Réaction du président de Debout la France à l’interview du 14 Juillet d’ par Léa Salamé et Gilles Bouleau. Il dénonce la complaisance des deux journalistes. Pour lui, il n’y a eu aucune question sur les enjeux fondamentaux.

Aujourd’hui, Emmanuel Macron s’est exprimé pendant plus d’une heure face à Léa Salamé et Gilles Bouleau. Son discours a été critiqué par l’opposition, qui y voit une absence de cap. Qu’avez-vous retiré des propos du président de la République ?

Ce n’était pas une interview. Nous avions deux journalistes complaisants qui n’ont pas posé de questions. Le Président a déroulé des séquences de verbiage et de communication. C’est pathétique. Je suis effaré qu’on ait pu avoir une interview aussi lamentable en ce 14 juillet. C’était une suite de scénettes de théâtre avec quelques annonces mineures. Il n’y a aucune vision et aucune capacité à aller à la cause des vrais problèmes de violence et de désindustrialisation.

La cérémonie du 14 Juillet a eu lieu à huis clos. Les Champs étaient barricadés. Des soignants et des gilets jaunes ont réussi à envoyer un message avec des ballons gonflables. On imagine que cette image du Président et du gouvernement à huis clos ne vous a pas laissé indifférent…

C’était un défilé « Cuirassé Potemkine ». Tout était faux à l’exception de la sincérité de nos militaires et des soignants qui ont défilé. Il ne faut pas les accuser. Ce qui se passe est terrible. Ce Président est complètement narcissique. Ce qui m’a fait le plus de peine, c’est de voir à quel point la Ve République avait été kidnappée par des intérêts. En réalité, le Président est la marionnette d’intérêts extérieurs au pays.

Il a annoncé que la réforme des retraites ne serait pas pour demain, même s’il a insisté sur la nécessité de réformer le système des retraites. Attendez-vous encore quelque chose de ce quinquennat ou avez-vous déjà les présidentielles en ligne d’horizon ?

Je crois que tous les Français auront compris qu’il n’y a rien à attendre et qu’il y a encore deux longues années à subir. Je pense que le Président veut se représenter. C’est cela, le plus grave.
En voyant ces deux journalistes l’interviewer, on se rend compte combien les médias français sont à sa botte. Je pense que l’enjeu est d’éviter à tout prix sa réélection ; sinon, c’est la fin de la France.

Selon vous, l’interview menée par Léa Salamé et Gilles Bouleau était totalement complaisante ?

Je ne vais pas accabler les deux cires-pompes, mais c’était pathétique. On avait l’impression que tout était organisé à l’avance. Il n’y a eu aucune question sur le contexte international, sur la crise en Libye, sur le malaise de la police, sur les horribles meurtres, et aucune question déplaisante ou même, simplement, des questions. Qu’est devenu notre pays ?
Au-delà de l’opposition politique, je trouve que c’est une négation de la traditionnelle interview du 14 Juillet. Nous avons été habitués à autre chose.

Il n’a eu aucun mot sur la souveraineté et l’immigration, alors que les aéroports deviennent des propagateurs du virus. Ni immigration ni souveraineté, mais beaucoup d’écologie. Quels sens donner à ces priorités ?

Il n’y a rien de précis concernant l’écologie. C’est bourré de contradictions. Le sujet n’a pas été abordé par les journalistes. Ils auraient au moins pu poser une question sur le Mercosur, cet accord de libre-échange avec l’Amérique du Sud. En réalité, on sait que la France va contribuer davantage que ce qu’elle va recevoir. Il est épouvantable de voir à quel point cette interview était vidée de son sens et à quel point elle n’avait ni queue ni tête. J’attends autre chose de la vie politique de mon pays, même si je ne suis pas d’accord avec le Président.

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