[POINT DE VUE] Indépendance de la Justice : un magistrat à une réunion avec LFI
Jeudi dernier, La France insoumise participait à une conférence de presse intitulée « Non au permis de tuer XXL ». Derrière ce mélange de termes empruntés à la modernité (cette manie de mettre du « XXL » partout) et de références cinématographiques pourtant très patriarcales (James Bond, détenteur dudit permis de tuer, n'est pas réputé pour la déconstruction de son virilisme), il y avait une volonté évidente de provoquer. Ce « permis de tuer » fait allusion à la présomption de légitime défense des forces de l'ordre, récemment votée par les députés. Une loi de simple bon sens, pourtant, mais puisqu'elle défend les policiers plutôt que les malfaiteurs, évidemment, LFI ne pouvait pas laisser passer ça.
Parmi les participants, aux côtés d'Elsa Faucillon, de Thomas Portes et de diverses associations gavées de subventions par le prétendu « État policier », il y avait le secrétaire national du Syndicat de la magistrature, un certain Stéphane Fischesser. On connaît bien, désormais, ce syndicat de juges rouges - le plus important de la profession. Notamment rendu célèbre par la découverte du « mur des cons », sur lequel figurait notamment le général Philippe Schmitt, père d'une fille assassinée par un récidiviste, le Syndicat de la magistrature a participé à la fête de L’Huma et pris position en faveur de la Palestine.
Relations malsaines
Bruno Retailleau s'est légitimement ému de cette collusion avec l'extrême gauche. Dans un article d'une remarquable mauvaise foi, L'Humanité a réagi en rappelant que LFI n'avait pas organisé cette conférence de presse mais y avait seulement participé. Conséquence, pour le journal communiste : l'ancien ministre et candidat LR à la présidentielle menacerait la liberté syndicale.
Le Syndicat de la Magistrature, principal syndicat des magistrats, qui participe à une conférence de presse organisée par LFI et qui appelle à manifester contre une loi voté démocratiquement.
Cette collusion avec l’extrême gauche doit cesser.Il faut profondément réformer… pic.twitter.com/TGDWuVGZVo
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) July 18, 2026
Remettons tout de même deux ou trois choses dans l'ordre. Les magistrats rendent la justice au nom du peuple. Leur rôle consiste à rendre myope la justice que l'on dit aveugle. Ils ne seront pas remplacés de sitôt par une IA, puisque leur rôle (capital) est d'interpréter les textes de loi en les adaptant à des situations singulières. Pour le dire avec Carl Schmitt, c'est le juge qui crée la loi, décision après décision, en rendant chacun de ses jugements littéralement exceptionnel. Sans cela, il suffirait de lire le Code civil.
De la neutralité
Le problème, c'est lorsque les juges sont nombreux à rendre la justice dans un sens ouvertement politique. Certes, toute décision de justice est un acte politique en soi. Mais poursuivre des buts idéologiques quand on devrait se consacrer au bien commun et former une organisation syndicale pour faire nombre et pousser la société dans le sens du chaos sont objectivement odieux.
La Justice est une exception française. Contrairement à d’autres membres de la fonction publique, on n'insiste pas beaucoup sur le devoir de neutralité des magistrats. Pire : quand les membres du Syndicat de la magistrature se prononcent contre une loi qui, de leur propre aveu, a pourtant été votée démocratiquement, ils ne conçoivent pas qu'on le leur reproche. La justice, pourtant, n'est-elle pas rendue « au nom du peuple » ?
À ceux qui prédisent un second tour Le Pen-Mélenchon en mai 2027, on ne peut que conseiller, au moment du vote, de se souvenir de cette politisation gauchiste de la Justice. Si LFI passe, on saura purger d'autres corps réputés fascistes (policiers, militaires…) mais le Syndicat de la magistrature, lui, triomphera. Ce qu'il reste d'impartialité (mais en reste-t-il ?) passera définitivement à la trappe. M. Fischesser sera peut-être garde des Sceaux, allez savoir.
