Après un examen en commission spéciale du 1er au 3 juin, les députés examineront le projet de loi en séance publique à partir du 7 juin. Début février, lors de la seconde lecture, les sénateurs ont réécrit le texte de fond en comble, en excluant sa mesure phare, à savoir la PMA sans père. L’Assemblée nationale entend profiter de cette troisième lecture pour revenir à la version d’origine. Mais sous couvert de « progrès », de quoi parle-t-on réellement ?

N’est-on pas d’accord pour dire qu’on ne souhaite à personne d’être orphelin ? Eh bien, le projet de loi bioéthique vise à étendre la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. En d’autres mots : priver des enfants volontairement de père. Si la loi passe, il faudra dire, dans quinze ans, à ces jeunes fabriqués par la science : « Tu n’as pas de papa car il y a quinze ans, une loi en a décidé ainsi. » On crée alors une injustice, voire une inégalité, parce que s’il y a bien une égalité au monde, c’est que nous sommes tous nés d’un père et d’une mère.

En outre, la PMA sans père mène directement vers la gestation pour autrui (GPA) dont l’abandon est le principe initial. En effet, une fois le droit à l’enfant accordé à toutes les femmes, au nom de l’égalité, les mêmes revendications viendront de la part des hommes. On tombe dans la marchandisation du corps des femmes et le commerce du ventre des mères porteuses. La suite, inévitable, est désastreuse, non seulement pour les droits des enfants, mais également pour la dignité du corps de la femme. Pendant la grossesse, la mère et l’enfant sont connectés par un ensemble de liens affectifs et sensoriels. Pendant neuf mois, le bébé vit en harmonie avec elle. Comment peut-on, en connaissance de cause, arracher un enfant à sa maman après sa naissance et briser ce lien qui s’est établi entre le nouveau-né et cette dernière pendant neuf mois ?

Nombreux sont ceux pour la PMA sans père et qui s’opposent à la GPA ; mais il faut comprendre que si la première passe, la deuxième passera également, car elles sont intimement liées. Tout sera, alors, une question de temps pour que des esprits déjà si « ouverts » s’ouvrent encore plus. Mais cette machine idéologique constamment en quête de « progrès » peut être stoppée. C’est à ceux qui n’ouvrent pas leurs esprits, mais plutôt leurs cœurs, de se battre pour la et refuser le droit à l’enfant. Vouloir un enfant est un désir parfaitement légitime, mais ce dernier n’est pas un droit, et encore moins une marchandise que l’on achète ou que l’on loue.

Le gouvernement cherche à répondre aux désirs des minorités qui pensent, à tort, représenter la voix majoritaire de la nation (selon l’IFOP, en 2019, « 83 % des Français pensent que l’État doit garantir à l’enfant né par PMA le droit d’avoir un père et une mère »). Nous assistons, depuis de longues années, à une idéologie selon laquelle toute avancée des droits de l’homme est un progrès, et cela, au détriment de valeurs et institutions traditionnelles qui guident les hommes depuis la nuit des temps. Les politiques successives de François Hollande et Emmanuel se sont toutes deux inscrites dans une perspective gauchiste « progressiste » qui divise les Français. Et c’est la famille qui en paye le prix, car le modèle familial et les repères traditionnels sont supprimés au profit d’un clientélisme non seulement et individualiste, mais également égoïste, qui cherche à répondre à des désirs d’adultes et met de côté les droits des plus vulnérables : les enfants.

6 juin 2021

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