On ne sait pas si ce quotidien a prévu quelque chose pour les touches du piano. Le journal new-yorkais s’est adressé à ses lecteurs pour les informer de sa dernière révolution grammaticale. Dorénavant, il écrira « Black » avec un grand B et « white » avec un petit w. C’est, bien sûr, l’actualité de ces dernières semaines qui explique ce choix.

Le New York Times explique que le B majuscule de « Black » correspond aux souhaits de la communauté afro-américaine. Cette dernière, toujours bafouée, sans cesse humiliée et souffrante, a soif de compensations. Et un B majuscule dans le New York Times, c’est comme, chez nous, la Légion d’honneur.

Pour le côté émotionnel, le journal laisse entendre que les manifestations à la mémoire de ne l’ont pas laissé de marbre. Le journal, scrupuleux et honnête, a également une pensée pour les Blancs (moi, j’écris ça avec une majuscule). Il se défend à l’avance de ne pas mettre un W majuscule à « white » alors qu’un simple parallélisme semblerait l’imposer.

C’est que le New York Times n’a pas observé chez les Blancs la même fougue passionnée et identitaire que chez les Noirs. Ils sont tranquilles, les Blancs. Ils ne réclament rien. Pas d’émeutes, pas de manifestations, pas de pillages. Les Blancs sont manifestement des lavettes. Ils mettent leur chemise à carreaux, leur chapeau de cow-boy, leurs bottes et vont danser le quadrille dans des bars où ils se bourrent la gueule.

En outre, ils regardent Fox News et n’achètent pas le New York Times. Mais le jour viendra quand un policier noir tuera un délinquant blanc (eh oui, ça arrive…). Alors, ils manifesteront violemment par milliers et saccageront les magasins noirs. Alors le New York Times les gratifiera d’un W majuscule. Pour ma part, j’écris Blanc avec un grand B et Noir avec un grand N. C’est pourquoi mes articles ne seront jamais publiés dans le New York Times.

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