[POINT DE VUE] Les Molière : pour en finir avec cette cérémonie qui ne veut plus rien dire

On trouve encore de malheureux artistes ou auteurs qui veulent à tout prix avoir leur statuette !
@Thomas SAMSON / AFP
@Thomas SAMSON / AFP

La soirée des Molière, cette sorte d’entre-soi parisien et bien-pensant, donc invariablement de gauche et où le m’as-tu-vu rivalise avec le déjà-vu et rabâché cent fois ; cette soirée du conformisme culturel triomphant et cucunet, où le vrai Molière, l’insolent Molière, disparaît sous un propos dégoulinant de vide ; cette mondanité lourdingue qui encombre notre théâtre depuis des années, le ridiculise et l’empêche de respirer ; la soirée des Molière, donc, donnait, l’autre soir, sa dernière et nouvelle édition.

Pourtant, à part le président-directeur desdits Molière lui-même, Jean-Marc Dumontet, propriétaire de nombreux théâtres, on se demande qui s’intéresse encore à cette pendejade — de l’espagnol pendejada, c’est-à-dire qui est tout juste bon à se pendre — et à cette sorte d’attrape-nigaud où il faut faire semblant d’avoir trouvé le génie du siècle pour ne pas avoir l’air d’être encore plus nigaud que lui.

Et cependant, il est encore de malheureux artistes ou auteurs qui veulent à tout prix avoir leur statuette de Molière : une espèce en voie d’extinction, au même titre que les singes savants de Java et les vieilles chaises rococo trouées du marché de Bédarieux.

Aidons les Molière à se réformer !

Signe des temps et de l’usure de ce machin — on a vu cette année David Lisnard, le maire de Cannes, et quelques autres personnalités, de plus en plus nombreuses, ruer dans les brancards de tous ces branquignols qui se veulent plus spirituels que France Inter. Un échange assez vif a même eu lieu entre le maire et le président gauchipète et directeur d’un véritable Monopoly théâtral, ce dernier accusant l’élu de trop d’aigreur. Ce doit être, chez lui, une sorte de leitmotiv, puisqu’il avait dit la même chose à notre intention, il y a quelques années. Nous lui avions proposé de réformer en profondeur cette niaiserie, en sortant du microcosme parisien, et d’aller la décentraliser, avec des acteurs locaux, dès l’année suivante à Béziers, notre ville natale, ou bien à Guéret en Creuse, ou  même à Luchon, dont les thermes sont parmi les plus réputés et où, tous les ans, on peut au moins applaudir le Tour de France, à défaut des invités d’un événement qui doit être absolument parisien et où les ricaneries bien-pensantes sont la règle éternelle.

Pauvre Molière ! Jusqu’à quand, encore, comme disait Cicéron, lui faudra-t-il supporter, tous les ans, cette soirée à l’usage des gogos ?

Ainsi, face à l’urgence de la situation, et comme nous l'avions déjà fait il y a quelques années, en mai 2020, où, avec le concours de la députée de Béziers, Mme Emmanuelle Ménard, nous avions appelé à cette réforme de la cérémonie des Molière, nous renouvelons solennellement notre appel et invitons le maire de Cannes à s’y associer.

Si Jean-Marc Dumontet, tous ces courtisans et censeurs qui l’entourent veulent continuer à donner le nom de Molière à leur entre-soi, qu’ils commencent par retrouver la liberté d’esprit, l’audace et le culot de Molière et du Roi-Soleil, ou ceux du Cyrano de Rostand ou du Ruy Blas de Victor Hugo, au lieu de ces rengaines sinistres où ils se complaisent.

Alors, et jusqu’au passage du Tour de France lui-même, on pourra applaudir !

Picture of Jean-Pierre Pélaez
Jean-Pierre Pélaez
Auteur dramatique

Vos commentaires

21 commentaires

  1. Ces gogos bobos gauchos devraient aller fêter la nuit des Molière sur les rives du fleuve Congo, berceau de la langue Française d’après un certain président.

