Plan « Ripost » : énième électrochoc d’autorité sur un cadavre déjà froid
Vous vous souvenez peut-être de cette série qui fit les beaux jours de France 2, au tournant des années 90 : Urgences (Emergency Room ou ER, pour les anglophones). Au travers d’épisodes menés tambour battant, on suivait le quotidien d’une équipe de médecins américains confrontés à des cas graves et à un stress important. Parmi les scènes devenues des clichés, il y avait le lit à roulettes qui franchissait les portes battantes, un patient mourant sur le matelas, tandis que l’infirmière de garde donnait les constantes et le diagnostic sommaire, d’une voix légèrement haletante, au praticien qui prenait la situation en charge.
Il y avait une autre scène récurrente dans Urgences : celle de la défibrillation. « On le perd, on le perd ! », criait l’un des membres de l’équipe médicale, lorsque le pouls du patient s’affolait ou qu’un long bip sur le moniteur signalait un arrêt cardiaque. Alors, un autre médecin allait chercher le défibrillateur, le faisait charger dans un bruit caractéristique, criait « Dégagez ! » puis plaquait les pièces métalliques sur le torse de la victime, lui communiquant un choc électrique qui, parfois mais pas toujours, suffisait à le « ramener ».
Rodéos, mortiers d'artifice, raves... Le gouvernement promet un "choc d'autorité" et défend le projet de loi Ripost au Sénat dès ce lundihttps://t.co/RyaZl3AZe9
— BFM (@BFMTV) May 18, 2026
Eh bien, c’est un choc de ce type que nous promet le pouvoir exécutif avec le plan « Ripost ». Baptisé ainsi avec un goût puéril de l’acronyme stupide qu’on ne retrouve plus que dans la fonction publique, ce plan signifie, en forme longue, « Réponses Immédiates aux Phénomènes troublant l'Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité ». Rien que ça : attention, ça va chauffer. Voulu par Bruno Retailleau lorsqu’il était à Beauvau, ce plan va donc être porté par Laurent Nuñez. Les discussions devraient commencer au Sénat, en soirée ce lundi, et se prolonger mardi et mercredi, avant un vote solennel fixé au 26 mai. Ce plan prévoit, dans ses grandes lignes, un durcissement de la réponse pénale face aux différentes « incivilités » qui se multiplient dans l’espace public. Rodéos, usage de protoxyde d’azote, organisation de rave-parties ou de free parties, usage de stupéfiants : on ne connaît que trop bien cette pénible litanie.
Augmentation des amendes forfaitaires
Pour faire face à l’ensauvagement de la société, l’arme principale du plan « Ripost » est l’augmentation des amendes forfaitaires délictuelles. 800 euros pour les rodéos, 500 euros au lieu de 200 pour l’usage de stupéfiants – une mesure qu’au passage, la gauche critique, sans que cela ne surprenne grand-monde… Un nouveau délit d’organisation de free party sera puni de 30.000 euros d’amende et jusqu’à deux ans de prison.
On pourrait se dire que c’est mieux que rien. On pourrait aussi se dire qu’en termes de fermeté, la loi est devenue depuis longtemps un jeu, avec des règles souvent absurdes, un jeu auquel on peut accepter de jouer ou non. La plupart des citoyens « jouent le jeu », comme on disait, significativement, au temps de la terrible pandémie de Covid-19 qui fit des centaines de milliards de morts. Et les gens qui commettent des infractions, bien souvent, ne le jouent pas. Comment va-t-on aller récupérer le montant de ces amendes que les auteurs de rodéos ou les fumeurs de pétards ne paieront jamais ? Bon courage pour aller investir les quartiers perdus de la République avec le talon de la contravention…
À force de « chocs d’autorité », on finit par oublier que le cadavre de l’État de droit est déjà totalement froid. Rien ne sert d’ajouter des amendes. Des taxes, des impôts, des contraventions : ce sont les armes d’un État qui opprime les honnêtes gens. Aucun délinquant n’ira en prison. Tout continuera comme avant. On aura juste changé la partition de l’orchestre du Titanic.
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81 commentaires
nuniez, il ne parle pas, IL MENT, RIEN ne sera fait, comme dab
Il a dans le regard la même expression que cette poule qui vient de découvrir une fourchette dans le tas de fumier ….
