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Coronavirus - Editoriaux - Santé - Social - 1 juillet 2020

Primes « Covid-19 » : entre égalité et égalitarisme, où est l’équité ?

Ah ! les soignants pendant le Covid-19… On les a aimés et, même, longtemps applaudis à nos fenêtres à vingt heures. Sibeth a même annoncé, en mai que, quoique rappelant fâcheusement l’époque coloniale (horresco referens), on allait ressusciter la « médaille de l’engagement face aux épidémies ». Idée soufflée à Macron, dit-on, par le professeur Raoult, ce que ce dernier n’a pas démenti lors de son entretien pétaradant avec Jean-Jacques Bourdin. Ce qu’il y a de bien, avec les médailles, c’est que ça fait plaisir à celui qui la reçoit et ne coûte rien à celui qui la donne : c’est du gagnant/gagnant.

Mais maintenant, il faut penser à des récompenses moins symboliques et plus terre à terre : la prime !

Le Figaro nous apprend ainsi que dans les hôpitaux, elle a été fixée à 500 euros pour tous les membres du personnel hospitalier et 1.500 euros pour ceux ayant travaillé dans les 40 départements les plus touchés par l’épidémie ou des établissements et services ayant accueilli des malades du Covid-19. Dans les EHPAD relevant de la fonction publique hospitalière, la prime – défiscalisée et exemptée de cotisations sociales – a été établie à 1.500 euros dans les départements les plus durement touchés par l’épidémie, et à 1.000 euros dans les autres.

Si l’on comprend bien l’expression « tous les membres du personnel hospitalier », l’aide comptable qui n’approche jamais un malade touchera donc la même chose que l’infirmière ou l’aide-soignante qui a dû affronter sans masque la première vague ! Quant à ceux qui se sont fait porter pâles des semaines (parfois la moitié des salarié, dans certains EHPAD…), on ne sait pas s’ils auront aussi le petit cadeau.

On comprend bien que si, dans les services de radiologie, tout le monde porte un dosimètre qui enregistre les radiations auxquelles on a été exposé, il n’existe, hélas, pas encore de dosimètre pour l’exposition au coronavirus, mais tout de même !

Pour la CFDT, c’est simple : cette prime « se doit d’être strictement égalitaire » et, bien évidemment, de 1.500 euros – le maximum – pour tout le monde (il est vrai que des euros, on en imprime tous les jours…), expliquant que ces « ruptures d’égalité, que ce soit entre titulaires et contractuels, entre personnel des centres hospitaliers, des EHPAD et des administrations médico-sociales, ainsi qu’entre zones géographiques, et entre personnels d’un même établissement, sont injustes ».

L’idée d’appliquer le principe de subsidiarité, en confiant, par exemple, dans chaque établissement, à un comité restreint, le soin de répartir une enveloppe en fonction des risques encourus, n’est évidemment venue à personne.

Entre équité, égalité et égalitarisme, la France a toujours du mal à trancher. Et comme disait Boucher de Perthes, sous la Révolution, « les partisans de l’égalité commencent toujours par établir des catégories ; puis ils se mettent dans la première »

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