Débattant, vendredi, sur France TV Info avec Florence Portelli, maire ex-LR de Taverny, dans le Val-d’Oise, Manon Aubry, députée européenne de La France insoumise, interpelle violemment son interlocutrice : « Pardon, Madame, mais je m’étouffe. Vous parliez de racisme envers vous, mais savez-vous ce que c’est, que le racisme ? Ça me fait vomir ! Allez vivre dans les quartiers, savez-vous ce que c’est, au quotidien, pour des Noirs, pour des Arabes, que les contrôles au faciès ? » Réponse de Florence Portelli : « Pardon, mais quand je me fais traiter de sale Blanche, ce n’est pas raciste ? » « Vous n’avez aucune idée de ce que vous parlez, de ce que subissent ces gens-là ! » éructe la jeune Insoumise. Et Florence Portelli de rétorquer : « Ma mère d’origine italienne se faisait traiter de sale macaroni quand elle est arrivée en France, ce n’est pas du racisme ? » Réponse de Manon Aubry : « Non, ce n’est pas du racisme. »

Stupeur et tremblements sur le plateau, tandis que la jeune députée s’enferre, refermant sur elle-même le piège de ses contradictions.

Car pour La France insoumise,- et ce débat en est l’éclatante démonstration -, le racisme est une juteuse poire idéologique permettant d’actualiser une nouvelle lutte des classes, et l’antiracisme un fonds de commerce électoral dont le parti voudrait être le détenteur exclusif. Quitte à tordre le cou à la réalité, ce qui est le propre de l’idéologie.

Son électorat est en effet populaire, très à gauche, et en grande partie d’origine étrangère : voyez l’exemple de La Courneuve, qui a voté à 44 % pour LFI au premier tour des présidentielles. A contrario, un article du Parisien de juin 2019 raconte, à partir de l’exemple d’une petite ville du Nord, que d’anciens communistes électeurs de Mélenchon sont plus que tentés par un vote RN : « On a dû quitter Denain pour une banlieue plus sûre », témoignent Saïd et Christine. « Avec le RN, on se sentirait plus en sécurité, et pour battre Macron, c’est mieux que La France insoumise. »

Tout ceci pour dire que, face à l’inexorable déclin de son électorat dû au virage racialiste et indigéniste de son parti, au détriment de préoccupations sociales originelles, le parti n’a pas d’autre choix que de… persévérer dans son erreur.

Et lors de ce débat, s’érigeant en arbitre des vertus civiques, Manon Aubry dénie à Florence Portelli le droit même de parler de racisme anti-Blanc à propos du terme « macaroni », pour désigner l’immigration italienne des années cinquante. Pour la jeune Insoumise, diplômée de Science Po où elle enseigne aujourd’hui les droits de l’homme, il y a une hiérarchisation indispensable à établir parmi les victimes du racisme : le racisme anti-Blanc n’en est pas un puisqu’il n’est pas le fait du pouvoir dominant et colonisateur, et par conséquent ses victimes…n’en sont pas ! En effet, pour reprendre les mots du recteur de l’université d’Ottawa, cités par Marie Delarue dans nos colonnes, « les membres des groupes dominants n’ont tout simplement pas la légitimité pour décider ce qui constitue une micro-agression ».

Rappelons tout de même que, selon un sondage IFOP Fiducial de juin 2020, le racisme anti-Blanc est une réalité pour 47 % des Français.

Et puis… peut-être ne supportait-elle pas que l’on évoque une autre immigration que « la sienne », qui est de provenance extra-européenne, Afrique, Orient, et à majorité musulmane : l’immigration italienne du XXe siècle fut intra-européenne, blanche et catholique. Cette homogénéité culturelle, cette civilisation commune fut, évidemment, le principal facteur d’intégration de ces populations. Alors oui, à l’époque, l’insulte « macaroni » relevait bien plus de la bêtise ordinaire, de l’incompréhension, qui perdure aujourd’hui, manifestée par les Français envers les Italiens que du racisme.

Mais ça, c’était bien avant. Avant que les paladins de l’antiracisme n’essentialisent la question raciale, ne l’introduisent comme un corps étranger dans une France qui n’avait jamais été véritablement raciste, et n’infusent dans la société française une vision importée des États-Unis pour masquer le changement d’identité et de civilisation que l’immigration de masse allait entraîner.

Aujourd’hui, le petit business de Manon Aubry s’écrit sur les dernières pages de l’agenda politique de la gauche française.

28 novembre 2020

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