Les Parisiens s'imaginaient que les rues et les immeubles de la capitale étaient envahis par des rats. Ah ah ah. Fariboles et billevesées... À cette croyance ancestrale, une élue  de la majorité municipale est venue porter un coup fatal. Interpellée sur le sujet par le conseiller d'opposition Paul Hatte, Douchka Markovic recadre le débat : « Il y a, à Paris, des rats que je préfère nommer surmulots, moins connotés négativement. »


Dans les égouts, les caves et les arrière-cours, la stigmatisation persiste. La rumeur populaire a baptisé « rats » des petits rongeurs hiérarchiquement supérieurs au mulot des champs. Des chef mulots, des gradés qu'il est avilissant d'affubler de ce mot abject. Beurk ! Ces gens de l'opposition sont d'une vulgarité !

Sur Twitter, un internaute pose deux questions essentielles : les surmulotes ne sont-elles pas invisibilisées ? Doit-on comprendre qu'il y a des sous-mulots dévolus aux tâches ingrates ? Une catégorie de la population souterraine exclue du « vivre ensemble » ? La mairie de Paris doit faire toute la lumière sur cette affaire.

S'agissant d'animaux au nom chantant, la conseillère, membre du Parti animaliste et du groupe écologiste, exclut toutes solutions létales. Selon la spécialiste, en sous-sol, la bête s'active à engloutir des tonnes de déchets. Oui. Le surmulot surmené. Sans relâche, il débouche ainsi les canalisations et vient apporter une aide précieuse au personnel de nettoyage avec lequel il ne partage aucun avantage. Tickets-Restaurant, treizième mois... Rien ne vient récompenser son action bénéfique sur la salubrité de la capitale.

Malgré cette nourriture abondante, le glouton des égouts remonte à la surface pour le dessert. La raison de sa présence dans les parties communes de logements sociaux serait due à la négligence des occupants. Les résidus d'aliments abandonnés ici et là attirent le client venu du dessous. L'exposé de Douchka Markovic se garde de remettre en cause le nettoyage de l'espace public.

Pour en finir avec cette invasion, ce Grand Remplacement du Parisien par le surmulot, la conseillère préconise de boucher les trous par lesquels il passe « pour remonter dans les immeubles ». Rues, boulevards et squares sont décidément exclus du constat. La bébête qui monte qui monte n'est pas encore parvenue aux oreilles de Madame le maire de Paris. Dans l'assistance, personne n'a osé affirmer qu'il convenait de ratifier la proposition. Disons qu'elle sera « surmulotisée ».

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08 juillet 2022 à 17:50

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