Editoriaux - International - Politique - Société - 14 février 2019

Scandale aux USA : Donald Trump ne veut pas de chien à la Maison-Blanche !

Aux USA, terre de liberté comme on sait, on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui, et encore moins de n’importe quoi. Ainsi, les foucades de l’ami Donald, relatives à son mur dressé contre le Mexique, passe encore. Sa conception de l’amour courtois vis-à-vis du beau sexe ? Voilà qui peut encore se négocier. Ses tropismes russophiles ou sionistes ? Il y a du pour et du contre.

Mais là, ce 13 février dernier, les portes ont été grandes ouvertes à toutes les fenêtres. En effet, crime ultime, on apprend qu’il n’y aura pas de nouveau chien à la Maison-Blanche ! What’s the fuck? No dogs allowed in the White House? Ben, yes, mon nephew, and pas qu’un peu, my darling.

Car depuis James K. Polk, onzième président américain, de 1845 à 1849, pareille infamie ne s’était jamais vue. Président qui, rendons-lui au moins cette grâce, mit fin à cette coutume capillaire des plus hasardeuses consistant à se laisser pousser des poils testiculaires sur les joues et sous les oreilles, et ne voyait pas en quoi la possession d’un clébard dans le saint des saints washingtoniens était susceptible de renforcer la « destinée manifeste » américaine. Selon d’autres sources, John Adams, premier président élu en 1800, n’aurait pas eu de chien non plus.

Au fait, qu’a dit ce brave et cher Trump, à l’occasion d’un meeting tenu à El Paso, ce lundi dernier ? Juste ceci : « Je n’ai pas de chien, car je trouverais ça bidon. Je n’ai pas le temps d’en avoir un. […] Comment pourrais-je regarder un chien se promener sur la pelouse de la Maison-Blanche ? » Certes, personne n’est obligé d’aimer les chiens ; pas plus que les chats, d’ailleurs ; mais ce qui n’est pas non plus une bonne raison de les jeter aux lions pour autant. D’ailleurs, les pelouses en question ayant déjà été foulées par des prédateurs à sang froid, tels que Donald Rumsfeld ou Dick Cheney, gageons que le Youki à sa mémère ne pourra faire pire en matière d’enjeux géopolitiques majeurs.

C’est vrai, finalement… Combien de chefs d’État ont-ils dû se plier à cette coutume d’un autre âge, voulant que les lieux de pouvoir puissent être squattés par des bestioles pas forcément désirées, qu’elles arborent poils ou plumes ? Peut-on croire à l’amour sincère d’un François Mitterrand pour les canards de l’Élysée, qu’il imaginait sûrement finir en magrets ? À celui d’un Jacques Chirac pour les roquets que persiste encore à lui infliger sa douairière de Bernadette ?

Mais, de l’autre côté de l’Atlantique, le chien est une sorte de vache sacrée. Pour s’en convaincre, il suffit de se reporter à la doxa hollywoodienne et ses films millénaristes. De ce panthéon sur grand écran, nous n’en retiendrons que deux, des plus emblématiques.

Le Choc des mondes, de Rudolf Maté, en 1951. Là, c’en est fini de nous et des neuf dixièmes de l’humanité, promis à la disparition. Mais le chien du jeune héros est sauvé à la fin. Puis, en 2009, le mal-nommé film 2012, de Roland Emmerich, consacré à cette même fin funeste. Et là, tout pareil : nous ne serons pas plus qu’une poignée d’humains à survivre ; mais le chien, lui au moins, sera encore des nôtres.

En la matière, nous sommes évidemment incapables de rivaliser. Rintintin, sorte de Rantanplan local, a droit à son étoile sur Hollywood Boulevard, à Los Angeles, alors que la Pomponnette de La Femme du boulanger n’a jamais pu prétendre à de tels égards. Pas grave… On chantera encore le nom de Marcel Pagnol quand celui d’Harvey Weinstein aura été depuis longtemps oublié.

En attendant, et ce, en pleine Saint-Valentin, il n’est pas invraisemblable d’imaginer qu’un Donald Trump puisse continuer de faire (Rin)Tintin sur le canapé avec son épouse Melania ; à laquelle on ne saurait reprocher, évidemment, de garder à son cochon d’époux une sorte de chien de sa chienne.

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