Un carnaval, une soirée déguisée, un Halloween et l'hurluberlu woke sombre dans la tourmente. Quel costume adopter ? En danseuse tahitienne, il offusquera la communauté des vahinés, en homme des cavernes, il sera accusé de s'approprier la culture de Cro-Magnon. Ah, mon Dieu, que c'est embêtant d'être dans l'ère du temps.

L'aventure du déguisement correct

Alors, que faire ? Pour y voir clair avant de se lancer dans l'aventure du déguisement correct, le postulant consultera l'article du Monde consacré à l'épineux problème de la fête costumée en période de progressisme torturé. La liste des thèmes honnis par les campus américains y est dressée. À la lecture de cet inventaire, chacun saura en qui ou en quoi il est fortement déconseillé de se vêtir.

Dans un premier temps, le joyeux drille évitera tout dérapage trop sexué. De pied en cape, il sera un Zorro non genré. À sa ceinture, un fouet de cuisine plutôt qu'une lanière de cuir, symbole de machisme éhonté. Toute parodie de transformiste en bas résille et talons aiguilles sera retoquée sans ménagement. Celui-là ira rejoindre les recalés de la soirée sur le palier. Dans sa robe d'Esméralda, madame portait ombrage aux personnes racisées. En Quasimodo, monsieur insultait les associations d'idiots du village. Les débutants ignorent les bonnes manières. Un chapeau à plumes et ce sont les descendants de Geronimo qui sont humiliés. « Même une seule plume ? », demande le néophyte.

Encore un qui restera sur le paillasson

Le malheureux fait fi de la susceptibilité des espèces volantes en voie de disparition. Encore un qui restera sur le paillasson. Derrière la porte, les recalés s'accumulent. La fête prend forme : à l'intérieur, les sinistres wokiste sirotent des jus de navet. Pour ne pas froisser les non-musiciens, toute diffusion de chansons a été annulée. L'enjeu des lieux festifs a été inversé. Ici, on se bouscule pour sortir.

Face aux sites de vente en ligne de déguisements, Le Monde signale que le client pétri de bien-pensance se fige. Du sexisme en veux-tu en voilà, des appropriations culturelles de tous côtés. La rubrique « Peuples du monde » le plonge dans un profond désarroi. Des tenues de geishas, de danseuses orientales, de guerriers zoulous. Au fin fond de l'Amazonie, des fêtards se déguisent-ils en wokiste ? Non.

Et pourtant, rien de plus facile. Chignon pour les hommes, cheveux verts pour les filles, air contrarié et lunettes de Sandrine Rousseau. Un petit effort, que diable ! La panoplie est peu coûteuse. Il est temps que lesdites cultures soi-disant offensées se mettent à parodier le folklore woke. Charabia de rigueur, jets de peinture ici et là, mains collées sur le bitume et on danse... Ah, quelle ambiance, les amis ! S'imprégner de la folie occidentale devient alors le nec plus ultra des carnavals équatoriaux. Appropriation culturelle d'ici contre celle de là-bas : match nul. Ouf ! Voilà une culpabilité du jeune progressiste enfin réglée.

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13 novembre 2023 à 14:45

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10 commentaires

  1. Vaste débat que « l’appropriation culturelle ». Reste à en faire une sérieuse définition. L’Occident a inventé pas mal de chose nous semble t-il ; l’ Europe, la France ( ce serait long de lister cela… ). S’en servir partout ailleurs , et profiter de ce travail est-il de l’appropriation ? ( culturelle ). Mais bon, le wokisme ou rien…

  2. Trop drôle, trop vrai, un régal devant tant de bêtise! Il est vrai, peut-être, que, demain, ces « choses » là seront acquises mais qu’il est bon de vivre encore le moment, le temps présent. Tout est devenu si compliqué et si tordu…

  3. En revanche déguiser un homme en femme à coup de bistouri de pilules et de magistrats complices relève de la stricte vérité… WOKISTE..

  4. La différence entre le commun des mortels et les wokistes c’est que le commun des mortels se déguisent pour des occasions particulières et faire la fête tandis que le wokiste est déguisé toute l’année et n’a pas peur du ridicule .

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