La base de données participative Numbeo.com a dévoilé son nouveau classement des villes les plus sûres du monde, basé sur des avis des voyageurs utilisateurs. Dans ce classement mondial, les villes françaises se placent loin derrière, dans la seconde moitié du classement. arrive en tête.

L’élu niçois Philippe Vardon donne son avis au micro de Boulevard Voltaire, la réalité quotidienne étant bien éloignée de ce classement.

La ville la plus sûre de France serait Nice. Ce classement est basé sur le ressenti des voyageurs. On serait tenté de dire « cocorico » pour Nice, mais la 194e place a de quoi étonner. Qu’est-ce que cela vous fait, de vivre dans la ville la plus sûre de France ?

C’est extrêmement surprenant. J’ai découvert cela avec beaucoup d’intérêt. Ces chiffres sont basés sur les témoignages de gens qui sont passés à Nice et qui ont donné leur sentiment sur un site appelé Numbeo.com. Je dois vous avouer que je n’en avais jamais entendu parler avant. Je suis allé regarder dans le détail combien de contributeurs avaient estimé que la ville de Nice est la plus sûre de France et il s’agit de 57 contributeurs ! Pour Paris, grande capitale de notre pays, ville de tourisme et de passage, on a 299 contributeurs. Ces chiffres sont, encore une fois, pour le moins étonnants. On trouve à la 83e place des villes les plus sûres Islamabad, au Pakistan. Malheureusement, je ne crois pas du tout que la ville de Nice soit la plus sûre de France, j’en serais le premier heureux. En revanche, je suis à peu près sûr qu’elle est moins sûre qu’Islamabad.

Ce placement est à prendre avec des pincettes. Pour caricaturer, ce ressenti est celui de personnes qui n’habitent pas sur place et qui font certainement les trajets aéroport – lieux touristiques sécurisés. Néanmoins, quelque chose est assez révélateur. Selon ce classement, les villes françaises s’effondrent. Il y a tout de même une tendance lourde : la sécurité recule dans ces villes de France, même si Nice semble, selon ce classement, relativement épargnée.

Notre pays connaît une situation extrêmement dégradée sur le plan sécuritaire. Malheureusement, notre ville ne fait pas exception. Lorsqu’on est de passage dans une ville, on ne voit pas et on ne ressent pas les choses de la même façon. En revanche, on peut parler de ce qu’est vraiment la réalité.

Pour la Saint-Sylvestre, 25 voitures ont été brûlées et les forces de l’ordre et les pompiers ont été caillassés. Le 2 janvier, cela ne suffisait pas, alors des voitures ont à nouveau été brûlées. Le 5 janvier, une fusillade a eu lieu dans le quartier des Moulins. Il y en avait déjà eu une le 26 décembre. Le 8 janvier, la police a été obligée d’intervenir sur les trafiquants de drogue. Le 11 janvier, un jeune est malheureusement décédé dans une course-poursuite avec la police en essayant de s’échapper. Le 13 janvier, lors d’un contrôle du couvre-feu, un homme a foncé sur les policiers municipaux. Le lendemain, quelqu’un a reçu une balle perdue dans son salon. Le 20 janvier, des coups de feu ont été tirés dans le quartier Saint-Roch. Et puis le même jour, puisque cela ne suffisait pas, une voiture a été touchée par un tir dans le quartier des Moulins. Et pas plus tard qu’hier, une émeute a eu lieu dans ce même quartier des Moulins pour empêcher une arrestation.

C’est un classement un peu moins glorieux pour notre ville, mais qui correspond sans doute davantage au ressenti des Niçois et à la réalité.

Marine Le Pen était chez Jean-Jacques Bourdin et a été interrogée sur le projet de loi contre le séparatisme. Elle a admis du bout des lèvres qu’éventuellement, il y avait certaines bonnes mesures. Vous avez cité l’insécurité à Nice partiellement due à ces poussées séparatistes. Le texte peut-il répondre aux problématiques des Niçois ?

Vous mettez le doigt dessus. J’ai eu une lecture de l’ensemble de ces débats législatifs en me demandant comment ce texte pourrait nous servir à lutter contre les islamistes qui gangrènent notre commune. La réponse est malheureusement simple. Cela est quasiment en aucune manière.

De la même façon que Marine Le Pen, j’ai lu le contre-projet de lutte contre l’islamisme proposé par les députés du Rassemblement national et je crois que les réponses sont apportées. En désignant directement l’idéologie islamiste hors la loi et, par conséquent, toutes ses manifestations, cela pourrait nous permettre aussi de porter des coups aux islamistes qui gangrènent notre ville de Nice. Cela ne sera malheureusement pas le cas avec ce petit pouvoir administratif, c’est bien de cela qu’il faut parler, qui nous est proposé par le gouvernement et par Emmanuel Macron.

5 février 2021

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