[POINT DE VUE] Fuite massive de données à la DGFiP : et maintenant, que fait-on ?

La DGFIP est championne du monde pour ratisser tout ce qu’elle peut, mais pour protéger les citoyens dont elle fait les poches, on repassera.
Tamatak 'v chamatak ki, Public domain, via Wikimedia Commons
Tamatak 'v chamatak ki, Public domain, via Wikimedia Commons

Ils sont désolés. Ils sont vraiment désolés. La belle affaire ! Vendredi 14 août, la directrice générale des finances publiques, Amélie Verdier, a présenté ses excuses pour la fuite de données massives qui a eu lieu au mois de juin et dont on n’est informé que maintenant. Ses excuses, bien sûr, mais pas sa démission. La décence ordinaire a disparu des modes d’action traditionnels de la fonction publique. Quant aux politiques, on n'en parle même pas.

Ce sont donc les données personnelles de 678.000 contribuables, particuliers et professionnels, qui ont fuité à la suite d’une cyberattaque. Nom, prénom, quotient familial, revenu fiscal de référence, taux de prélèvement à la source de ces Français qui n’avaient rien demandé se baladent, désormais, dans la nature. « Mercredi, un acteur malveillant a revendiqué un accès illégitime au système d’information de la Direction générale des finances publiques, intervenu fin juin 2026, après une usurpation d’identité », dit seulement le communiqué du ministère de l’Économie et des Finances. Ce n’est même pas l’État qui tient le compte du nombre de victimes de cette attaque malveillante, puisque c’est le site French Breaches qui fournit un chiffre précis : 678.437 personnes (physiques ou morales) concernées, soit 392.867 particuliers et 285.570 professionnels. Les données siphonnées par les pirates seraient en vente, précise ce site, sur X, pour quelques milliers d’euros, probablement sur le dark web. Et c’est encore French Breaches qui ajoute, dans une déclaration à l’AFP, qu’une nouvelle attaque aurait permis à des pirates (les mêmes, semble-t-il) de piquer, toujours sur cette passoire que semble être le site de la DGFiP, les informations de « près de 2 millions de propriétaires de biens immobiliers et fonciers en France ». Cette fois, ce sont les identifiants fonciers et les informations sur les parcelles cadastrales qui seraient apparemment exposés. À notre connaissance, la DGFiP n’a pas réagi à cette nouvelle attaque présumée, ni au fait que le pirate se vante d’avoir toujours accès au site gouvernemental.

Quelles mesures concrètes ?

Dans son communiqué concernant la fuite de données des contribuables, la DGFiP assure travailler en étroite liaison avec « le Service du haut fonctionnaire de défense et de sécurité (SHFDS), ainsi qu’avec l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) » - et une quantité sans doute faramineuse d’autres officines gouvernementales à acronymes tirés par les cheveux et, semble-t-il, totalement inutiles.

Nous savions que nous étions le pays le plus taxé du monde, mais nous ignorions encore avec quelle redoutable facilité n’importe qui pouvait entrer dans les serveurs de l’État comme dans un moulin et se procurer nos informations personnelles. La DGFiP est championne du monde pour ratisser tout ce qu’elle peut, envoyer des relances, des recommandés, des majorations, des taxes et encore des taxes, comme le prince Jean dans le Robin des bois de Walt Disney... mais pour protéger les citoyens dont elle fait les poches, on repassera. Des impôts directs et indirects, des taxes foncières pour avoir le droit d’habiter chez soi, la TVA sur ce qu’on mange, les droits de succession pour dépouiller les morts, mais notre pays communiste, comme toutes les dictatures brejnéviennes, est aussi despotique qu’incapable.

Il reste à savoir quelles mesures concrètes prendra le gouvernement pour que cela n’arrive plus. On devine sans peine quelle sera la première réaction : une condamnation avec la plus grande de toutes les fermetés. Pas possible, malheureusement, de « se rendre sur place », dans l’immensité des espaces infinis du monde virtuel. Et puis, il n’y aura plus rien. Ce sera terminé jusqu’à la prochaine fuite. Après les possesseurs d’armes à feu, les contribuables et, apparemment, les propriétaires, on s’aperçoit (mais le découvre-t-on ?) que la France ne protège décidément personne.

Picture of Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

119 commentaires

  1. Après « la mondialisation heureuse » voilà le PARADIS du TOUT numérique avec 1 seul objectif : TOUT détruire
    et la Macronie, les petits copains bien placés aux postes clés ont parfaitement réussi l’objectif
    A Nicolas de se débrouiller tout seul en cas de problème et PAYER toujours

  2. 4.3.2.1…on va nous dire  » ingérence russe » les RG doivent deja chercher si la femme de ménage.ne serait pas l’arrière petite fille de
    Lenine…ou une petite cousine de M Poutine..