En attendant, il faut dénoncer avec force ces relations malsaines entre politiciens de gauche et juges. Ces derniers, à défaut de réfléchir cinq secondes à l'échec systématique, dans le monde entier, de l’aberration gauchiste, devraient avoir honte.
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52 commentaires
On savait que la justice était devenue le bras armé de l’immigration.A cet égard,elle constitue une importante force d’appoint pour LFI,dont on connait le combat pro-migrants,à l’instar du multiculturaliste macron,finalement,qui devrait prendre sa carte chez mélanchon.
C’est proprement scandaleux que le secrétaire général d’un syndicat de magistrats apporte aussi ouvertement son soutien au parti le plus clivant, le plus totalitaire de la scène politique actuelle.
Totalement d’accord avec Retailleau, il faut interdire ce militantisme chez les juges et actionner, enfin, le levier disciplinaire lorsque les jugements rendus par un magistrat sont trop souvent connotées politiquement et éloignés de la loi.
Bomchamps7 bonjour,
Vous trouvez choquant que le Syndicat de la Magistrature (SM) (minoritaire et pas majoritaire comme indiqué) participe à une conférence de presse avec LFI sur l’usage des armes à feu par les forces de l’ordre. Soit, admettons que de par leurs fonctions les magistrats ne doivent pas se mêler de politique.
Mais alors que pouvez-vous me dire concernant le syndicat policier majoritaire ALLIANCE appelant à voter en 2002 pour Chirac, en 2007 pour Sarkozy, en 2012 pour Hollande et en 2017 ainsi qu’en 2022 pour Macron, le tout pour faire échec au Front National devenu Rassemblement National ? Alliance est même allé jusqu’à imprimer des affiches de moyen format pour faire « barrages aux forces antidémocratiques ». Est-ce bien le rôle d’un syndicat de policiers de jouer les agents électoraux. Merci de votre réponse.
Bonjour,
Les magistrats ont une autonomie, voire une indépendance que les policiers n’ont pas du tout. Ils ont un immense pouvoir quasiment sans contrôle. Lorsqu’un voyou tire au mortier sur des policiers et est jugé par un syndiqué SM comment ne pas se poser de questions sur son objectivité? Pourquoi les hommes et femmes politiques de droite, de premier plan, sont bien plus souvent traqués par la justice que ceux de gauche ? Comment faire confiance aux syndiqués SM après le « murs des cons » et l’absence de sanctions (la présidente a continuer à progresser dans sa carrière de magistrate)?
Bomchamps7
En fait vous ne répondez pas et éludez ma question sur le syndicat de police ALLIANCE lequel depuis plus de 25 ans joue l’agent électoral anti Front National devenu Rassemblement National qualifié de « forces anti-démocratiques » sur les affiches de ce syndicat majoritaire. Vous verrez qu’en 2027, Alliance usera de son influence policière et roulera pour Philippe ou Attal contre Le Pen ou Bardella !
Par ailleurs, ne tenant pas les statistiques exactes sans lesquelles une affirmation n’a aucune valeur de démonstration, ce n’est pas à moi de vous dire pourquoi la justice attaque plus la droite que la gauche, à supposer que ce soit le cas.
Quant à la soi-disant prédominance des « juges rouges » dont le syndicat est ici qualifié de « le plus important de la profession », je vous signale que c’est tout simplement faux car les dernières élections professionnelles de février 2026 ont donné les résultats suivants :
— 1er. Union syndicale des Magistrats (USM) 60,99 %
— 2ème. Syndical de la Magistrature (SM) 25,03 %, soit à peine un quart des votants
— 3ème. Unité Magistrats FO (UM) 12,51 %
— 4ème. CFDT – Magistrats 1,46 %, etc.
je suis d’accord, de mon point de vue, c’est le même débordement
le syndicalisme ne doit défendre que les intérêts professionnels
Le vrai scandale, c’est que la loi permette à un magistrat d’être syndiqué.
Sur M6 quand ils ont besoin d’une spécialiste pour expliquer la justice, ils font appel à l’ancienne présidente du syndicat de la magistrature !
