« Faut-il avoir encore peur du Covid ? » Avec ce titre, Le Figaro (8 juillet) innove. Par temps de progressisme avancé, les médias informateurs se demandent s'il faut avoir peur. De Poutine, du réchauffement, de la variole du singe, du loup et de la belette, d'Éric Zemmour, d'une pénurie d'énergie, du rhume des foins, etc. Cette fois, le quotidien introduit la notion de « encore ». Il y a peut-être quelques distraits qui ont décroché. À l'approche des vacances, des évaporés oublient de s'angoisser pour ceci et cela. Sur les plages, des journalistes viendront rappeler à l'ordre les insouciants.

Par journaux interposés, il leur sera expliqué ce dont il faut avoir ENCORE peur. Le farniente n'exclut pas de garder au fond de soi quelques terreurs incontournables. Cette chaleur n'est pas normale. Soudain, l'estivant culpabilise. Il est en train de bronzer « irresponsable ». Au bureau, dans le métro, son teint hâlé le désignera profiteur d'un réchauffement dont il est fautif. La presse attend ce genre d'énergumène de pied ferme avec un titre ronflant : « Faut-il avoir peur des gens qui n'ont pas peur ? » La réponse est dans la question. Assurément, il y a tout un ramassis de téméraires qui se rient des épouvantails réputés épouvantables. Des réfractaires qui ne se sont pas encore ralliés à la psychose générale. Le directeur du train fantôme mondialiste enrage. L'annonce de cataclysmes garantis par BFM laisse de marbre quelques irresponsables. Le vrai danger est là.

Effrayé à l'idée de croiser un climato-sceptique, l'écologiste se barricade. Sandrine Rousseau communique avec Aymeric Caron par messages codés. « Les carottes bio sont cuites » et autres formules de résistants. L'heure est au barrage des forces non alarmistes. « Faut-il avoir peur que le ciel et Poutine nous tombent sur la tête ? » Le druide Aymeric Caronix souhaite alerter les populations sur les fléaux des temps modernes.

Mais procédons par élimination : de quoi ne faut-il pas avoir peur ? La réponse médiatique ne tarde pas. Rodéos urbains, explosions des attaques à l'arme blanche, tirs de mortiers sur les commissariats et autres agressions sanglantes ne sont que routine quotidienne. De bons vieux faits divers très éloignés des grands totems décrétés effrayants. Ouf ! Avec son domicile protégé par des rondes régulières de policiers, le juillettiste part l'esprit serein. Si le ciel tombe, ce ne sera pas sur sa maison.

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11 juillet 2022 à 19:15

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