Le « Touquet Music Beach » festival bat son plein. Le Président Macron et son épouse profitent d'un dernier week-end de détente avant la rentrée dans la bonne city du Touquette. Dans quelques instants, ils passeront pour se repaître de pulsations techno. Après un bain de foule houleux dans une rue d'Oran, il est bon de venir se ressourcer auprès d'un public tout acquis à la cause du macronisme intégral. La musique plane sur la ville et parvient jusqu'à la villa où la première dame frétille déjà sur les « boum boum » lointains qui frappent les vitres et font vibrer les murs... Des travaux seront à prévoir. Un cadre est tombé, une pluie de plâtre s'abat sur le tapis du salon, mais au diable les effets secondaires de la music on the beach ! L'heure est à la fête, aux acclamations, au charme discret d'un couple présidentiel au fait de son époque.

Non loin de là, sur la scène incandescente, le DJ franco-américain Marc Rebillet officie derrière ses platines. Hurluberlu notoire, le bougre s'est déjà illustré par des slogans tantôt pro-gilets jaunes, tantôt anti-Donald Trump sur lesquels il a fait danser des gens pleinement favorables à tout et son contraire. Si, musicalement, ses rythmes sont invariables, politiquement, son répertoire est large. Totalement déchaîné, l'homme s'est mis en caleçon et exhorte la foule du haut de son estrade. Bientôt, voilà qu'il scande une insulte à l'encontre d'Emmanuel Macron. Une grossièreté que la plupart des médias ont rapportée dans la langue du festival, à savoir : « Fuck Macron ». Selon Le Parisien et 20 Minutes, qui ont osé citer l'auteur, celui-ci a fait scander à son public : « Macron enculé ». La vidéo de l'incident en atteste. Les centaines de spectateurs semblent adhérer au concept. Cris d'enthousiasme, smartphones brandis pour filmer l’événement... Bon nombre d'entre eux joignent leur voix à celle de l'agité du tourne-disques.

Stupeur et confusion s'emparent des organisateurs. Ceux-ci n'ont pas suivi le bain de foule au cours duquel Emmanuel Macron remercie les Algériens qui le conspuent. Il peut être charmé par cet accueil. Enchanté par tant de liesse... Et Brigitte de danser sur les paroles improvisées du DJ. Quelle ambiance ! Ignorant cette posture présidentielle du honni satisfait, un envoyé spécial s'en vient auprès du trublion pour tenter de le raisonner. Comment l'arrêter ? L'homme est pris d'une inspiration débordante. Rien n'y fait. Sous les pavés, la plage du Touquet. Marc Rebillet est le Cohn-Bendit de l'électro.

Au lendemain de l'incident, le festival tourne au concert de lamentations. La directrice de l’événement, France Leduc, fustige le fauteur de trouble : « Il a pris le TMB en otage pour faire son buzz, servant uniquement ses intérêts. » Les prises de position à géométrie variable du DJ semblent confirmer l'analyse. Monsieur le maire, Daniel Fasquelle, estime que les bornes ont été dépassées. L'artiste doit être banni à vie de toute expression artistique locale. De son côté, celui-ci reconnaît avoir « jeté un peu d'ombre sur Emmanuel Macron ». Musicien et comique. Le Touquette Beach perd un fleuron de la variété internationale.

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29 août 2022 à 19:45

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37 commentaires

  1. Les médias n’ont pas crié au scandale quand macron a insulté les français en les traitant d’alcooliques, incultes, lépreux, derniers de cordée, fainéants……c’est le revers de la médaille !! les termes ne sont pas bien élégants mais il sont parlants.

  2. Ce personnage s’est inspiré de la fête de la musique de 2018 dans la Cour d’honneur du Palais de l’Élysée. La raison probable de l’enthousiasme de Madame Brigitte.

  3. Depuis NTM (nique ta mère), les « artistes » sont libres de dire n’importe quoi et le tribunaux ont bien autre chose à faire que de protéger les citoyens, et a fortiori un Président de la République en délicatesse avec les Français. La NUPES peut mordre; les Français ne réagiront pas.

  4. qui sème le vent récolte la tempète, je ne vais pas pleurer. a force « d’emmerder » les français…….

  5. même s’il faut reconnaître le peu d’élégance, voir l’indécence et la grossièreté proférées par cet « artiste »encore inconnu, il faut admettre que son propos a été repris en choeur par les spectateurs, donc, semble-t-il, approuvé. Peut-on s’étonner que le Président soit de plus en plus détesté et injurié ? n’a-t-il pas aussi vulgairement, ouvert les hostilités en affichant sa volonté d’emm….der une partie du peuple de France , quelle qu’en soit la raison ? tout cela semble être de l’ordre de « l’arroseur arrosé » ou « qui sème le vent récolte la tempête »

  6. Je ne vais pas pleurer sur les insultes qui pleuvent sur Macron. Mais ce TMB est une démonstration supplémentaire de la dépravation ambiante.

  7. Ces huées cachent un mal profond, la méfiance du peuple, désormais générale envers un suffrage universel dont le mode de scrutin permet de pérenniser la présence d’un individu peu recommandable au sommet de l’Etat, auquel la Constitution donne plus de droits à lui tout seul qu’au reste des 67 millions de Francais. Ce 2nd quinquennat va très mal finir.

  8. La différece avec la fête d’un certain 14 juillet à l’Elysée c’est que là c’était en plus chanté….

  9. On se souviendra de l’excellence artistique de « Pendez les blancs » validée par le tribunal du rappeur Nick Conrad? Je cite:
    « Je rentre dans des crèches, je tue des bébés blancs, attrapez-les vite et pendez leurs parents, écartelez-les pour passer le temps, divertir les enfants noirs de tous âges petits et grands, fouettez-les forts faites le franchement. »
    Ah bon, l’artiste n’est pas excusé de tout? Faut nous préciser vite les limites…

  10. Connaissez-vous l’histoire de « l’arroseur arrosé » ? C’est celle de celui qui « emmerde les français » qui se fait à son tour insulter !

  11. Choqués par la vérité mais complices et muets quand certains dans leurs chansons crachent sur la France qui les a accueilli et appelle au meurtre et à l’extermination des blancs .

  12. Quelques questions qui pourront paraitre triviales :
    1) Combien de subventions publiques pour ce festival ?
    2) Ce DJ bénéfice t’il du régime des intermittents du spectacle ?
    3) Avait-il fait appel, comme la plupart de ses collègues, à faire barrage au fascisme et donc à voter Macron ?
    4) Qu’allait faire Macron dans cette galère ?
    Tout cela dégage un parfum des années folles où le tout Paris s’amusait en attendant l’apocalypse…

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