Le maire de Nice Christian Estrosi sonne le tocsin. Ce mercredi, l'inspecteur académique de Nice l’a informé de la tenue de « prières musulmanes par des enfants de CM1 et CM2 » ainsi que de « minutes de silence organisées en mémoire du prophète Mahomet » dans des établissements scolaires niçois. « Des faits extrêmement graves » pour le premier magistrat, par ailleurs membre du parti Horizons allié de la majorité d’Emmanuel Macron. Une alarme prise visiblement très au sérieux par le ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye. Celui-ci a immédiatement réagi en déclarant : « Les faits qui se sont passés dans trois écoles primaires de Nice sont intolérables. Je mobilise immédiatement les équipes valeurs de la République. »

Immédiatement, la valse des condamnations entre en piste. Ainsi, le président des LR Éric Ciotti, par ailleurs député des Alpes-Maritimes, a tweeté dans la foulée : « Je m’en suis entretenu avec la rectrice. Ces faits participent à l’augmentation des atteintes à la laïcité. Je demande à l’État d’intervenir de toute urgence. »

« Cela fait des années que M. Estrosi devrait s’inquiéter pour Nice »

Pour le premier opposant niçois Philippe Vardon, membre de Reconquête, le maire de Nice ne manque pas d’air. « Cela fait des années que M. Estrosi devrait s’inquiéter pour Nice », réagit l’élu local par téléphone. Ainsi, Philippe Vardon évoque des accointances qui existeraient, selon lui, entre l’équipe Estrosi et certains courants de l’islamisme radical. Notamment vis-à-vis de la mosquée des Moulins, quartier niçois en reconquête républicaine. Dès sa première campagne municipale, en 2007, il se serait rapproché de l’imam Otmane Aissaoui et avait affirmé se sentir « chez lui » dans sa mosquée du quartier de l’Ariane. Patron local de l’Union des organisations islamiques de France (UIOF), Aissaoui fait la promotion des Frères musulmans et de Mohamed Morsi quand ce dernier déclare que « le Coran est notre Constitution ». L’imam relaie également le prédicateur Youssef al-Qaradâwî, interdit de séjour en France, qui multiple les discours antisémites et appelle à la colonisation de l’Occident par l’islam. Entre autres… « On est dans l’exemple parfait du pompier pyromane », selon Vardon, qui appelle Christian Estrosi à « poursuivre le chemin de la cohérence » en « cessant immédiatement toute relation » avec ces antennes de relais islamistes.

Du côté du RN, on n’épargne pas non plus l’édile niçois. Le député des Alpes-Maritimes Bryan Masson s’est fendu d’un communiqué déclarant que « rien n’est fait à Nice pour enrayer l’islamisme » mais que « pire, l’action d’Estrosi ne fait que le renforcer ».

Eau tiède et fil à couper le beurre

Christian Estrosi n'aurait-il pas mieux fait d'être discret sur cette affaire ? Si l’édile de Nice est connu pour donner régulièrement de la voix contre l’emprise islamiste en France, on pourrait se demander pourquoi il s’est fait le soutien d’un gouvernement qui aggrave une pression migratoire déjà insurmontable et qui n'est pas sans lien avec le développement de ce que la loi appelle désormais le « séparatisme ». Comme, du reste, les étudiants de l'UNI l'ont rappelé dans un communiqué dans lequel ils dénoncent « cette énième offensive du communautarisme islamique qui est la conséquence du renoncement et du déni complice des pouvoirs publics, mais également de l’immigration massive ». Pas inutile, de temps en temps, de remonter l'arbre des causes...

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17 juin 2023 à 15:10

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41 commentaires

  1. Plus le temps passe, et plus ils envahissent le pays. Plus ils sont nombreux, plus ils prennent de l’importance pour islamiser la France. Et les français ne réagissent qu’en paroles.

  2. « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ». L’aphorisme de Bossuet se sent comme un poisson dans l’eau à Nice.

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