Ils sont partout !
Mais l’indépendance des pouvpirs date de la loi Valls appliquée et jamais remise en cause depuis le 1er janvier 2017… Encore une loi qui ne gêne ni la guche ni la macronie, même pas la droite d’ailleurs… inculture ou volonté ????
Xulito. Petite erreur de votre part…de 237 ans. « L’indépendance » (comprendre la séparation des pouvoirs » ne vient pas d’une quelconque « loi Valls du 1er janvier 2017 », mais de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 dont l’article 16 consacre le principe de la séparation des pouvoirs en ces termes : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la SEPARATION des POUVOIRS déterminée, n’a point de Constitution ».
absolument
….alors faisons respecter la séparation des pouvoirs……car nous n’avons plus la garantie de nos droits…….
Un bien gros poisson pris dans les filets de LFI pour rendre une justice équitable pour tous, les tribunaux d’exception ne sont pas loin.
Le plus drôle c’est que les juges ne comprennent pas la méfiance des citoyens envers la justice et les juges. Je dirai même le dégoût .
je pense, bien au contraire, qu’ils comprennent très bien ! et pour preuve….le mur des cons…..sauf que maintenant….on est une majorité…de cons…..
Pas de syndicats dans les fonctions régaliennes ! Il n’y a pas de syndicats dans l’armée, alors pourquoi la justice en serait-elle exonérée ?
Fausse croyance. Comme tout le monde, vous ignorez qu’en réalité le syndicalisme existe bel et bien au sein des armées sous l’appellation d’Associations Professionnelles Nationales de Militaires. Ces APNM ont été créées par la loi du 25 juillet 2025. Elles concernent les militaires d’active et de réserve. Leur fonctionnement est précisé au code de la défense. Les APNM disposent de 16 sur les 45 (soit 35,55 %) du Conseil supérieur de la fonction militaire.
Oui, et alors … Vous avez déjà vu ces associations de militaires descendre dans la rue pour revendiquer quoi que ce soit façon cgt ? Pas moi en 25 ans !
Les juges français sont en réalité des fonctionnaires comme les autres, et même encore plus dépendants des idéologues et des politiques au pouvoir. Notés, jugés, chaque année, leur affectation dans telle ou telle fonction, pas dans telle autre, leur avancement dans la hiérarchie, sont déterminés par leur notation. C’est la fonction du Ministère de la Justice. Les Français ont la Justice que politiquement ils méritent. Il est possible d’apercevoir dans d’autres pays de la CEE une justice moins directement dépendante du gouvernement en place qu’en France. Notamment en Suisse, aux Pays Bas et dans les pays Flamands, dans les pays Scandinaves, Germaniques, en Italie, en Espagne. Pour des causes multiples et différentes. Mais le principal problème de la France est qu’elle est un pays très centralisé dans lequel les gouvernements successifs, monarchiques et encore plus républicains, ont toujours privilégié l’autorité de la capitale : Paris. L’Italie ne s’est pas construite depuis Rome, l’Espagne depuis Madrid, l’Allemagne depuis Berlin, les Pays Bas depuis La Haye. La France s’est construite depuis Paris, CONTRE «la province ». Les Juges, comme les Préfets, ont une fonction: assurer l’Ordre dans le pays tel qu’il est voulu par une « élite » capitale.
Bravo!!!
Jean Louis MAZIERES bonjour,
Permettez-moi de relever et de rectifier d’importantes erreurs dans votre post concernant « Les JUGES français…en réalité des fonctionnaires comme les autres, et même encore plus dépendants des idéologues et des politiques au pouvoir. Notés, jugés chaque année, leur affectation ans telle ou telle fonction, pas dans telle autre, leur avancement dans la hiérarchie, sont déterminés par leur notation. Cela est la fonction du Ministère de la Justice ».
