Auréolé de son nouveau statut en Macronie, le désormais premier flic de France, , a subitement mis en avant ses origines arabo-musulmanes au Sénat : le 8 juillet, dans le cadre des questions au gouvernement, l’élue LR du Val-d’Oise, Jacqueline Eustache-Brinio, lui a simplement posé une question de fond sur le séparatisme ambiant, principalement celui qui a explosé à travers les manifestations du clan Traoré et consorts des 2 et 13 juin derniers.

Ce à quoi le nouveau ministre de l’Intérieur a répondu : « Oui, l’islam politique est un ennemi mortel pour la République […] Oui à la liberté de culte, non à la caricature […] Mon grand-père priait Allah et portait l’uniforme de la République […] Mon premier prénom est Gérald, mon deuxième prénom Moussa, et grâce au président de la République et à tous ceux qui m’ont accompagné, je suis très fier d’être ministre de la République. » C’est, donc, ainsi que les masques tombent au pays du « tout à l’ego », justement dénoncé par le penseur et ancien guévariste Régis Debray. Car, dès sa nomination, Darmanin avait tout de suite annoncé la couleur via ce tweet : « Grand honneur, pour le petit-fils d’immigré que je suis, d’être nommé ministre de l’Intérieur de notre beau pays » (le 6 juillet).

Seulement, ce culte des origines risque de se retourner contre lui. Car c’est lui et non pas ses ancêtres que jugent les Français. En l’occurrence, comment ne pas mettre en exergue les violents propos tenus par le patron des Républicains, Christian Jacob, à son encontre, dans les colonnes du Parisien ? « Si j’étais le Président, je m’en méfierais, parce que le ministre de l’Intérieur a les gènes de la trahison ! », le 6 juillet. De fait, Darmanin a bien trahi la famille gaulliste puisque, ancien porte-parole de , proche de Xavier Bertrand, il a rejoint En Marche ! en 2017.

Et avant ? À partir de 2003 et surtout de 2005, il « devient rapidement incontournable dans l’équipe tourquennoise entourant le député [Christian Vanneste, NDLR]. Celui-ci en fait son directeur de campagne pour les législatives de 2007 puis les municipales de 2008 », rapporte un article des Échos publié le 6 mars dernier. Pourtant, « Gérald Darmanin assure aujourd’hui “qu’il n’était d’accord avec lui sur à peu près rien. Il était libéral au plan économique et conservateur au plan sociétal, et moi souvent le contraire.” » Mais Darmanin « sait qu’il a besoin d’une implantation locale pour percer en politique, et ses perspectives à Paris où il milite sont bouchées ».

Alors, qui est vraiment Darmanin ? Mohammed Ben Abbes, le héros de Soumission (roman de Michel Houellebecq, publié en janvier 2015) ? Ou plutôt Raskolnikov, de Crime et Châtiment (Dostoïevski) ? Quoi qu’il en soit, l’ambition jusqu’à la lie, l’art de l’entrisme qui fait les beaux jours de l’ordre islamo-libertaire se dessinant sous nos yeux ébahis.

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