Editoriaux - International - 20 mars 2018

Les « pseudo-féministes » voilées baisseraient-elles le masque ?

En Iran, une femme a été condamnée à 24 mois de prison, dont 3 ferme, pour avoir laissé ses cheveux libres en public. Le procureur va faire appel, car il trouve la peine trop légère.

Cette affaire nous concerne tous, car la liberté est une et indivisible et appartient aux droits de l’homme inaliénables. Aucun pays, aucune Constitution ne peut réduire ces derniers, même en invoquant des prétextes religieux. Toute femme, qu’elle soit musulmane, chrétienne, juive, bouddhiste ou hindouiste, a le droit de ne pas couvrir ses cheveux si elle le souhaite. Pour ma part, j’estime qu’un pays qui rend obligatoire le voile devrait être écarté de l’ONU et de toute instance internationale de la même façon que l’ont été l’Afrique du Sud et la Rhodésie lorsqu’elles pratiquaient la ségrégation. À mes yeux, imposer le hidjab est aussi grave que de retirer ses droits civiques à un homme ou à une femme qui n’aurait pas la bonne couleur de peau.

Je m’étonne donc du silence assourdissant des pro-voiles qui ne cessent de prétendre que hidjab et féminisme sont tout à fait compatibles. Par exemple, les chroniqueurs de M. Hanouna n’ont pas, à ma connaissance, parlé de l’ignoble verdict iranien à l’antenne et, bien entendu, ils n’ont pas exprimé leur indignation de quelque manière que ce soit. Pourtant, ils se sont violemment opposés à Bernard de La Villardière, car ce dernier désapprouve le voile, même s’il est contre son interdiction. Y aurait-il deux poids deux mesures ? Une femme originaire de l’ancienne Perse vaudrait-elle moins qu’une Française ? À moins que, pour certaines prétendues féministes hexagonales, le voile ne soit pas une liberté mais une obligation ?

De plus, lors d’une manifestation organisée à l’occasion de la Journée de la femme (le 8 mars), des militantes qui avaient déployé des pancartes pour soutenir leurs sœurs iraniennes victimes de la répression ont été violemment prises à partie et insultées par des militants BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions), c’est-à-dire de la part de pro-palestiniens qui prônent le boycott d’Israël. Cet incident a provoqué l’écœurement de quelques (vraies) féministes et certaines ont été jusqu’à déclarer qu’elles arrêtaient toute action, car leur combat serait gangrené par les « islamo-gauchistes ».

Il est, en effet, temps de réagir : le glissement opéré par les bien-pensants est de plus en plus insidieux. Par peur d’être accusé d’islamophobie, on tolère des dérives inquiétantes. Par exemple, une affiche canadienne vante le féminisme en présentant une jeune fille voilée ! C’est tout bonnement scandaleux. Bien entendu, toute loi qui interdirait le hidjab serait liberticide, mais ce tissu reste le symbole de la domination patriarcale. Une femme voilée n’est absolument pas féministe, car elle se soumet volontairement aux diktats des hommes. Certes, elle est libre de le faire, mais son attitude ne doit surtout pas être érigée en modèle.

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