« Fausses informations » : le rapport Alloncle allègrement dénaturé par ses détracteurs
Ce n’est tout de même pas l’arrivée du Messie, mais la publication du rapport Alloncle sur l’audiovisuel public relève de l’avènement que tout un peuple attendait. Rongés par l’incertitude d’une censure qui planait, les Français ont désormais accès aux recommandations que le député Charles Alloncle a formulées dans un pavé de 400 pages. Une somme de six mois de travaux très convoitée, au point que la page du site de l’Assemblée nationale permettant de télécharger le rapport fut indisponible quelques heures, ce mardi 5 mai, à peine le document en ligne. Une rupture du site inédite.
Mais le député ciottiste voit déjà son travail dénaturé, caricaturé. En conférence de presse, il a dénoncé, ce même jour, « les fausses informations » circulant à son égard et visant à déformer les propositions de son rapport. Une démarche intervenant avant le vote des membres de la commission sur le rapport, qui aurait, selon le député de l’Hérault, visé à en favoriser la censure. « On m’a expliqué que j’étais visé par une plainte ». Charles Alloncle a dénoncé « une tentative coordonnée, parfaitement militante », relayée par le service public, ayant pour but de « discréditer » les travaux de la commission.
À ce sujet — Une association anti-corruption accuse Charles Alloncle d’avoir « abusé de son influence »
« Pour rien au monde je ne souhaiterais le privatiser »
Seconde fausse information, le rapport évoquerait la suppression d’événement sportifs importants, comme le tournoi des Six Nations, le Tour de France ou Roland-Garros. Bien au contraire, Charles Alloncle, qui rappelle son attachement à certaines missions de l’audiovisuel public, estime que « ce type de compétitions sportives doivent être mises en avant ». L’idée selon laquelle le parlementaire proposerait une nomination du président de France Télévisions par le président de la République, sans contre-pouvoir, est aussi une vue de l’esprit des détracteurs du parlementaire. C’est oublier que pour le député UDR, une telle nomination se ferait après avis des commissions des affaires culturelles de l’Assemblée nationale et du Sénat, conformément à l’article 13 de la Constitution, et après un avis conforme de l’Arcom. Charles Alloncle a aussi souhaité dénoncer ceux qui brandissent la menace de la privatisation pour décrédibiliser son travail. « Je tiens à l’audiovisuel public. Pour rien au monde je ne souhaiterais le privatiser. » Charles Alloncle souhaite le rappeler : « Je ne me suis jamais prononcé pour la privatisation. » Et lorsqu’un journaliste lui fait remarquer que son allié le RN a fait de cette privatisation un cheval de bataille, il souligne, en assumant pleinement cette alliance, que « dans un groupe, les opinions diffèrent ».
Fusionner France 2 et France 5
Dans les grandes mesures phares que préconise Charles Alloncle figure, notamment, la fusion entre France 2 et France 5, France Info et France 24, les réseaux France 3 Régions et ICI (anciennement France Bleu). France 4 et Slash seraient supprimés, « les contenus militants [de ce dernier étant] incompatibles avec les missions du service public ». Pour s’assurer de la neutralité de l’audiovisuel public, le rapporteur propose d’« instaurer un devoir de réserve renforcé pour les présentateurs, animateurs-producteurs et décideurs éditoriaux de premier plan ». « Quand on est dépositaire d’une mission de service public, on a le devoir de ne pas cliver, de ne pas donner son avis politique », a-t-il rappelé, en conférence de presse. La réduction de trois quarts du budget des jeux et des divertissements de France Télévisions, ainsi que d'un tiers du budget sport, pourrait permettre d’économiser 170 millions d’euros. En favorisant, a contrario, des contenus consacrés au patrimoine, à la culture. Les salariés du service public pourraient voir leurs communications encadrées avec la création d’une grille de sanctions internes graduées en cas de manquement. Internaliser la production des émissions à caractère d’information, comme C à vous, C ce soir, Cash Investigation, aujourd’hui produites par des sociétés privées, permettrait d’en finir avec ce que Charles Alloncle dénonce comme une privatisation déguisée.
Déjà une proposition de loi
Le député de l’Hérault invite à diversifier l'origine des éditorialistes, avec des journalistes issus de la presse privée d’opinion. « Pour qu’on ne se retrouve pas avec Patrick Cohen, matin, midi et soir… », commente, sur Europe 1, la députée RN Caroline Parmentier, qui a suivi de près les travaux de la commission et dont elle a dépeint les coulisses, en grand entretien auprès de BV. Charles Alloncle préconise aussi particulièrement de lutter contre les conflits d’intérêts. À ce titre, il a d’ores et déjà proposé à Éric Ciotti d’intégrer à la prochaine niche parlementaire du groupe UDR, qui aura lieu le 25 juin, une proposition de loi qu’il a rédigée. Première traduction concrète de ce labeur de titan, qui porte sur « la prévention des conflits d’intérêts entre sociétés de production privées et l’audiovisuel public ». Une proposition pour « assainir les pratiques » et « éviter les corruptions passives et actives ». Nous n’avons pas fini d’entendre parler de Charles Alloncle, qu’on se le dise !
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts


































Un commentaire
La députée horizon panier runachier a descendu ce rapport..
Elle fait bien partie de cette caste .
Demain , un livre explosif sort dans les librairies sur l’audiovisuel.
« Les intouchables de l’audiovisuel public « , les révélations chocs de la commission d’enquête .
Michel Goldstein est journaliste. Il a travaillé chez France Télévisions pendant plus de trente ans et connaît toutes les arcanes du groupe.
Le livre va certaiment faire des dégâts.