Un mois après le remaniement, les sondeurs ont dû réaligner leurs petits chevaux – et quelques juments, aussi – sur la ligne de départ. De nouvelles têtes dont il s’agit de mesurer la popularité toute fraîche : Dupond-Moretti, Bachelot et, bien sûr, le nouveau Premier ministre . Dans ce style de configurations, il y a toujours un effet « tout nouveau tout beau ».

Curieusement, Jean Castex, un parfait inconnu avant que son poste de M. Déconfinement ne le déconfine de son territoire pradois, ne produit pas un grand effet sur les Français : pour sa première participation au baromètre YouGov pour Le HuffPost, le nouveau Premier ministre Jean Castex enregistre 31 %. Quasiment le niveau d’, qui ne gagne qu’un point (à 30 %). L’effet remaniement semble avoir été très limité, sans doute neutralisé par les inquiétudes sur la seconde vague, la crise économique et les attaques au couteau qui deviennent quasi quotidiennes.

Surtout – et c’est plus inquiétant pour le couple exécutif -, celui qui caracole en tête des sondages, c’est… l’ancien Premier ministre ! Selon un sondage Elabe publié par Les Échos, il est devenu LA personnalité politique des Français : il est passé de 43 %, il y a un mois, à sa sortie de Matignon, à 57 %, aujourd’hui. Remerciements pour sa gestion de la crise ? Ou soulagement de voir enfin partir l’homme qui n’avait rien prévu et nous a confinés pendant deux mois en tuant l’économie ? Devançant même Nicolas Hulot de huit points, il semble entré dans ce club de figures que l’on aime voir trôner dans les sondages, mais plus aux affaires.

Quant à Jean Castex, il peut trouver plusieurs motifs de consolation. D’abord, Édouard Philippe, à son arrivée en 2017, faisait exactement le même score que lui. Avec la crise qui arrive, tous les espoirs lui sont permis, et même ce cimetière des vraies-fausses figures populaires dont Hulot est le concierge. Ensuite, il séduit particulièrement la droite (48 %, selon le sondage YouGov) et le centre (59 %), ce qui était sa mission. Mais très peu à gauche, autour de 20 % seulement. Surtout, 39 % des Français ne se prononcent pas : un score plus élevé que sa cote de popularité !

Quant à Emmanuel Macron, confronté à une situation intérieure doublement dégradée sous le coup de l’insécurité et de la crise qui vient, on comprend qu’il ait sauté sur l’occasion que lui offrait la catastrophe libanaise pour aller se faire acclamer au milieu des ruines et de dirigeants libanais discrédités : au royaume des aveugles…

Le sondage Elabe lui trouve même un +4, à 39 % de popularité, ce qui le ramène au niveau de sa première année. Alors, une « bonne dynamique », comme veut nous le faire croire Le Point ? Quand la canicule sera retombée, qui fait même monter les cotes de popularité les plus improbables, et les vacances finies, quand la rentrée et le réel seront de retour, on en reparlera.

8 août 2020

À lire aussi

Le général de Villiers : combien de divisions ?

C'est la question que l'on doit se poser anxieusement dans bien des chaumières, en ce mome…