Accueil Agriculture Procès des Khmers rouges : les génocides marxistes ne font pas recette !

Procès des Khmers rouges : les génocides marxistes ne font pas recette !

Au hasard des rues de nos métropoles, on croise çà et là des slogans qui nous font sourire. Sous la bombe (de peinture) des anarchistes rouges, noirs ou verts, on découvre les formules assassines dénonçant ici la propriété qui ensauvage, là l’État qui contraint, l’école qui endoctrine, l’argent qui corrompt…

On a tort de sourire. Les utopies incarnées du XXe siècle ont prouvé que l’idéologie politique pouvait tuer plus sauvagement encore que les guerres de conquête. L’une des plus assassines a sévi au Cambodge entre 1975 et 1979.

Le régime des Khmers rouges est né au 28, rue Saint-André-des-Arts, à Paris, au début des années 50. Le « frère numéro un » Pol Pot et ses sbires, abreuvés de marxisme, y élaborent l’avènement de l’homme nouveau enfin débarrassé des scories d’une modernité aliénante. Il faut suivre l’exemple du Grand Timonier, Mao Tsé-Tung, qui a lancé en Chine sa révolution culturelle. Avec l’abolition de la religion, le retour à la campagne est la première étape vers le salut. L’agriculture collectiviste et la disparition de la monnaie complètent le programme. Enfin, on fera la rééducation du peuple.

Une fois rentrés au Cambodge, le mot d’ordre est d’éliminer les élites. Il faut se débarrasser de toute urgence de ceux qui ressemblent à des notables. Les juges, les avocats, les professeurs, les instituteurs, les bonzes, les prêtres de ces religions venues d’Occident, les étudiants et autres porteurs de lunettes sont les victimes désignées d’une première série de purges. Il importe de chasser les urbains afin qu’ils se défassent des miasmes mortifères de la ville. En trois jours, deux millions de personnes sont expulsées de la capitale. En trois ans, huit mois et vingt jours – le temps du règne de « l’Angkar » –, la machine à broyer le peuple va avaler 1,7 million de Cambodgiens, soit 21 % de la population 1. Tous sacrifiés pour le triomphe de l’utopie marxiste-léniniste. Une extermination qui dépasse, par son ampleur, tous les holocaustes d’un XXe siècle qui n’en fut pourtant pas avare.

Pourtant, pas de procès de Nuremberg pour les bourreaux. Le monde – et c’est peu dire – n’a guère manifesté de hâte dans leur traque, et les Cambodgiens encore moins. Il a fallu des années de tractations entre l’ONU et le nouveau gouvernement pour que des procès puissent s’ouvrir. De dérobades en dérobades, une saga judiciaire de plus de trente ans…

Le 7 août dernier – enfin ! –, 35 ans après la fin du régime, Khieu Samphân (83 ans) et Nuon Chea (88 ans), ses deux plus hauts dirigeants, ont été condamnés à la prison à vie. Ce n’est que le deuxième verdict rendu par le tribunal. Le premier concernait Kaing Guek Eav, alias Douch, tortionnaire en chef du trop fameux « camp S21 », condamné en 2010 à 30 ans de détention, puis à la perpétuité en appel en 2012.

Pol Pot, jamais inquiété, est mort en 1998 à l’âge de 73 ans. Ta Mok, « le Boucher », devait être jugé mais il est décédé en 2006 avant le début du procès.

Le ministre des Affaires étrangères Ieng Sary est décédé paisiblement en 2013 à l’âge de 87 ans ; quant à son épouse Ieng Thirit, ministre des Affaires sociales, elle a été considérée « inapte à être jugée pour cause de démence », puis libérée en 2012.

De ces très rares procès, la presse parle peu. C’est le mois d’août. Et puis… et puis, ici aussi, on préfère oublier que l’intelligentsia française soutenait alors à fond ces régimes sanguinaires. Pourtant, il n’y aura jamais de procès, même pas de regrets officiels de tous ceux qui, ici, les ont vantés. Le journal Le Monde, par exemple, qui, le jour où la capitale cambodgienne est tombée aux mains des Khmers rouges, titrait en une : « Phnom Penh enfin libérée ! »

Notes:

  1. Pour saisir l’ordre de grandeur, c’est 13,5 millions de personnes dans la France d’aujourd’hui.

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