Nicolas Dupont-Aignan, accordant un entretien à Valeurs actuelles, estime qu’en 2022 « le ne gagnera jamais seul ». Et qu’il faut donc, pour éviter la réélection de Macron, constituer « une union des droites ». Ce sont là des appréciations qui méritent l’attention car la France ne peut plus se permettre de mener les mêmes politiques, néfastes pour les Français.

Premièrement, le RN peut parfaitement gagner seul, à la suite des événements graves que chacun pressent. Toutefois – vaine victoire -, il ne pourrait pas réussir, seul, à mener son projet politique et économique, car tout laisse présager que la situation des Français va continuer à se dégrader. Le plan de relance de 100 milliards ne peut qu’échouer (bénéficiant, avant tout, à la exportatrice) ; le mal géré aura mis à terre des milliers d’entreprises et des filières entières, les gilets jaunes seront encore plus nombreux et plus en colère, l’ensauvagement augmentera, les délinquants se croyant intouchables, voire victimes de , et de véritables guérillas islamiques peuvent se déclencher (et plus seulement des attaques criminelles isolées) dans des dizaines de .

Deuxièmement, la situation économique et sociale deviendra si grave qu’une union des droites ne suffira pas. Le sauvetage de la patrie ne peut se concevoir sans les patriotes de gauche, si tant est que, s’agissant du salut public, les mots droite et gauche aient encore un sens.  Or, à l’objection soulevée par le journaliste de Valeurs actuelles selon lequel « la droite versaillaise ne pense pas comme le RN de Hénin Beaumont », on ne peut se contenter de répondre que « dans la Résistance il y avait des Français de tous les milieux ». Peut-on, à la fois, évoquer le CNR et souhaiter avant tout l’union de la droite ? Or les ”Versaillais” qui dominent encore les LR sont mondialistes, pro Bruxelles, pro finance, pro Chine… Une partie est déjà partie chez Macron et l’autre s’apprête à le faire.

Troisièmement, les Français se méfient de leurs politiciens de métier. C’est pour cette raison que près de 60 %, désormais, ne vont plus voter, votent blanc ou nul ou, pire, ne sont même plus inscrits sur les listes électorales. Une mortelle impasse pour notre démocratie. Aussi est-il permis d’imaginer que le prochain président de la pourrait être un non-politicien. Comme Senghor et Havel.

Quatrièmement, on reste dans le flou au sujet de la soumission à l’Europe : vouloir rassembler les souverainistes (mais d’abord ceux « issus de la droite »…), certes. Mais au prix d’esquiver de parler du ni d’évoquer l’euro ?

Cinquièmement, une proposition de « grande primaire des patriotes » ; mais qu’aura-t-elle de « grand » si la gauche républicaine (et donc patriote) n’y est pas, ni Marine Le Pen ?

Le seul espoir pourrait venir non pas d’hommes politiques ou militaires « providentiels » mais d’une convergence des intellectuels souverainistes. Car sans la souveraineté (c’est-à-dire la liberté), aucun sursaut de survie ne sera possible. Cette convergence souverainiste ne pourra se faire qu’autour d’intellectuels indépendants regroupés : des créateurs d’analyses et d’idées économiques, juridiques, philosophiques, scientifiques, sociologiques, géopolitiques, etc. Seule cette convention d’intellectuels souverainistes, indépendants de tout conflit d’intérêt et de toute attache partisane, peut élaborer le socle du renouveau français et désigner les objectifs démocratiques sine qua non :

– nouvelle Constitution garantissant la démocratie et la souveraineté nationale et populaire ;
– inscription obligatoire sur les listes électorales ;
– scrutin proportionnel (au moins 50 %) ;
– référendum obligatoire sur les grands sujets nationaux et des possibilités de référendum d’initiative démocratique ;
– réforme totale du système judiciaire ;
– retour à l’indépendance et au pluralisme des médias.

Quant aux politiciens, ils devront se prononcer par oui ou par non sur les propositions issues de la pensée française.

15 septembre 2020

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