À l'issue de la rentrée des parlementaires RN au Cap d'Agde, Sébastien Chenu, député RN du Nord et vice-président de l'Assemblée nationale, est résolument optimiste. Pour Boulevard Voltaire, il évoque les thèmes qui ont agité les élus et les militants : la succession de Marine Le Pen, la stratégie du RN pour accéder au pouvoir et le positionnement du mouvement sur les sujets sociétaux (euthanasie). Le RN regarde désormais l'avenir sans complexe.

Marc Eynaud. Que retenez-vous du week-end au Cap d’Agde avec la rentrée des parlementaires et les universités d’été du Rassemblement National ?

Sébastien Chenu. C’était un week-end de travail, de formation et de cohésion. Nous avons 89 députés, ce qui est absolument historique, donc nous avons préparé la rentrée à l’Assemblée nationale. On a travaillé sur le PLF, sur nos angles d’attaque. C’était également un week-end d’expression politique avec le grand discours de rentrée de Marine Le Pen.

M.E. Marine Le Pen quitte la présidence du parti qu’elle occupait depuis 10 ans. Une page se tourne…

S.C. C’est la maturité d’un mouvement que d’avoir deux candidats lorsqu’il s’agit d'élire un président. Ces deux candidats présentent chacun des atouts différents. Personne ne sera surpris de savoir que Marine Le Pen reste la référence de notre mouvement. Cela s’est bien ressenti durant les discours.

M.E. Louis Aliot et Jordan Bardella ont tous les deux dit que Marine Le Pen était la candidate naturelle pour 2027. Le but est-il de prendre le pouvoir et de l’exercer enfin ?

S.C. Tout le monde a en tête et espère que Marine Le Pen sera candidate en 2027. La seule qui n’en parle pas, c’est Marine Le Pen. Elle ne donne pas sa position sur cette élection. Notre souhait est d’accéder au pouvoir et de prendre des responsabilités, de mener une autre politique. Par conséquent, il n’y a pas de mystère là-dessus, nous préparons cette alternance. Comme l’a dit Marine Le Pen, cette alternance, ce basculement est inexorable et il pourrait arriver plutôt qu'on ne l’imagine, si Macron dissolvait.

M.E. Comment abordez-vous la rentrée parlementaire ? Quels écueils aurez-vous à éviter ?

S.C. Sur les sujets de société, nous avons un discours simple : les sujets de société doivent être tranchés par la société. Que ce soient les questions de fin de vie ou de corrida, s’il ne sont pas tranchés par référendum, chaque député aura sa liberté de vote. Ce sont des sujets qui font appel à des sensibilités personnelles, des histoires personnelles qui font que sur les sujets de société, on a rarement des positions unanime de groupe. Nous ne sommes pas là pour dire à nos députés ce qu’ils doivent penser de la fin de vie ou de l'interdiction de la proposée par Aymeric Caron. Ils sont capables de l’apprécier eux-mêmes. Nous sommes là pour faire de la politique, contrer Emmanuel Macron et proposer une autre vision de la société dans laquelle l’immigration ne soit pas un projet, comme Emmanuel Macron en a parlé dans ses derniers discours.

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18 septembre 2022

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