  3. Nous savons, ils savent que les systèmes numériques sont très fragiles… mais les décideurs continuent de nous obliger à cliquer, et le bouton “J’accepte” est devenu le consentement obligatoire ; Validez la case pour gagner votre liberté… haha

  4. J’ai entendu qu’il y avait 5000 fonctionnaires chargés de l’informatique au ministère des finances
    Ils ne doivent pas être assez nombreux vu leurs piètres résultats en matière de protection de nos données ! Mais ils s’en fichent ce qui compte c’est de nous rançonner

    • Ce n ‘est pas le nombre qui compte mais la qualification et le professionnalisme qui compte , visiblement ce sont plutôt les derniers de la classe qui travaillent a Bercy ; visiblement rien n’a été fait pour verrouiller les accès aux bases de données depuis les premières alertes d’intrusion dans les sociétés, les hôpitaux.
      A savoir également dans quel pays sont les serveurs , quel OS est utiliser pour les faire tourner et quel sont les prestataires qui ont fourni les programmes de gestions des bases de données.
      De même a force de faire des ponts entre les bases de données des différentes administrations de ce pays , ont a facilité les recoupements de renseignements ; qui va payer en cas d’usurpation d’identité.
      Depuis l’arrivé de Macron tout est parti de travers , déjà avec la gauche ce n’était pas brillant mais là c’est la cerise sur le gâteau et ce sont les français qui trinque une nouvelle fois.

  5. Plusieurs raisons pourraient expliquer ce piratage inacceptable :
    – le télétravail (jadis drastiquement limité mais autorisé et répandu à la DGFIP depuis le confinement) au domicile de l’agent ou depuis « un tiers lieu », pas forcément sécurisé ;
    – le recrutement massif de contractuels, non fonctionnaires, dans les services informatiques de la DGFIP (l’informatique n’est pas le « cœur de métier »…) ;
    – l’incompétence et/ou la médiocrité de nombreux membres de la hiérarchie DGFIP, à tous niveaux, particulièrement en informatique ;
    – la baisse du niveau des concours et leur inadéquation avec les métiers de l’informatique ;
    – les nombreux départs en retraite, conduisant à des recrutements précipités et de piètre qualité (contractuels et fonctionnaires) ;
    – la « dette technique » : matériels obsolètes, applications des années 1980 (si, si !) un peu modernisées, mais inadaptées.
    Enfin, une haute hiérarchie complètement « hors sol » qui prépare la suite de sa carrière. Tous les ingrédients d’un fiasco. Etonnant que ce ne soit pas arrivé plus tôt !

    • C’est exactement la question que je me suis posé , « étonnant que ça ne soit pas arrivé plus tôt » , mais pas seulement à la DGFIP !

    • Qui vous dit que c’est pas arrivé plus tôt ?
      Maintenant on en parle- même qu’on a eu droit à des excuses bidons d’un ministre imbécile – mais comme on nous cache tout ?
      Ils veulent tout contrôler résultats ils s’emmêlent les pinceaux et si la vérité fuyait pas de temps en temps on serait encore plus en danger

  6.  » mais notre pays communiste, comme toutes les dictatures brejnéviennes, est aussi despotique qu’incapable. » Joli constat, et parfaitement véridique, mais qui aurait dû être dressé depuis longtemps. En fait dès le début de la Vème, machine infernale mise en place par de Gaulle pour juguler trois des quatre pouvoirs de Montesquieu. La primauté de l’exécutif, libéré de tout contre-pouvoir, était la porte ouverte sur la dictature administrative, et donc bolchevique. Près de 70 ans après, nous y sommes englués.

  7. Plus aucune leçon à donner aux français. Ils comprennent par avance et connaissent les remèdes qui seront apportés :  » une condamnation avec la plus grande de toutes les fermetés » . Fermez le ban, tournons la page.
    Ainsi résumées toute la vigueur de nos dirigeants et leur potentialité en matière d’innovations.

  8. Fuite massive de données à la DGFiP : et maintenant, que fait-on ?
    #
    Bin comme d’hab : rien. Ça va passer!

  9. Maintenant que fait-on ? : du blabla, du vent, du cirque, rien en somme ; comme d’habitude car nous avons à la tête du pédalo (et non plus du paquebot) France des incapables. Ainsi, comme Français, je préconise à tous mes compatriotes de ne plus payer les prélèvements, taxes, impôts, contraventions provenant des sites piratés parce qu’on ne sait jamais, ce sont peut-être des arnaques…

  10. La tour de Babel informatique sur laquelle on base notre economie va s ecrouler c est sûr. Ces piratages l annoncent. Preparons nous. A chacun sa solution particuliere.

  11. Nous serons intraitables, la République ne reculera pas, nous allons créer un haut conseil des hautes autorités en coordination intégrale et prioritaire qui prendra des mesures hyper hyper contre les ingérences de tout poil.

Commentaires fermés.

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

Eliot Deval encense le travail de BV !
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois