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Editoriaux - Histoire - Le débat - 9 décembre 2014

Sarkozy et le rêve américain

La publication de la photo de , fils de qui vous savez, en uniforme de la Valley Forge Academy, école militaire américaine, suscite une polémique à laquelle on ne peut résister d’apporter sa petite contribution.

Passons sur la colère compréhensible de la maman, en parfaite arroseuse arrosée, critiquant les réactions sans doute exagérées de nombreux gazouilleurs, par ce gazouillis final : “Leur vie doit être bien vide pour s’occuper à ce point de la vie des autres.” Pourtant, la photo est sur Gala : elle n’a pas été volée derrière un platane parisien ou du haut d’un orme de Central Park… Passons, disais-je.

Est-il choquant, au fond, de voir Sarko Junior (c’est ainsi qu’il se surnomme lui-même sur les réseaux sociaux) en uniforme américain sur fond de bannière étoilée ? Les États-Unis sont nos amis. Que je sache, M. Fils n’a pas revêtu l’uniforme de l’Armée islamique du Levant et il vaut mieux être en caserne, même américaine, que derrière les barreaux d’une prison française, me semble-t-il. En tout cas, le débat est ouvert et certaines Excellences du moment pourraient y apporter une contribution avisée…

Ensuite, le jeune homme vit avec sa mère depuis des années aux États-Unis. Quelle plus belle preuve de désir d’intégration : porter l’uniforme d’une académie militaire de la nation qui vous accueille ! Certains pourraient en prendre de la graine.

Par ailleurs, depuis des décennies, la France n’accueille-t-elle pas dans ses écoles militaires nombre de fils de chefs d’États africains ? La roue tourne, patron. Espérons en tout cas que les Américains n’ont pas la goujaterie de reprocher à ce “petit Français au sang mêlé” de n’être pas assez entré dans l’Histoire.

Enfin, comment pourrait-on reprocher à cet adolescent de succomber au rêve américain dans lequel il semble avoir baigné depuis le plus jeune âge ? Son propre grand-père paternel, Paul Sarkozy, ne déclarait-t-il pas à VSD en juillet 2008 : “J’aurais été vraiment fier si l’un de mes fils avait été président des États-Unis.” Raté, mais rien n’est perdu pour le petit-fils ! Tout gamin, le petit Louis gambadait devant les objectifs (de la TV, pas du caméscope familial de la future Mme Attias) dans le bureau de son père, alors ministre de l’Intérieur, ce dernier mettant ostensiblement en avant femme et enfant, comme le faisait le président Kennedy dans le bureau ovale.

À peine élu président de la République, ce même père passa ses premières grandes vacances aux “States” et s’empressa quelques mois après de ramener, illico presto, la France dans le commandement intégré de l’OTAN. En 2011, contre toute notre tradition républicaine, il fit même modifier la Constitution pour avoir le droit de s’adresser au Congrès (réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat), singeant ainsi ce qui existe aux États-Unis d’Amérique. Il ne le fit qu’une fois du reste, l’état – non pas de l’Union mais de la France – ne s’y prêtant guère sans doute.

Avec un tel tropisme, on ne peut que comprendre, excuser, voire encourager le jeune cadet Louis Jr. Sarkozy à qui l’on souhaite sincèrement, s’il poursuit dans cette noble voie, une plus belle carrière militaire que celle de son père.

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