Editoriaux - Presse - 3 janvier 2016

En révisant mon orthographe aux toilettes…

On vit une époque formidable.

Je suis tombé récemment sur un petit livre intitulé Je révise mon orthographe aux toilettes. L’idée n’est pas idiote : on dispose de quelques minutes plusieurs fois par jour pour améliorer ses connaissances, autant en profiter. Sauf que…

Sauf que, dès la troisième leçon, on révise le mot “volontiers”. Rien de tel qu’un exemple pour réviser, et je me suis dit qu’il fallait vous en faire profiter ; voilà l’exemple choisi :

“Quand sa mère lui a enfin dit qu’elle lui ferait volontiers une pipe, il aurait répondu “très volontiers”.”

Je n’insiste pas sur le cas de Grégoire, 13 ans, qui ne va pas aller à la gymnastique parce qu’il a ses règles.

Ce livre fait partie d’une série Je révise… aux toilettes aux éditions tut-tut, ça ne s’invente pas. On apprend qu’il est écrit par un “professeur de lettres dans une université prestigieuse. Pour des raisons qui lui appartiennent, il a préféré garder l’anonymat et signer sous pseudonyme.” Le pseudonyme en question est Paul Saegaert. Quelqu’un saura-t-il démasquer l’inconnu ?

Comme si ça ne suffisait pas, la même semaine, on apprend que le Parlement néerlandais a autorisé le paiement des leçons d’auto-école sous forme de faveurs sexuelles. J’ai d’abord cru à un hoax ou à une mauvaise blague, mais l’information est reprise un peu partout dans la presse, sans qu’on soit à ma connaissance le 1er avril, mais il est vrai que je suis un peu déphasé. Cette excellente idée ouvre la porte à un certain nombre de questions quand même :

Le tarif est-il fixé par arrêté, ou est-ce à la tête (ou à une autre partie) du client ?

Le passage de l’examen peut-il faire l’objet du même type de transaction ?

On voit par là (comme aimait à le dire Alexandre Vialatte, dans ses indispensables Chroniques de La Montagne) que tout le monde a envie de se mêler d’éducation sexuelle et que l’enseignement interdisciplinaire n’a pas attendu Najat Vallaud-Belkacem : c’est déjà une réalité !

On regrette même qu’un “professeur de lettres dans une université prestigieuse” n’ait pas bénéficié, en son temps, d’une formation interdisciplinaire où il aurait appris, en même temps que la gym ou le piano, que les garçons n’avaient pas de règles, ce qui est discriminatoire.

Et on se dit que la conception qu’avaient nos professeurs de la conduite est assez différente de celle qui semble avoir cours aujourd’hui. Comment nos petits-enfants vont-ils se sortir de ça ?

Bonne année à tous, que ça change enfin !

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