Décidément, le Saint-Siège n’en finit plus de nous désarçonner. Quelques jours seulement après avoir inauguré sa crèche moche, le Saint-Père déclare « moralement acceptables » des vaccins anti-Covid fabriqués à partir de cellules de bébés avortés, plus précisément des lignées cellulaires de deux fœtus avortés dans les années 1960.

La Congrégation pour la doctrine de la foi l’affirme dans une note signée par le préfet, le cardinal Luis Ladaria, et explicitement approuvée par le pape François, jeudi 17 décembre. La pandémie actuelle justifie donc que « tous les vaccins reconnus comme cliniquement sûrs et efficaces peuvent être utilisés en restant conscient que le recours à ces vaccins ne signifie pas une coopération formelle avec l’ dont sont issues les cellules à partir desquelles les vaccins ont été produits ».

Le appelle également les laboratoires à « produire, approuver, distribuer et offrir des vaccins éthiquement acceptables qui ne créent pas de problèmes de conscience ». Pour autant, le anti-Covid a beau être déclaré « moralement acceptable », la fin justifie-t-elle tous les moyens ? L’Église, dernier rempart moral dans cette société, ne vient-elle pas d’ouvrir une brèche dans laquelle certains ne manqueront pas de s’engouffrer ? Dès lors qu’on y touche, un principe n’en est plus un. Comment l’Église, qui commémorera le martyr des Saints Innocents le 28 décembre, et priera à cette occasion pour les nombreux enfants tués dans le sein de leur mère, peut-elle coopérer indirectement avec un tel drame et le relativiser, quoi qu’elle s’en défende ? Le raccourci est tentant de penser que les cellules embryonnaires sont utiles à la recherche et, donc, cette pratique « moralement acceptable »…

Enfin, sans vraiment pouvoir encore juger de l’efficacité de tels vaccins, ni en mesurer les effets secondaires, le Vatican incite également les fidèles à se faire vacciner pour « le bien commun » et « la protection des plus faibles et des plus exposés ». Et il invite les réfractaires au vaccin à « un comportement approprié » pour éviter de « de devenir des vecteurs de transmission de l’agent infectieux ». Quand le Saint-Siège se fait le porte-parole de l’OMS, mesure-t-il la portée de ses propos lénifiants dans l’esprit de certains fidèles ?

Il est à craindre désormais, et il ne faudra pas s’en étonner, que de nombreux paroissiens désertent définitivement leur église, préférant aux bancs potentiellement contaminants le confort et la sécurité d’une télévisée dans son canapé, se privent des sacrements pour vivre confinés, dirigés par la peur. Loin de tout contact humain, ils penseront ainsi bien faire, avec la bénédiction du Saint-Père.

23 décembre 2020

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