gilets jaunes. Le contexte est en effet radicalement différent pour lui : sa chute d'alors intervenait en début de mandat et pendant une crise sociale inédite ; cette fois, il approche du terme et il touche le fond avant même le mouvement du 10 septembre. De plus, il ne dispose plus de tous les leviers qu'il avait encore : une majorité solide à l'Assemblée, un Premier ministre moins abîmé. Enfin, il a enchaîné les « coups démocratiques » par lesquels nous commencions et qui ne sont pas pour rien dans sa chute. Toute la question est donc de savoir s'il pense pouvoir en ajouter un (un gouvernement avec les socialistes...). Un de plus ? Un de trop ? Si les partisans de la démission d'Emmanuel Macron, à droite, se comptent pour le moment sur les doigts d'une main, dès le 8 septembre, ils devraient être plus nombreux et plus audibles. Ils auront d'ailleurs la caution de certains constitutionnalistes, comme Alexandre Viala, professeur agrégé de droit public à l'université de Montpellier III qui, faisant dans Le Monde la genèse du tripartisme voulu par Macron, en tire toutes les conséquences politiques et institutionnelles : « Si le résultat probable du vote du 8 septembre se confirme à l’Assemblée nationale, le débat autour de l’éventuelle démission d’Emmanuel Macron, que chacun y soit ou non favorable, sera de plus en plus difficile à éluder, dès lors que la paralysie actuelle a pris racine dès sa première élection à la présidence de la République. » Des constitutionnalistes y pensent et les Français sont désormais majoritaires à réclamer la démission de Macron (plus qu'une nouvelle dissolution) : selon un sondage YouGov publié par Le Huffpost samedi, 58 % des Français estiment que le Président devra partir si le gouvernement de François Bayrou chute. Dans le sondage du Figaro, c'est 64 %. Les Français se détournent d'Emmanuel Macron mais (fait nouveau) souhaitent aussi que lui-même tourne la page...

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

126 commentaires

  1. La démission choisie : ce serait le seul vrai acte respectable de ce personnage qui sévit depuis trop longtemps.
    Et avec lui, sa caste, tous dans le même sac d’infâmie.

  2. ces « détails » chiffrés n’intéressent pas ce saint glais… déjà pour les résultats électoraux, il s’en cogne, alors pour des « sondages »…

  3. C’est très agaçant de lire ces critiques sur un homme élu démocratiquement deux fois. Macron est un Socisliste qui a succédé au Socialiste Hollande. Hollande dès son arrivée au pouvoir a détruit le peu de réformes que Sarkozy avait entamées ; et pris Macron comme ministre du budget. De quoi se plaignent les Français ? Ils les ont leurs 35 h, la retraite à 60 ans. Ils ont eu toutes les réformes sociétales possibles, bientôt la GPA et l’euthanasie pour toutezetous. Ils ont une immigration qui fait les sales boulots, je rappelle l’exclamation d’Alain Minc :  » Arrêter l’immigration ? Vous n’y pensez pas ! Qui viderait nos poubelles ? ». Sic.
    Vous avez voté pour cette politique et maintenant que vous constatez le désastre vous rouspétez : mais ce fut votre choix !
    Allez, « dansez maintenant » comme se moquait la fourmi de La Fontaine.

    • En démocratie, vous semblez l’oublier, le seul Souverain c’est le Peuple. Si on le dupe, il a le pouvoir incontestable, et même le devoir, de reprendre la barre du pays.

    • Je pense sincèrement que très peu de ceux qui lisent BV ont voté pour Macron ou pour Hollande auparavant . Alors même si vos réflexions sont justes et justifiées, elles ne s’adressent pas au bon public .

  4. « J’me voyais déjà en haut de l’affiche »…Par compromissions multiples notre homme de théâtre y est arrivé. Hélas, le public voit bien que le talent lui fait défaut…

  5. Les chiffres sont étonnants, 40% ne veulent pas sa démission, et 15% lui sont favorables. Cela fait quand même 40% qui souhaitent le garder, reste à savoir si dans ce nombre les 15% de favorables sont inclus. Si ces 15% viennent s’ajouter aux 40%, nous arrivons vite à plus de 50%. Ce qui serait très inquiétant, car ce serait la démonstration que les Français n’ont encore rien compris.

