Dans le même temps, ou peu s’en faut, que les cohortes de bobos féministes, appuyées par la logistique médiatique et la force de frappe gouvernementale, jouissent de leur heure de haine contre l’espèce masculine (parce que les genres, bien que constructions sociales, sont rivées désormais dans une essence qui les rend aussi idiosyncratiques que des organismes plus ou moins étanches, de la même façon que les races, qui n’existent pas, sont devenues des entités « racialisées », armes politiques d’exclusion de l’homme blanc), 13 hommes, des vrais, des soldats, des Français, des combattants virils et patriotes, sont morts au service de notre nation, pour combattre ceux qui asservissent les femmes.

On n’aura certes pas, dans la France d’aujourd’hui, dans ses rues aux murs tagués, maculés de détestations, sur le pavé où se débondent les ressentiments, des centaines de milliers de Français anéantis de douleur par la mort tragique de 13 enfants de notre patrie. On a bien autre chose à penser !

Et qu’on ne nous dise pas que ces jeunes gens héroïques sont tombés pour les « sociétés multinationales » ! Il y aura toujours des sots pour « rappeler » que les soldats français qui sont morts au front sont morts pour le « fric ». Durant la guerre d’Indochine, les communistes empêchaient le rapatriement des cercueils de nos soldats et sabotaient les armes qui leur étaient destinées. Cette rhétorique néo-marxiste est hypocrite et dangereuse. Elle remplace la puissance financière par celle de l’idéologie, et l’on n’y gagne pas forcément au change, et les maîtres capitalistes par les maîtres bureaucrates. Depuis que l’homme est homme, la richesse a toujours été un paramètre de l’entreprise guerrière. Nos compatriotes sont morts pour la France, pour leurs camarades, et pour nous, et même pour les femmes qui honnissent les hommes !

Notre société hédoniste, qui fait croire au bel aujourd’hui qui chante (la modernité rugissante) que l’on peut vivre en se repaissant tranquillement de la pitance télévisuelle, est incapable de comprendre le véritable sens du devoir, accompli dans la sérénité de celui qui accomplit la tâche que le destin lui a fixé. Le sacrifice est l’horizon du soldat. Ce qui a disparu chez nous, depuis des lustres, c’est la dimension tragique de l’existence. Déjà, en 1936, on ignorait, en réclamant des « droits », qu’on préparait la débâcle de 40.

La révolte contre la réforme des retraites, où des revendications légitimes se mêlent à des doléances inacceptables, en regard du sacrifice suprême de jeunes gens qui ont donné leur vie pour la France, manifeste cette propension, où tombe notre pays depuis un siècle, à oublier ce qui l’a toujours ennobli : son âme. Plutôt que de s’embourber dans des querelles démagogiques, ou inspirées par la Californie, il faudrait retrouver le sens de la grandeur. Nos soldats ne seraient, alors, pas morts pour rien.

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