Waouh qu’elle autorité !!!! Ça va drôlement trembler dans les banlieues. Ils ont tous bien rangé leur moto. Les teufeurs sont morts de trouille : plus du tout de rave party. Merci monsieur nuñez on va enfin pouvoir dormir tranquille car vous veillez bien sur nous les gentils citoyens qui payons bien nos amendes. Et les juges rouges sont impatients d’appliquer ces nouvelles mesures sans aucun laxisme. Merci merci merci pour cette fermeté qui vous caractérise tant .
le ministre Nunez devrait s’occuper des affaires familiales ou des anciens combattants mais certainement pas de « l’intérieur » parce que trop MOU !
Les Anciens Combattants méritent bien mieux que ça…
Les sanctions a ces délinquants là pourraient être multipliés autant qu’ils veulent ils ne paieront rien non solvables et continueront de plus belle par contre si vous roulez au dessus de la vitesse permise, même sans aucun danger, pour personne alors pas de problème, vous paierez cash.
En France il y a deux type de population, celle qui se comporte en citoyens bon paire de famille et la seconde ceux qui sont tout permis impunément.
Entre ces deux là le fossé est large.
Rien de mieux que l’humour, Monsieur Florac, pour faire passer une pilule bien amère. Car en effet, dans toutes ces déclarations plus fumeuses les unes que les autres, on s’y perd. Il n’y a pas que la Justice pour être sur le brancard. La santé, l’école, les finances et j’en passe. Ce n’est pas avec Nunez, toujours présent à l’écran maintenant qu’il est Ministre, que les choses s’arrangeront. Nunez = Castaner. Tous vaillants dans la parole, tous mous dans l’action. Alors qu’il nous faudrait un remède de cheval, on administre des placebos. On n’est pas sorti de…l’hôpital, c’est moi qui vous le dit. Bonne journée et merci !
Quand » le grand méchant mou » nous promet une action , on sait déjà d’avance que seule les fourmis vont trembler, et encore …. pas sûr !!! alors les racailles et consorts vont juste se gondoler une fois de plus ! Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon ce serait l’hécatombe au gouvernement !
En exemple l’Abaya et bandana sont interdit par la loi Attal, une loi fort bien pensé, le port de vêtements traditionnels en milieu scolaire est laissé à la décision du chef d’établissement qui apprécie.
Monsieur Nunez me rappelle Monsieur Castex ex-premier ministre . Au garde à vous et la main sur la couture du pantalon , il débite d’un ton solennel tout et n’importe quoi pour occuper l’espace médiatique , devenu le seul espace où ose s’aventurer son metteur en scène , qui accessoirement est aussi notre Occupant élyséen . Il promet des amendes majorées alors que la France souhaiterait voir circuler des blindés Centaures , partout où cela serait nécessaire !
les sous préfet aux champs !
il me fait marrer, le Nunès ( pas autant que de Funès, hélas),
mais mais mais..méfiez vous !
c’est un méchant !
Excellent article qui malheureusement décrit trop bien la réalité, talon amende forfaitaire contre kalachnikov.
Les politiques français n’ont pas le courage de se payer d’actes, alors ils se paient de mots.
Il ne faut pas, hélas compter sur ce gouvernement pour faire quelque chose de concret, et pour tout en vérité.
Gardons espoir, après Macron, mais c’est plus qu’inquiétant la situation de notre pays. On va payer très chèrement les dix ans de Macronisme.
Choc d’autorité ? Ça me fait peur, ça me rappelle le choc de simplification administrative de feu président Hollande, tout n’a jamais été aussi compliqué après.
Ils se foutent de nous, et convaincu que l’on n’est suffisamment assez gueux pour ne pas nous en rendre compte ils en remettent une couche.
Que des paroles, aucun courage, aucune réelle envie et Nunez et probablement le plus médiocre de tous, espérons que grâce a lui nous touchons enfin le fond
La doxa se pose le question suivante : « pour quelles raisons ne pas agir sur le consommateur ? ». De multiples arguments tombent du ciel comme la grêle. Mais beaucoup pour justifier l’insolvabilité, le défaut de paiement de l’amende, insignifiante pour certains, sans considérer la classe sociale. Et pourtant, à condition que la volonté soit au rendez-vous, des solutions sont possibles.
Par exemple, sanctionner les fumeurs au prorata du « revenu fiscal de référence », avec prélèvement direct sur le compte. Par exemple 5% . Les bobos réfléchiraient à deux fois avant de consommer. Les insolvables ? Prélever téléviseur, smartphone, etc, ou confisquer temporairement. Dans ces cas, les huissiers de justice procèderaient à l’application.
Par exemple, mieux exploiter les chiens renifleurs, notamment dans les cages d’escaliers des immeubles.
Notre pays est fichu
Prisons déjà surbookées qui peut croire que les juges rouges mettront des peines de prison aux contrevenants. Quant aux amendes il faudra envoyer l’armée les chercher.