La dame a 64 ans – l’âge de la retraite bien sonné. Mais, retraitée, ce n’est pas un poste en vue, les gazettes vont l’oublier, on ne parlera plus d’elle dans les étranges lucarnes, elle ne pourra plus dégainer sa denture des grands jours, ni son sourire systématique dès que se pointe un objectif de caméra : bref, une sorte de petite mort, insupportable pour la bécasse du Poitou.

Alors, elle se prend à rêver. Il y a bien un truc qui la brancherait : le PNUD, Plan des Nations unies pour le développement, organisation internationale rattachée à l’ONU. L’actuelle patronne en est l’ancien Premier ministre de , Helen Clark. « C’est une socialiste : comme moi. C’est une femme : comme moi. J’ai pas été Premier ministre, mais candidate présidentielle, ça vous a une autre gueule, non ? Et puis j’ai fait la  ! Le petit Fabius compte pour du beurre, la vedette, c’était moi ! », se met-elle à penser.

Et voilà la Royal qui, après gamberge en surchauffe, pose sa candidature au poste de patronne du PNUD. Fauteuil doré, payé en platine, pas d’ sur le revenu, logée, nourrie quand elle le décide, un bureau à New York : bref, la belle vie. On efface la vie parisienne médiocre et à elle la gloire. Et la voilà qui gazouille : “L’international m’a toujours intéressée. Je me suis bien impliquée dans la COP et j’ai envie de continuer sur ce sujet.”

« Pas de bol », comme dirait son ex. Il se trouve qu’à New York, des gens ont jeté un œil sur son curriculum vitae et ne l’ont, sans doute, pas trouvé appétissant : passer de la région Poitou-Charentes, où elle a laissé une ardoise de 132 millions d’euros, à un territoire couvrant 170 pays et doté d’un budget de 4,3 milliards d’euros demande réflexion. Et puis, elle a loupé la présidentielle, elle a loupé la députation : ça fait tache. Aux dernières nouvelles, la Poitevine est écartée au profit d’un Allemand, Achim Steiner, ancien directeur général du Programme des Nations unies pour l’ (PNUE) et, de plus, un jeunot (55 ans).

« Vraiment pas de bol ! » Et la dame de se répandre, comme à son habitude, en pleurnicheries sexistes : elle a trouvé “un peu étonnant” que ce soit un homme qui obtienne le poste alors que, selon elle, le secrétaire général de l’ONU lui avait dit qu’il était “promis à une femme”. “C’est pour cela que j’avais posé ma candidature”, ajoute-t-elle avec une ingénuité de première communiante. Et puis l’autre excuse, un classique dans sa bouche : “Il semble qu’un homme a été poussé par son pays, étant donné que l’ est un des plus gros contributeurs du PNUD.” En clair, ses immenses qualités ne sont pas en cause, c’est la radinerie de la France qui occasionne la chute, une nouvelle fois, de la maison Royal.

Que n’a-t-elle relu Alexandre Dumas, cette femme aux innombrables talents. Elle y aurait trouvé : “Il y a des services si grands qu’on ne peut les payer que par l’ingratitude.” Allez, Ségolène, remets-toi : le vaste monde ne te vaut pas ! C’est l’heure de sortir tes charentaises.

14 avril 2017

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