Editoriaux - Politique - Union Européenne - 4 juillet 2019

Parité à la direction européenne : Marlène Schiappa brocardée sur Twitter

Deux femmes nommées à la tête de l’Europe et Marlène Schiappa arrive ventre à terre dans le studio de Radio Classique : on est en train de vivre un moment historique. Sonnez clairon ! Battez tambour ! Un petit pas pour la femme mais un grand pas pour… Une fâââme a foulé le sol du bureau de la direction européenne jusqu’ici occupé par des hommes. Découpons le bout de moquette. C’est une relique. Le Saint-Suaire battu à plate couture. L’empreinte du pied de Christine Lagarde est bien visible. Celle d’Ursula van der Leyen aussi. Le doute n’est plus permis.

Et tout ça grâce à qui ? Quel est le bienfaiteur qui a permis que le miracle s’accomplisse ? Je vous le donne en mille : « … et on le doit à Emmanuel Macron qui a fait de la parité un critère ». Et voilà.

Bien que Marlène ait évoqué, en préambule, la compétence des deux élues, sur Twitter, le tonnerre gronde. « Top jobs pour deux femmes et c’est grâce à un homme ? Quelle erreur. Politiquement une idiotie. » Un déluge de critiques et de sarcasmes s’abat sur le réseau social : « Non, Macron a juste entériné le choix de Merkel » (Guillaume Durand avait également opposé cet argument).

« Flagornerie malsaine, les candidats de Manu étaient Michel Barnier pour la Commission et F.V de Galhau pour la BCE. »

« Lagarde est mouillée jusqu’au cou dans l’affaire Tapie. Affaire disparue par enchantement. »

« Elles mèneront la même politique que les hommes issus du même sérail. »

« La parité est une aberration, je me fiche de savoir si les dirigeants font pipi assis ou debout. »

Le moment historique a du plomb dans l’aile. Le critère de parité ne déclenche aucun enthousiasme. Le profil des deux nouvelles patronnes non plus, mais peu importe : avec cette fanfaronnade féministo-claironnante, Marlène Schiappa confirme son travail de publicitaire au service du gouvernement. Macron lave plus blanc.

Marlène Schiappa est un peu la mère Denis de l’Élysée. La mascotte chargée de faire la démonstration de l’efficacité du produit. Toute décision, micro-événement ou projet de loi est javellisé, détaché, passé en machine et montré triomphalement sur les plateaux radio et télé. « La France avant Macron. Regardez. Et maintenant avec Macron. Voyez la différence. Vous aussi, comme des millions de consommateurs, utilisez Macron pour détartrer vos canalisations. » Le produit est multi-usage. Repousse des cheveux, guérison toutes maladies, chance au tiercé…

Mais quittons cet univers enchanteur pour revenir à cette belle parité qui voit l’équilibre quasiment atteint parmi les Français au chômage. Environ trois millions de chaque côté. Les bienfaits du progressisme. Néanmoins, du travail reste à faire chez les SDF, où seulement 38 % de femmes dorment dans la rue. Cette prédominance machiste doit être dénoncée. Donner un logement aux hommes ou recruter des volontaires de sexe féminin ? Le grigri de la parité met la poussière sous le tapis… « Mais grâce à l’aspirateur Dyson™ V11, tout est… » « Non, ça suffit, Marlène… »

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