Oui, elle l'a dit, mais elle ne l'a pas dit. Enfin, pas tout à fait, pas comme ça, peut-être un peu, mais pas complètement. Face au journaliste des « 4 vérités » de France 2, Sandrine Rousseau a sorti les avirons pour tenter de remonter le courant de sa déclaration surréaliste du week-end : « Ça me déprime de faire de la politique dans des groupes du Ku Klux Klan. »

Sports nautiques et cyclisme sont au menu de l'interview avec, tout d'abord, un rétropédalage laborieux concernant sa référence au Ku Klux Klan. Sa langue a fourché, un éternuement malencontreux : « C'était maladroit de ma part. Cette expression était excessive. » À vos souhaits !

Vient, ensuite, la partie maçonnerie de l'entretien avec la déconstruction intégrale du sens de ce qu'elle avait clamé haut et fort deux jours auparavant lors d'un débat à Toulouse. « Ça n’était évidemment pas EELV qui était visé, en aucune manière évidemment. » Au festival de la mauvaise foi, la palme est attribuée à...

« J’ai utilisé cette expression volontairement choquante pour dire qu’on est face à une extrême droite qui monte d’une manière historique, on est face à un suprémacisme blanc. »

En suivant le cours du rapide que Sandrine Rousseau tente de remonter, nous arrivons à cette terrible conclusion logique : l'ex-postulante à la candidate EELV milite, par ailleurs, pour le mouvement Reconquête d'Éric Zemmour. L'ayant qualifié de « suprémacisme blanc », la phrase « Ça me déprime de faire de la politique dans des groupes du Ku Klux Klan » vient indiquer clairement qu'elle en est. Agent double. Taupe infiltrée dans les rangs d'un parti écologiste. « Papiers de l'embarcation, s'il vous plaît. Vous allez souffler dans notre fachotest. »

Malgré tous ses efforts, le radeau de la rameuse prend l'eau. Ses propos démontrent sans l'ombre d'une ambiguïté que l'ex-postulante à la candidature EELV a assimilé l'équipe de Yannick Jadot à « la société secrète terroriste de suprémacistes blancs » (selon la définition de Wikipédia) qui sévissait aux États-Unis dans les années 60. Par malheur, aucun médecin n'était présent dans la salle pour venir ausculter la patiente. « Je veux faire de la politique avec des visages de toutes les couleurs », avait-elle ajouté. Un vœu sur le point d'être exaucé. En apprenant ce à quoi ses troupes étaient comparées, le visage de Yannick Jadot est passé du rouge de colère au vert de rage. Une belle avancée sur le chemin de la créolisation à la mode Rousseau.

7 mars 2022

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