L’expression « candidat anti-système » a fait florès au cours de la dernière décennie mais, pour savoir ce qu’elle recouvre exactement et de quel système il s’agit, c’est une tout autre paire de manches. Dans la présente électorale, il y a d’authentiques candidats anti-système (Le Pen, Asselineau), des candidats qui prétendent faussement être anti-système (Macron), des candidats qui ont un pied en dedans et un pied en dehors du système (Mélenchon, Dupont Aignan) et des candidats qui éludent la question pour ne pas avouer qu’ils sont des candidats du système (Fillon, Hamon). C’est dire combien la signification de ce mot est importante.

Marine Le Pen a longtemps évoqué l’UMPS comme un système et, en faisant cela, elle a involontairement rendu service à . Ce dernier peut, aujourd’hui, s’appuyer sur cette définition pour se présenter comme un candidat anti-système puisqu’il n’a participé à aucune des deux élections primaires, et rêver de s’ouvrir ainsi un boulevard dans l’électorat centriste. La vérité, c’est que l’UMPS est un tout petit satellite à la périphérie du système et Macron, au contraire de ce qu’il prétend, est certainement le plus « système » de tous les candidats.

Qu’est-ce donc, que le système ?

Traditionnellement, en politique, l’organigramme du pouvoir épouse les contours d’un État souverain à l’intérieur duquel le chef de l’État exerce l’autorité suprême. En 2017, des pans entiers de cette échappent à son autorité et relèvent d’un autre organigramme, celui-ci planétaire, centré non pas sur la géographie mais sur la fonctionnalité. Exemples : les questions monétaires relèvent de l’autorité d’une demi-douzaine de personnes, le président de la Fed et celui de la BCE notamment ; la politique budgétaire est encadrée par plusieurs traités européens ; la politique étrangère et la politique de Défense nationale, par le jeu des alliances, sont entièrement sous la surveillance de Washington ; l’, le droit humanitaire et même la laïcité sont du ressort de l’Union européenne et du Conseil de l’ ; etc. Et ça, c’est encore la partie visible de l’iceberg.

Il y a aussi la partie invisible, à savoir l’influence des grands lobbies internationaux et, surtout, des quatre plus puissants : la banque, l’agro-business, la santé et l’énergie, auprès du Congrès américain et de la Commission européenne qui, par ses directives, a un pouvoir normatif supérieur à la loi des États. Ce deuxième organigramme, qui s’est imposé au premier sans que les électeurs s’en rendent compte, c’est le système. Pour résumer, je vous renvoie au début du vingtième siècle dans une scène immortalisée par Charlie Chaplin dans Les Temps modernes : le système, c’est la taylorisation de l’autorité politique à l’échelle de la planète.

Pourquoi les et les partis de gouvernement se sont-ils rangés derrière le système ?

A priori, il n’était pas évident que tous les partis de gouvernement et tous les médias adhèrent au système et, pourtant, c’est ce qu’ils ont fait. L’explication est facile à trouver : c’est l’argent, et plus précisément la . Tous les États sont endettés et ont besoin des capitaux internationaux gérés par les grandes , donc le système, pour boucler leurs budgets. Quant aux médias, ils sont gérés comme des multinationales et les journalistes les plus influents sont achetés grâce à des salaires mirobolants pour défendre le statu quo, c’est-à-dire le système.

8 avril 2017

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