    • Mauvaise interprétation !
      On peut ne pas rêver de voir tomber Macron faute d’un après crédible en l’absence de tout politique crédible pour lui faire suite…

  6. 15 % affichés ?
    Alors il doit être à 4% , mais il est toujours là et le restera jusqu’en 2027
    Et l’opposition continuera de le suivre comme depuis le début
    Il y a au dessus de ce petit monde l’Union européenne qui donne les ordres venus de lobbies puissants qui arrosent généreusement
    Toujours l’histoire de la gamelle, gamelle qui va devenir misérable pour les peuples si nous continuons ainsi

  7. « …. Gabriel Attal……, à 31 %. » C’est bien la preuve que les Français n’ont pas compris. 31%, c’est énorme pour un Macron bis.

  8. Imagez un seul instant macron en « gestionnaire » d’un zoo ! …
    Plus rigolo, en gestionnaire d’un désert : en 6 mois, il voudra faire pousser les mêmes choses que dans la forêt Amazonienne ! …
    L’auto proclamé « premier de cordée » a l’infamie de la corde qui dit à son pendu: « JE suis ton seul soutien … »

  9. En bon énarque qui se respecte, très imbu de sa petite personne et de ses diplomes, il avait monté SON petit scenario : soutenu par des journaux vendus à la finance internationale, il bradait la France à l’Europe, lui retirant toute indépendance. Il finissait brillamment son deuxieme quinquennat auréolé de gloire, candidat tout naturel à la succession de Van der Leyen et il se voyait déjà, à cinquante ans, président de l’Europe, parlant d’égal à égal aux présidents Americain, Russe, Chinois, décidant, tel Jupiter, qui sont les bons et qui sont les mauvais (les Ukrainiens et le HAMAS pour les uns, la Russie et Israel, pour les autres)… il a simplement oublié dans sa mégalomanie qu’on ne prend pas 60 millions de Francais pour quantité négligeable et aurait dû se rappeler que la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf, fini par éclater…

  10. IL a été « élu ! » avec une majorité d’une minorité ! les Français sont chaque jour bafoués par cet individu, qui ,sans vergogne, s’est attribué le rôle du ….chef ! Lamentable. La France est devenue une république bananière.

  11. Que l’histrion de l’Elysée soit encore à 15 % laisse pour le moins perplexe tant il est exécré, mais que les Philippe, Attal et Darmanin performent aux niveaux indiqués, alors qu’ils ont fait la preuve de leur médiocrité, amène à douter de l’intelligence des français et augure mal de l’avenir.

  12. On se demande qui est encore avec lui et comment il est possible qu’il puisse draguer 15% des votes…Mais quand on dit dans les livres que César « entreprit la conquête de la Gaule », il n’était pas seul ! Et quand Adolf attaque l’URSS comme Macron veut aussi s’y lancer, il avait avec lui des millions de soldats embrigadés et motivés à détruire, tuer, saccager, bruler, déporter…Des Européens, allemands, roumains, italiens, hongrois, des gens qui vivaient dans une civilisation bi-millénaire ! Comment c’est possible est encore la question qui nous hante quand on y pense…Et donc, il y a encore des gens qui suivent ce macron, c’est hallucinant mais c’est factuel, surtout actuellement, il n’est plus possible d’organiser un repas familial sans avoir des absents, des moi-pas- ci, moi-pas-çà, moi-sera-en retard, sans compter celui qui ne vient pas, sans prévenir. Et si vous organisez une réunion sociale, syndicale ou politique, il y a toujours des gens qui ne sont pas d’accord. Donc il faut s’y faire, des macronistes, il y en aura de toute façon.

  13. Ceux qui ont voté au second tour auront de la peine à prouver qu’ils n’ont pas voté Macron.M’étant abstenu à ce second tour,vu l’offre électorale restante insatisfaisante à mes yeux,je suis à l’aise.Je peux exhiber ma carte électorale non oblitérée à la date considérée.

    • Vous avez raison… C’est plus prudent ! Quand on ne fait rien, on ne peut pas etre accusé d’avoir mal fait et on peut plus facilement en accuser les autres…

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