Editoriaux - Société - 28 septembre 2018

PMA : et allez donc, c’est pas mon père !

Ah ! Ces Gaulois retardataires ! Jugez plutôt. Avant-hier, à « C dans l’air », on discutait des sujets sociétaux. Un concile était réuni pour l’occasion : une dame juriste, aux traits crispés par le désir de refaire le monde de A à Z (humanité et Code civil : c’était son droit), l’homme à tout faire mais sans son écharpe rouge, la journaliste Isabelle de Gaulmyn, l’incontournable pythie qui sonde les reins, les cœurs et le reste des Français grâce à des statistiques fumeuses tirées de son trépied, monsieur Fourquet, assis à la droite de Dieu, aussi muet qu’une carpe sous l’action de l’Esprit saint. Et Caroline Roux, grande prêtresse aux cheveux crénelés, prêtant les mains à tout au bout de ses bras gracieux.

Sans se soucier des réalités connues de tous, cet aréopage discutait des lois sur la PMA/GPA actées et même, à les entendre… votées. Restait à régler quelques points techniques. Le monde ayant changé, on parlait d’abondance des « nouvelles familles » et de leur désir sincère, plus fort que le droit de l’enfant, des réacs de moins en moins nombreux, même au sein de LMPT, de l’encadrement éthique, un peu de l’argent de la Sécu, surtout de la condamnation du rôle stéréotypé du père (deux mères valant mieux qu’une), de l’effacement naturel de la mère biologique dans le cas de deux mères mariées qui divorceraient, de son père (plutôt son géniteur, enfin, « celui qui »…) dont on pourrait connaître la couleur des yeux, à 18 ans, pour ne pas être perturbé. La conclusion tomba d’une bouche oraculaire : mieux valait être un enfant non battu, heureux, grâce au fric, au sein d’une paire de femmes, qu’un enfant sans fric et battu né d’un couple hétéro ivrogne. Cet argument, monsieur Barbier, il fallait l’inventer. Vous l’avez inventé.

Alors, on va leur dire, à nos anciens, qu’ils ne sont plus dans l’air du temps. Le sperme s’achète, la branlette, ça se paie, en général par la prostitution, on revend les enfants achetés, les enfants demandent à avoir accès à leur filiation. Et la PMA ne figure pas au programme présidentiel. On a beau être têtu, la réalité l’est aussi. Que monsieur Barbier renoue son écharpe. Que madame de Gaulmyn revoie son logiciel. Pour la dame du droit, laissons-là dans ses rêves.

La société a changé ? Que oui ! L’Espagne ne veut plus de la PMA. Les vieux quittent la Belgique de peur de se faire euthanasier. Les enfants font des procès à leurs « parents » et disent à leur maman 1 : « OK, la vieille. Tu sais pas qui est mon père ? T’en fais pas, je vais sur Internet. » Même ceux nés par PMA ne sont pas reconnaissants à leurs marentes de tout le mal, sans parler du fric, qu’elles se sont donné pour les avoir. “Et allez donc, c’est pas mon père !”, dit la môme Crevette dans La Dame de chez Maxim. La littérature, à défaut de le sauver, pimente le monde.

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