  2. Ils sont « entre eux »…pour faire la morale à tout le monde ! En attendant, on s’emm….

    • Et tout ceci sur le dos de Molière. Qu on le laisse reposer en paix.
      Ces pseudo artistes ne valent pas grand chose pour se prêter à ce genre de « cinoche ». Beaucoup n ont plus envie de les regarder car ils ne voient que leur militantisme .

  3. Le théâtre, autrefois un art indiscutable et distrayant est devenu quelque chose de vide et la concurrence avec les autres supports de la distraction lui est fatale. Ainsi vont les choses gérées par la gauche autoproclamée intelligente et donneuse de leçons.

  4. Certainement que Molière n’aurait jamais voulu de ces urluberlus dans son théatre et surtout Louis XIV.

  5. Créer un Molière réservé aux artistes non gauchistes pour réhabiliter la culture et la remettre à sa place

  6. Une réunion politique de gauche les Molières.
    Pour avoir des contrats les artistes, on peut les appeler comme tel, il faut qu’ils se disent de gauche et comme beaucoup en doutent sachant comme eux n’en pensent que le contraire, le mieux c’est de faire des déclarations les plus percutantes possibles.

  7. De plus en plus horripilante cette caste de l’entre-soi parisien. A l’image de ce qu’est devenu le  »sévice public ».

  8. Ces cérémonies d’un autre âge d’or sont devenues des rassemblements des artistes consacrés bobos de gauche à plus de 80% , les rois de l’entre soi qui se congratulent hypocritement et se gargariser de tirades politiques donnant l’impression d’êtres supérieurs, face aux gueux qui les font vivre en regardant leurs films, leurs pièces de théâtres, leurs émissions et achetant leurs produits dérivés. Ces cérémonies pathétiques n’ont plus lieu d’être ce sont les fourberies de Scapin.

  9. Molières, Césars, palmes d’or ne sont que des cérémonies de l’entre-soi intello germanopratin. Qui va voir les pièces et films encensés à grand renfort de bienpensance gaucho et de discours mielleux qui se moquent des ploucs que nous sommes nous qui finançons ça avec nos impôts ?
    Le pompon étant atteint par le prix remis à un artiste pour l’ensemble de son oeuvre, à défaut d’avoir été bon une fois !

  10. Pour nous c’est un théâtre, pour eux, les pros, c’est un théâtre dans le théâtre, du Pirandello sans queue ni tête mais où il faut y être et voir sa tête couronnée. C’est le moindre des maux pour des exhibitionnistes qui jouent un jeu double. Dans les coulisses de la réalité on est très individualistes, mais on chante publiquement « tous ensemble,tous ensemble, tous. » Et on donne son avis politique sur tout comme si on avait ecrit le texte des pièces qu’on joue. Les syndicats sont là les meilleurs souffleurs de saltimbanques en quête de reconnaissance. Si bete soit-elle il faut laisser aux Cesars des planches ce joujou. Les comediens sont de grands enfants et les priver de dessert nous serait dommageable. Sachons leur etre reconnaissant de pouvoir traduire notre hypocrisie avec un meilleur talent que le notre.

  11. Bravo pour votre analyse, Monsieur PELAEZ,; on ne peut qu’être d’accord avec vos écrits et vous avez sobrement résumé cette manifestation grotesque, très parisienne, où les acteurs et actrices font des salamalecs , sur fond d’un wokisme décomplexé.
    Dans le passé, j’aimais aller au théatre en famille: nous y passions de belles heures avec des retranscriptions intéressantes et classiques des grands auteurs français. Moments magiques d’entendre la belle langue de Molière dans son jus, sans adaptations qui se seraient voulues innovantes, voire très éloignées des pièces de ces auteurs fabuleux des siècles passés. Actuellement, les programmes du théatre de notre ville sont largement influencés par le wokisme, c’est exaspérant car tellement visible!
    La cérémonie des Molière devrait être réformée, car Molière lui-même, s’il voyait ça, tremblerait de stupeur !
    Molière mérite mieux que ça…

  12. spectacle pour bobos parisiens en mal de publicité…il serait temps de dépoussièrer ces cérémonies qui ne représentent plus rien si ce n’est le snobisme de quelques acteurs has been ou de jeunots méconnus en demande de reconnaissance.

Commentaires fermés.

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