Bien sûr que ce n’est pas chrétien de se moquer, mais quel mal y a-t-il à se faire du bien ? Aucun ; certains théologiens sont formels sur la question. Jean-Pierre Garraud, député RN au Parlement européen, paraît donc goûter ce genre de petits plaisirs lorsque tweetant : « Lors du débat de la présidentielle, Emmanuel Macron avait accusé Marine Le Pen de créer la guerre civile dans les cités si elle venait au pouvoir… Sauf qu’au bout des cent jours qu’il se donnait pour apaiser le pays, c’est le chaos. »

Un « petit plaisir », on vous dit, comme Amélie Poulain dégustant voluptueusement des framboises glissées au bout de ses doigts. Certes, l’ambiance est à tout, sauf à la rigolade ; et pourtant… Déjà, ces « cent jours »… Encore une idée fumeuse des conseillers de McKinsey, payés au prix du platine par ces technocrates, chauves de l’intérieur et désormais tous barbus, de l’Élysée, à n’en point douter. Car au bout de ces fameux « cent jours », et tant qu’à filer la métaphore napoléonienne, l’Empereur s’est tout de même fait repasser dans les grandes largeurs à Waterloo. La preuve en est que ce nom est celui d’une gare de Londres et pas de Paris ; au contraire de celle d’Austerlitz.

Bref, quand on veut faire dans l’Histoire, ce n’est pas plus mal d’ouvrir un manuel du genre avant de faire de même de sa grande bouche. On dit ça, justement, pour être chrétien. Emmanuel Macron, donc, avait assuré que si les Français portaient Marine Le Pen aux plus hautes fonctions, le « chaos » s’en trouverait illico garanti, un peu comme avec le contrat de confiance de Darty.

Certes, d’une femme à l’Élysée il n’y eut point. Dommage, les féministes auraient pu pavoiser. Mais il paraît, à les en croire, que Marine Le Pen ne serait pas « une vraie femme ». Ah bon ? Et à quelle étrange bête avons-nous affaire ? À une buse à poils blonds ? À un gnou du Finistère ? Un phacochère du Morbihan ? Ou peut-être, simplement, à une femme voyant un peu plus loin que le bout de son nez. Mais chez ces gens-là, ces choses ne se disent pas. On préfère demeurer dans l’entre-soi.

Bref, si cette dame manqua le rendez-vous de 2017 et 2022, le chaos, lui, y était, de gilets jaunes en émeutes urbaines, tout en n’oubliant pas les manifestations consécutives à la réforme des retraites. Résultat ? Emmanuel Macron, autoproclamé gardien des élégances républicaines et de l’ordre du même nom, a achevé de ridiculiser la nation en annulant la visite du roi Charles III d’Angleterre et en séchant une réunion officielle en Allemagne. Avait-il piscine, ces jours-là ? Non, il avait simplement chaos. Tandis que KO il demeure, si l’on en croit ces enquêtes d’opinion répétant inlassablement les mêmes courbes.

Et le sondage du Figaro Magazine de ce vendredi dernier de nous confirmer que, hormis Édouard Philippe, l’imam caché de cette droite donnée pour être de gouvernement (40 %), Marine Le Pen et Jordan Bardella grimpent sur le podium avec, respectivement, et 34 % et 27 % d’opinions favorables. Et comme un petit bonheur coupable n’arrive jamais seul, on notera qu’une autre Marine, Tondelier celle-là, matrone de EELV, dégringole dans les sous-sols du Top 50, avec 4 % de jugements positifs.

Conclusion ? Il fut longtemps reproché à Marine Le Pen de ne pas avoir été à la hauteur de ses deux débats présidentiels d’entre-deux-tours. Mais que dire d’Emmanuel Macron ? Rien. Car là, si l’on disait, ce ne serait vraiment pas chrétien.

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05 juillet 2023 à 19:21

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39 commentaires

  1. En 2032(après son 3ème mandat, il sera temps pour notre cher président de partir à la retraite la satisfaction du devoir accompli), puisque c’est la « prochaine élue », elle ne fera qu’une seule chose. Et avec zèle de surcroît: rien.
    Comme disait le disait si justement Confucius : « Si tu ne sait pas quoi faire, continue comme avant. »

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