Ras-le-bol, des Anglais : qu’ils dégagent !

On se plaint sans cesse du désintérêt des citoyens européens non pas pour la politique – elle les passionne, surtout les Français – mais pour les élections, lesquelles, d’année en année, battent des records toujours plus élevés d’abstention. C’est vrai : à quoi bon se déplacer jusqu’aux urnes si l’on a le sentiment qu’elles ne sont rien d’autre qu’une corbeille à papier ?

Si les citoyens aiment encore à se déplacer pour les élections locales et présidentielles, le record « d’abstentionnite aiguë » va aux élections européennes. Toujours plus qu’hier et bien moins que demain, assurément : 39,29 % en 1979, 59,37 % en 2009. Combien en 2019 : 69 %, 79 % ? Plus encore ? Tout est possible, et si les citoyens se détournent en masse des urnes au mois de mai prochain, la faute en sera à nos voisins anglais et aux dirigeants européens qui entretiennent cette minable farce qu’est le Brexit.

On en a tous ras-le-bol, de cette histoire. Les Anglais ont voté pour la sortie, alors qu’ils sortent ! Qu’ils dégagent et qu’on en finisse avec cette invraisemblable valse-hésitation. Pas de Brexit comme prévu le 29 mars, et pas non plus le 12 avril. Une fois de plus, une fois encore, les vingt-sept chefs d’État européens ont voté, mercredi, le report de la sortie du Royaume-Uni. Theresa May demandait un sursis jusqu’au 30 juin ? On lui a offert le 31 octobre, soit six mois et trois semaines de sursis. Mais pour quoi en faire ? C’est d’autant plus grotesque que voilà maintenant les Anglais contraints d’organiser l’élection de députés à un Parlement européen qu’ils doivent quitter !

Des députés qui, théoriquement, seront malgré tout partie prenante des décisions dudit Parlement, participeront aux votes, aux commissions, aux décisions… On marche sur la tête !

Dans ce jeu de dupes, c’est le Président Macron qui, pour une fois, fait figure de méchant. Il est en effet le seul à demander qu’on en finisse avec cette mauvaise farce. Il voulait un délai court, les autres – Angela Merkel et Donald Tusk en tête – offraient un an supplémentaire d’atermoiements. Les vingt-sept ont fini par couper la poire en deux : six mois. Et Emmanuel Macron a obtenu que le Royaume désuni puisse quitter l’Union européenne avant cette date si, d’aventure, Theresa May parvient à faire valider l’accord de retrait par ses députés.

Comme il est fort improbable que la ratification en question ait lieu avant les 22-23 mai, date des élections au Parlement européen, les Britanniques vont devoir passer par les urnes… faute de quoi la sortie sera effective, sans accord, le 1er juin 2019.

On glose, ce jeudi matin, sur la date du 31 octobre : Halloween ! Theresa May en sorcière, les députés sur leurs balais. Le 31 octobre est une date butoir, celle de l’installation de la nouvelle Commission européenne qui sera issue des urnes. Et il serait effectivement inouï que la Grande-Bretagne puisse peser dans ce jeu. Des garde-fous ont donc été inclus dans l’accord de report arrêté hier par les vingt-sept chefs d’État : le Royaume-Uni devra « s’abstenir de toute mesure qui pourrait mettre en péril les objectifs de l’Union », et les vingt-sept pourront se réunir sans la perfide Albion « pour discuter de sujets liés » à la période post-Brexit.

Vous y croyez ? Moi, non. À l’évidence, les 17 sur 27 qui réclamaient, cette fois encore, un « report long » vont tout faire pour laisser pourrir davantage la situation. En fait, jusqu’à ce que les Anglais renient leur vote et qu’un gentil référendum efface ce mauvais rêve. Qu’importe le choix des électeurs : surtout, que rien ne bouge.

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Bref, circulez, y a rien à voir et business as usual. …