Quentin : Barrot fulmine contre « l’Internationale réactionnaire »

Le ministre des Affaires étrangères n’apprécie pas que les USA commentent le « violent extrémisme de gauche » en France
Capture d'écran © franceinfo France Inter
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Nouvelle friction entre la France et les États-Unis. Jean-Noël Barrot n’apprécie pas que nos amis américains s’inquiètent de la montée de la violence à l’extrême gauche. Il préférerait qu’à l’étranger, on dise que tout va bien. Qu’il s’agisse de l’antisémitisme islamo-gauchiste ou de la mort de Quentin, le centre mou n’aime pas qu’on critique son extrême gauche.

Pour Sarah B. Rogers, un recul de la démocratie

Premier acte. Le 19 février, le contre-terrorisme américain s’inquiète de la mort de Quentin Deranque du fait de l’implication de « militants d’extrême gauche ». « L'extrémisme de gauche violent » représente une « menace » pour la sécurité publique. Rappelons que — alors que la dissolution de la Jeune Garde traîne en longueur en France — les États-Unis n’ont pas hésité à classer les antifas comme organisation terroriste.

Deuxième acte. Le post est commenté par Sarah B. Rogers, sous-secrétaire d'État américaine chargée de la diplomatie publique. Elle voit dans le meurtre de Quentin un recul de la démocratie. Voire, de la civilisation : « Dès lors qu'on choisit de tuer des gens pour leurs opinions plutôt que de les convaincre, on renonce à la civilisation. » « Nous continuerons à suivre cette affaire », avertit-elle.

Barrot sur ses grands chevaux

Troisième acte. Le compte French Response, organe officiel du Quai d’Orsay, lui répond. « US : 6,7 homicides pour 100.000 habitants. France : 1,5 homicide pour 100.000 habitants. Nous continuerons à suivre cette affaire. » Nuançons : aux États-Unis, les homicides sont à la baisse. En France, ils sont à la hausse.

Quatrième acte. Le post du contre-terrorisme est retweeté par l’ambassade américaine en France et Jean-Noël Barrot monte au créneau, annonçant la convocation de l’ambassadeur des États-Unis. Dans l’émission Questions politiques (France Info, France Inter, Le Monde), il le prend de haut : « Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame qui endeuille une famille française à des fins politiques. » Le ministre des Affaires étrangères ajoute que « nous n’avons aucune leçon, s’agissant de la violence en particulier, à recevoir de l’Internationale réactionnaire ».

Une terminologie communiste septuagénaire

« L’Internationale réactionnaire » ! Une expression de bolchevique d’après-guerre mais que s’approprie un ministre centriste des années 2020. On croirait lire L’Humanité en 1947 : « L’Internationale réactionnaire et fasciste ». Que Jean-Noël Barrot se méfie : c’étaient aussi les mots utilisés par Garaudy devant le Comité central du PCF, en 1948, pour qualifier la politique du Vatican. Oui, ce même Garaudy qui, après avoir nié le Goulag, nia la Shoah. Jean-Luc Mélenchon ne s’y est pas trompé. Cette terminologie, c’est toute son enfance : « Merci au ministre Barrot d'avoir convoqué l'ambassadeur US pour lui apprendre à nous respecter quand Trump prétend se mêler de la justice en France pour soutenir les nazis de France », a-t-il réagi.

Or, les États-Unis n’ont donné aucune leçon. Ils ont fait part de leur inquiétude. Jean-Noël Barrot ne faisait pas autre chose à propos de la campagne présidentielle américaine de 2024 lorsqu’il disait regretter « la brutalisation, la polarisation du débat démocratique ». Dans un tout autre dossier (qui concerne Israël), la Commission nationale consultative des droits de l’homme lui a fermement rappelé, il y a dix jours, que « la critique des politiques d'un gouvernement […] relève de la liberté d’expression ».

Selon que vous serez Trump ou Tebboune

La France elle-même n’a-t-elle pas autorisé, sur son sol, des manifestations en faveur de George Floyd, en 2020 — s’asseyant même sur les règles sanitaires ? Christophe Castaner, alors ministre de l’Intérieur, affirmait être « parfaitement à l'aise » à l'idée de poser un genou à terre. Ni le geste ni les manifestations n’étaient neutres vis-à-vis des autorités américaines. La France prenait officiellement position pour les contestataires.

Mais, on l’a compris, Jean-Noël Barrot est la voix de son maître. Quelques jours après la réponse hargneuse d’Emmanuel Macron à Georgia Meloni — décidément, les macronistes n’aiment pas qu’on critique l’extrême gauche, où sont leurs alliés d’hier et peut-être de demain —, le voici qui y va de son aboiement. Une attitude fière en apparence, qui tranche avec son continuel aplatissement devant l’Algérie. Jean-Noël Barrot semble d’ailleurs avoir pris le ton de son homologue algérien qui — lorsque Macron avait plaidé la cause de Boualem Sansal — avait qualifié l'intervention présidentielle française d’«immixtion éhontée et inacceptable dans une affaire interne algérienne »

L’été dernier, déjà convoqué pour avoir critiqué l’inaction du gouvernement français face à la montée d’un certain antisémitisme, Charles Kushner avait envoyé à sa place son chargé d’affaires. Ce mardi 23 février au soir, on apprend que l'ambassadeur américain ne s'est pas présenté au ministère des Affaires étrangères. Cela dit tout du respect que Jean-Noël Barrot inspire...

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

126 commentaires

  1. Et si on faisait un concours des internationales ? De la bêtise, de la nullité, de l’incompétence, de l’arrogance, du mépris de ses concitoyens et de nos responsabilités vis à vis d’eux ?