Entendons-nous bien pour éviter tout malentendu, quand vous parlez des « juges français », ces termes s’appliquent spécifiquement à des magistrats chargés de juger, de rendre un jugement, un verdict, ce qui est la fonction de la magistrature dite ASSISE, celle du SIEGE. Celle-ci diffère fondamentalement de la fonction des magistrats du PARQUET qui, assurant le rôle du ministère public (déclenchement et suivi de l’action publique au nom de la société), sont placés sous l’autorité hiérarchique du ministre de la justice.
—– A/ – NONIMATION dans la magistrature du siège. Non, contrairement à ce que vous écrivez, le ministre de la justice n’a aucun pouvoir décisionnaire sur la nomination d’un juge lequel est nommé en conseil des ministres sur AVIS CONFORME de la formation Nomination du siège du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) présidé par le premier président de la Cour de cassation. En l’occurrence, le gouvernement ne peut pas s’opposer à l’avis conforme du CSM, et est tenu de nommer le magistrat désigné par la formation Nomination.
—– B/ – NOTATION et AFFECTATION dans la magistrature du siège. Par essence, un magistrat du siège est inamovible, et ne peut pas être déplacé sans son accord, sauf de façon disciplinaire. Un juge est noté annuellement par son chef de juridiction, ce qui sert à le positionner dans le tableau d’avancement en fonction également avec son ancienneté dans le cas où il postulerait pour un autre poste.
—– C/ – DISCIPLINE dans la magistrature du siège. Le gouvernement n’a aucun pouvoir disciplinaire sur le juge du siège lequel répond exclusivement devant la formation Discipline siège du CSM, composé de 7 magistrats et de 8 personnalités extérieures, non-magistrats, et qui sont désignés par le président de la République (2), les présidents de l’assemblée nationale (2) et du sénat (2), par le Conseil d’Etat (1) et par l’Ordre national des avocats (1). Dans sa formation Discipline siège où les magistrats sont minoritaires, le CSM décide seul des sanctions disciplinaires applicables.
—– D/ – Présidence du CSM siège. A noter que jusqu’en juillet 2010, le CSM était présidé par le président de la République et vice-présidée par le ministre de la justice. Depuis la loi constitutionnelle de 2010, la formation du siège du CSM est présidée par le premier président de la Cour de cassation, actuellement M. Christophe Soulard.
Espérant vous avoir été utile.
Certains magistrats pourraient s’afficher eux mêmes sur leur mur des c…
Oui bonne idée
Mais non ,Mais non ,la justice n’est pas politisée !! Ils ont fait serment !! Alors il faut avoir confiance en la justice de son pays selon la phrase habituelle !!! On se moque de qui ???
Révocation du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) !
je ne pense pas mais revoir sa composition, certainement et encore plus les « nominations »
Le vrai scandale, c’est tolérer que des fonctionnaires représentant une institution régalienne puissent être syndiqués.
Les magistrats ont-ils oui ou non un devoir de réserve ?On finit par se le demander.
Je ne sais pas s’ils sont soumis à un devoir de réserve,ce queje vois,c’est que ce sont eux qui en dessinent les contours,avec la même détermination à ne pas appliquer les lois,mais à les interpréter à leur sauce idéologiqque.
Mais qui est encore surpris par l’orientation politique du SM ? On le sait depuis le mur des cons, on le sait depuis tous les communiqués en réaction aux mesures de durcissement de la loi.
La possibilité de se syndiquer pour un magistrat est contraire à l’indépendance politique qui doit présider à une exécution objective et honnête de la Justice « au nom du peuple français ».
Au fait, ledit peuple français est extrêmement favorable à un durcissement sévère de la justice.
Le problème n’est pas que les magistrats soient syndiqués mais que certains de ces syndicats soient politisés particulièrement le syndicat de la magistrature.
tous les syndicats sont politisés !!!! et de gauche !!!! partout, y compris dans la magistrature
la différence : certains considèrent que, pour vivre « heureux », il faut vivre caché….et ils ne font pas de bruit…..mais l’idéologie s’applique de façon plus ‘insidieuse »….
vous ajoutez donc tous les syndicats et c’est 80 § de la magistrature qui est à gauche….