  2. Encore un qui est l’illustration même du principe de Peter mais il est vrai qu’ils sont légion dans la macronie.

  3. Alors Barrot, cesse de jouer au petit coq arrogant- ton chef président s’est déjà arrogé cette posture
    Faut pas jouer les fiers .à bras, quand on vient picorer dans la main de l’Algérie.

  4. Allez, arrêtez de vous en prendre à ce pauvre homme qui a été contraint d’accepter un poste au-dessus de ses capacités. Il souffre déjà suffisamment.

  5. Maintenant que Charles Kushner, apparenté à Donald Trump, a été interdit d’accès direct au gouvernement français par Jean-Noël Barrot, Quentin Deranque est passé ce matin du statut d’étudiant d’extrême droite (ce qu’il n’a jamais été) à celui d’étudiant d’ultradroite dans le principal média de propagande et de désinformation télévisuelles québécois, TVA. Ainsi va l’information confiée aux journalistes wokes de ce monde : Georges Floyd était un petit ange parti trop tôt, et Quentin Deranque un dangereux terroriste! Ça, ça dépasse l’indécence partisane habituelle. Où ont-ils trouvé qu’il était d’ultradroite? Faire mieux que les pires (journalistes) français?

    • Au Québec, que ce soit sur le groupe TVA ou le groupe Radio Canada, les journalistes ne font même pas semblant d’être neutres. C’est le règne du wokisme et du politiquement correct. C’est pire qu’en France.

  6. C’est pitoyable ! Lorsque l’on se souvient des Couve de Murville, Debré, Peyrefitte et autres, et que l’on voit qui dirige et représente notre pays aujourd’hui, on a le vertige. Dans ses mémoires, Kissinger racontait l’angoisse de Nixon à l’approche d’une rencontre avec de Gaulle. Que s’est-il passé dans notre pays pour tomber si bas ?

  7. C’est fou ce besoin chez les macronistes de se ridiculiser à chaque fois que l’occasion se présente, Seul moyen des montrer qu’ils existent ?

  8. Trump et ses alliés ont transformé l’Élysée en scène de théâtre comique. Macron, le grand stratège, se retrouve avec une leçon d’humilité : critiquer les autres, c’est facile, mais quand les rôles s’inversent… Peut-être qu’il devrait inviter Trump et Mélonie à un grand débat ?
    Restons sur le quivive : la prochaine étape, c’est Macron qui convoque Bilan de cette farce ? Trump et ses alliés ont transformé l’Élysée en scène de théâtre comique. Macron, le grand stratège, se retrouve avec une leçon d’humilité : critiquer les autres, c’est facile, mais quand les rôles s’inversent… Peut-être qu’il devrait inviter Trump à un dîner d’État ?
    Restons sur le qui-vive : la prochaine étape, c’est Macron qui convoque Jésus qui a protesté contre le sort qu’on lui a fait à l’inauguration des JO.

  9. La diplomatie française, bien mal représentée et pas représentative malgré elle, se fait humilier hors frontières – lesquelles? Celles de notre hexagone ou celles de Schengen?
    Et voilà que même chez elle le camouflet reçu l’a met à genoux.
    Quand donc ces deux personnages, président et ministre, cesseront-ils de prêter le flanc à l’humiliation?
    Peut-être en 2027 encore faut-il que les français réagissent enfin sans faiblir.

  10. Petit fonctionnaire sans aspérité, il peut fulminer alors que son chef et le roi du tweet qui distribue bons points et cartons jaunes. Ce qu’on prend ce sont des retours de boomerang. On attend toujours qu’il fulmine contre Tebbounne et sa clique et qu’il prenne à bras le corps la question des OQTF pour éviter les prochains meutres ou viols.

  11. Barrot illustre physiquement la déchéance anthropologique des hommes politiques français en général et des macronistes en particulier !

    • Que les Macron-Barrot-Nuñez & Co. amènent Tebboune à la raison, qu’ils renvoient les OQTF au bled, que les clandestins redeviennent des hors-la-loi, que les mineurs non accompagnés subissent les tests permettant de vērifier leur minorité, etc.
      Après on verra.

  12. M. Barrot ferait mieux de s’intéresser aux propos infamants et incessants des responsable algériens à l’endroit de notre pays et des paroles pour le moins ambiguës et iconoclaste de notre « ambassadrice auprès des phoques et des ours blancs » dans le bureau de M. Tebboune. Il y aurait matière à commentaires offusquées pour l’un et à renvoi à ses chères études pour l’autre, mais ne rêvons pas.

  13. Il va finir par se fâcher vraiment Monsieur Barrot contre les USA vous savez ! Ces derniers le craignent tellement qu’ils n’osent pas envoyer le Chef diplomate ! Il est vrai qu’en macronie, spécialement au quai d’Orsay tout…glisse comme sur une toile cirée. Monsieur Barrot, un grand spécialiste.

  14. Le père de JN Barrot était un petit bonhomme du centre droit, modeste et très influent. JN Barrot est un petit bonhomme nettement plus à gauche, arrogant et sans influence, en dehors du fief électoral de sa famille. Les spécialistes de la comptabilité électorale prétendent que L. Wauquiez, élu dans ce fief, n’aurait pu l’être lors des dernières législatives sans le soutien de LFI. C’est le monde de la petite politique combinarde de la IVè République.
    Mérite-t-il plus d’attention que celle qui lui est manifestée par D. Trump et ses collaborateurs ? Tout cela est bien méprisable.

  15. Que les Macron-Barrot-Nuñez & Co. amènent Tebboune à la raison, qu’ils renvoient les OQTF au bled, que les clandestins redeviennent des hors-la-loi, que les mineurs non accompagnés subissent les tests permettant de vērifier leur minorité, etc.
    Après on verra.

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